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COCK ROBIN - Cock Robin (1985)
Par MARCO STIVELL le 27 Mai 2013          Consultée 2099 fois

COCK ROBIN, c'est le type de groupe dont on se remémore à peine le nom. Je parle pour une majeure partie du grand public bien sûr, qui surtout de l'autre côté de l'Atlantique, a salué comme il se doit la venue d'un tube ou deux lors des débuts du combo, puis plus rien. L'Europe a nettement soutenu COCK ROBIN en revanche, durant sa première période en tout cas. Mais aujourd'hui, le groupe semble un peu oublié, alors qu'il a marqué l'univers pop du milieu des années 80 d'une manière insoupçonnée, et pas seulement de la part de ceux qui rejettent cet univers en bloc.

Venu de Californie, formé par les chanteurs Peter Kingsbery et Anna LaCazio, COCK ROBIN est à l'origine un véritable collectif dont le batteur Louis Molino III et le guitariste Clive Wright font partie intégrante. Ceux-ci s'effaceront ensuite de plus en plus face à la personnalité des deux vocalistes et surtout de Peter Kingsbery qui écrit la totalité des chansons. Le premier disque est produit par Steve Hillage, membre historique du groupe Gong et qui a passé les années 80 à se rapprocher de projets plus pop. Néanmoins, l'idée de s'occuper du groupe est sans doute l'une des meilleures qu'il ait eu, car au-delà du gentillet faiseur d'une poignée de tubes auquel on l'a trop souvent limité, COCK ROBIN (dont le nom est inspiré d'une comptine du XVIIème siècle appelée «Le Mariage de Cock Robin et de Jenny Wren») reste un projet au talent hors-normes.

Ce disque s'est, selon les aficionados, résumé à trois morceaux plus ou moins plébiscités. Le premier est «When Your Heart Is Weak». C'est une complainte typiquement eighties chantée par Peter Kingsbery, et où les synthés sont très en avant. On y sent toute la maîtrise de l'instrumentiste autant que du chanteur (quelle splendide voix de crooner !), mais aussi bien sûr du compositeur qui sait mieux jouer avec les grilles d'accords que certains de ses contemporains plus «allumés», et c'est une qualité que l'on retrouve sur tout le disque. «Thought You Were on My Side» est le titre d'ouverture et le premier à nous révéler l'alliance des voix de Peter et d'Anna, toutes deux haut perchées et sensuelles au possible, survolant une musique qui va dans ce sens bien que l'on puisse aisément faire le reproche de la facilité en ce qui concerne la batterie triggée, époque oblige. Et pourtant quelle réussite, ce refrain surtout où les voix s'entremêlent. «Down the center line, what's yours is yours and mine, just like always...», c'est si bien dit, avec la reprise du phrasé de synthé dans l'intro... Vous noterez aussi les castagnettes atypiques dans ce genre de morceau, mais essentielles au charme qu'il distille ici. Sur ces chansons, Peter parle en particulier des sentiments qu'il partage avec Anna, mais cela atteint encore un point culminant sur «The Promise You Made». Des accords aussi simples et aussi bien orchestrés, on en redemande. Le tempo est rapide pour cette ballade, mais elle reste épique avec notamment un fabuleux travail aux synthés et à la guitare.

On remarquera d'ailleurs que c'est une constante sur ce disque, les up-tempos sont légion et cela peut presque masquer la profondeur des textes ou des ambiances, mais en ce qui concerne celles-ci, on pourra saluer la décision des deux chanteurs de s'effacer souvent pour laisser libre cours à des parties instrumentales, tout en restant dans un propos clair et concis. «Because It Keeps on Working», «Born With Teeth», «Once We Might Have Known» ou le funk «Just When You're Having Fun» très habité par Anna, sont autant de titres élancés où les musiciens s'amusent, y compris les percussionnistes invités dont Pat Mastelotto qui place des idées rythmiques bien senties. La guitare est inspirée (avec même un modèle synthé de Roland comme on n'en faisait alors plus sur "Just When You're Having Fun"), et Peter Kingsbery, qui tient aussi la basse, se révèle brillant au Minimoog, à l'orgue... Quant à Anna, bien que chantant souvent de manière écorchée (ce sera de moins en moins le cas par la suite), elle donne l'impression d'être une gazelle, ce que le concerts confirmeront. «More Than Willing» est l'un des titres les plus trompeurs car malgré son rythme soutenu et sa basse funky, elle est nettement plus planante (miam cette conclusion au synthé) et nous conduit doucement vers l'autre pépite de ce disque, «A Little Innocence». Les sentiments de tristesse face à la guerre sont retranscrits par des percussions tribales, un titre qui décolle doucement, des voix mélancoliques qui se rejoignent pour les refrains, une superbe guitare et pour finir une partie instrumentale assez dense. Une merveille, et c'est l'un des rares titres lents du disque !

Celui-ci est donc le conteneur de tubes en puissance, auquel il peut parfois manquer un peu plus de maturité (par la suite, ce sera l'inverse), mais comptant déjà comme une franche réussite en début de carrière d'un grand groupe.

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   MARCO STIVELL

 
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- Peter Kingsbery (chant, claviers, basse)
- Anna Lacazio (chant, claviers)
- Louis Molino Iii (batterie, percussions, choeurs)
- Clive Wright (guitares, guitare-synthé roland gr 300)
- + Paulinho Da Costa (percussions)
- Pat Mastelotto (percussions)
- Arno Lucas (percussions)
- Steve Hillage (guitare rythmique sur 'when your heart is weak')


1. Thought You Were On My Side
2. When Your Heart Is Weak
3. Just When You're Having Fun
4. The Promise You Made
5. Because It Keeps On Working
6. Born With Teeth
7. Once We Might Have Known
8. More Than Willing
9. A Little Innocence



             



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