Recherche avancée       Liste groupes



      
MUSIQUE ELECTRONIQUE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Peter Baumann , Manuel Göttsching , Ashra, Dennis Young
- Style + Membre : Tangerine Dream

Edgar FROESE - Epsilon In Malaysian Pale (1975)
Par ARP2600 le 19 Juin 2013          Consultée 1446 fois

Les textes parlant de ce deuxième album solo d'Edgar Froese sont unanimes, la musique y ressemble très fortement à celle de Phaedra et Rubycon de Tangerine Dream. Ressemblance, c'est le moins qu'on puisse dire, ce disque est tellement proche des sonorités et ambiances du groupe que sa parution comme projet solo reste un mystère, d'autant que, contrairement à Aqua, le délicat Epsilon in Malaysian Pale n'est en rien constitué de chutes, ses deux morceaux sont parfaitement au niveau.

Oui, c'est vraiment dommage que cette belle œuvre ait été condamnée à sombrer dans l'oubli. Car si le groupe est plutôt célèbre, la carrière de son leader incontestable est bien plus confidentielle. D'ailleurs ses albums n'ont plus été disponibles dans leur version originale pendant longtemps, ils sont collector et posséder les vinyles est une fierté pour l'amateur initié d'électro vintage (1). Bien sûr, Edgar Froese en a fait de nouvelles versions, très ambiguës entre la volonté possible de contrer Virgin qui ne voulait plus les rééditer et la vénalité manifeste de Froese. Et puis, ces nouvelles versions ne peuvent satisfaire une personne soucieuse de l'authenticité des œuvres, d'autant que Froese ne semble pas très doué pour «actualiser» sa panoplie sonore. Fort heureusement, en 2012, un coffret The Virgin Years est sorti avec tous les albums originaux à l'exception de Macula Transfer dont le cas est un peu particulier.

Une explication du choix d'un album solo pourrait être le caractère très contemplatif de ces morceaux. Il y a peu de séquençage par rapport aux albums de TD, tout repose plus sur des nappes de mellotron, comme sur «Mysterious Semblance...», ou comme aux extrémités de Rubycon. La musique est moins folle et sauvage ici, et sans doute plus subtile. Un peu comme un mouvement lent entre deux mouvements rapides dans une œuvre classique, le style est semblable mais ceci est simplement plus posé. Dès lors, un seul homme pouvait suffire à la tâche et Edgar Froese aura décidé de réaliser cette idée sans l'aide de ses compagnons. Une chose est sûre, Epsilon montre plus que toute autre œuvre que c'est bien Edgar Froese qui a toujours dominé dans la musique de TD.

Les deux faces du disque sont très belles. Le morceau-titre commence par des mélodies éthérées, des divagations mélancoliques d'un son de flûte électronique – les articulations montrent qu'il ne s'agit pas d'un instrument acoustique mais l'émulation du timbre est très crédible pour 1975 – soutenues par des nappes de mellotron. Dans sa seconde moitié, ce morceau est un peu séquencé mais très délicatement, un peu comme sur «NGC 891». Le deuxième morceau, «Maroubra Bay», commence de façon nettement plus dramatique, par un magma de sons de mellotron en dissonance harmonique, qui finit par se structurer en de belles mélodies. Le passage séquencé est le plus rythmé de l'album, et un des meilleurs jamais proposés. Il se classe sans problème au rang de la première partie de Rubycon, y compris pour la qualité magique des sons du mellotron de Froese qui donne, désolé de le dire, une leçon à tous les musiciens progressifs qui ont essayé d'utiliser l'appareil.

La conclusion s'impose d'elle-même. Ce disque est à connaître absolument pour tous les amateurs de la période Baumann séquencée de Tangerine Dream, il en est un complément indispensable, au même titre que Romance 76 de Peter Baumann l'année suivante. Les albums ultérieurs de Froese sont fort intéressants et parfois géniaux mais offrent une musique bien plus personnelle de la part de cet incroyable compositeur.

(1) Notons, pour les personnes intéressées, que ce disque a en fait été publié sous deux noms différents, il faut éventuellement rechercher des exemplaires nommés Ypsilon in Malaysian Pale. Il semblerait que Froese n'ait pu se décider entre les deux lettres grecques bien que l'Epsilon semble l'avoir emporté.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par ARP2600 :


Edgar FROESE
Stuntman (1979)
Un très grand album de musique électronique




ENO MOEBIUS ROEDELIUS
After The Heat (1978)
Superbe musique électronique, sobre et inventive


Marquez et partagez





 
   ARP2600

 
  N/A



Non disponible


1. Epsilon In Malaysian Pale
2. Maroubra Bay



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod