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ZEBDA - L'arène Des Rumeurs (1992)
Par RED ONE le 15 Février 2013          Consultée 1323 fois

ZEBDA, à la fin des années 1980, est l'un des seuls (voir LE seul) représentants toulousains à la grande kermesse du rock alternatif français. Issu du quartier populaire des Izards, le groupe voit le jour de façon assez originale en 1985 : une petite équipe de cinéma amateur réalise un film sur un groupe de rock fictif, baptisé "Zebda Bird", galérant pour exister dans les cités sensibles de Toulouse. Les membres de ce groupe alors totalement virtuel sont joués par Magyd Cherfi, animateur de quartier, et par deux de ses amis, les frères Hakim et Mustapha Amokrane. Le terme "Zebda" signifie "beurre" en arabe, et il s'agit évidemment d'un jeu de mot avec le terme "beur", qui signifie "arabe" en verlan français. Le bouche à oreille aidant, la popularité du groupe ne cesse d'augmenter et ZEBDA finit par devenir un véritable groupe de rock aux alentours de l'année 1988, les trois chanteurs étant rapidement rejoints par quatre instrumentistes au talent incroyable : Rémi Sanchez (claviers), Joël Saurin (basse), Pascal Cabero (guitare) et Vincent Sauvage (batterie). Ce line-up ne changera pas jusqu'au split du groupe en 2003.

Les Toulousains acquièrent une petite notoriété locale entre 1988 et 1990, en jouant dans les bars de la capitale occitane et en participant à divers festivals, et ce alors qu'ils n'ont toujours pas sorti un seul disque, exception faite d'une petite démo K7 parue en 1989 (Zebdomaniac, introuvable aujourd'hui). Le groupe commence à réellement faire parler de lui suite à sa participation au Printemps de Bourges en 1990, et tourne même déjà à l'étranger ! En 1992, le premier album studio de ZEBDA sort enfin. Que nous réserve alors L'Arène Des Rumeurs, premier opus de la formation toulousaine devenu, avec le temps, un disque quand même assez méconnu (pour ne pas dire oublié) de leur discographie ?

Eh bien, un contenu volcanique. Le groupe nous délivre en effet déjà la mayonnaise épicée qui a fait son succès, et ZEBDA mélange allègrement ses influences favorites : rock, funk, punk, reggae, rub-a-dub, ska, et même hip hop. L'Arène Des Rumeurs peut d'ailleurs au passage être considéré comme l'un des premiers "vrais" albums de rock fusion made in France ... Dès le titre d'intro, "Arabadub", on comprend que le groupe a la niaque et cherche à tout défoncer sur son passage, à grand renfort de rythmes mi-funky, mi-reggae. Le verbe se veut déjà engagé, dénonçant les inégalités sociales et les absurdités de la société française moderne, sur un ton à la fois humoristique et sarcastique. La vie politique locale n'est pas épargnée, puisque le morceau "Baudis", introduit par des samples de chanson traditionnelle occitane, évoque évidemment l'ancien maire de Toulouse ...

La musique de ZEBDA, sur ce premier album, est toutefois bien ancrée dans son époque, et on peut sans peine faire des rapprochements avec ce qui se fait déjà à Paris depuis quelques temps : "Mala Diural", titre punk chanté en kabyle et disponible ici en deux versions (une version punk rock et une autre plus ska) semble émaner directement d'un album de la MANO NEGRA. De même "La Bague à Danièle" ressemble assez fortement aux titres parodiques des LUDWIG VON 88. Mais le groupe sait se faire déjà plus sérieux que ses illustres confrères : en témoigne un titre beaucoup plus creusé tel que "Le Miroir", aux arrangements reggae très recherchés, et qui préfigure déjà les futurs morceaux à textes des albums à venir.

La recette du groupe n'est néanmoins pas encore totalement aboutie : certains titres sont franchement bancals, comme "La France (Au Chaoui)", "C.N.N." ou encore "D'Eve à Lise". Par ailleurs, Cherfi et les frères Amokrane, dans toute la fougue de leur jeunesse, semblent complètement survoltés sur cet album et chantent à 100 à l'heure, comme s'ils étaient pressés de dire le plus de choses possibles en une seule chanson. Si ça ne nuit aucunement à l'énergie pêchue transmise par cet album (et bien illustrée par la pochette de l'album, au visuel "in your face"), force est d'admettre que c'est un peu fatiguant à la longue, et les paroles de certaines chansons sont quand même assez incompréhensibles par moments.

Ce premier effort de ZEBDA est donc à rapprocher de façon évidente des oeuvres contemporaines de groupes fondateurs de la fusion française tels que MANO NEGRA ou encore les GARCONS BOUCHERS. Il n'est évidemment pas une oeuvre parfaite, puisque le groupe se cherche encore visiblement, et qu'il devra encore apprendre à réfreiner sa fougue. Si comme je l'ai dit plus haut, ce disque n'est pas le plus connu de nos Toulousains préférés, il s'agit d'un album assez intéressant si l'on veut se rendre compte du chemin parcouru par le groupe. Mais il faut tout de même avouer que ce n'est pas non plus l'album le plus évident pour aborder la discographie de ZEBDA ...

Des débuts hyper prometteurs tout de même.

Titres favoris : "Arabadub", "Mala Diural" (les deux versions sont jouissives)

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   RED ONE

 
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- Magyd Cherfi (chant)
- Mustapha Amokrane (chant)
- Hakim Amokrane (chant)
- Joël Saurin (basse)
- Rémi Sanchez (claviers)
- Pascal Cabero (guitare)
- Vincent Sauvage (batterie)


1. Arabadub
2. Baudis
3. Mala Diural
4. Minot Des Minorités
5. Cnn
6. Singing
7. Le Masque Au Rade
8. La Bague à Danièle
9. Le Miroir
10. La France
11. Mala Diural (À La Skabyle)
12. Baïonettes
13. D'Ève à Lise



             



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