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NINE INCH NAILS - The Fragile (1999)
Par UDUFRU le 18 Juin 2005          Consultée 7143 fois

Quel moment plus opportun que la fin du siècle du repli sur soi Trent Reznor aurait-il pu choisir pour sortir l’opus le plus intime d’une carrière déjà émaillée de chef-d’œuvres ? Mais replaçons donc ce disque très décrié dans son contexte. Ce troisième album de NIN se fait désirer pendant de nombreuses années, que l’artiste occupe à réaliser une longue et pénible introspection. En effet, depuis The Downward Spiral, deux évènements majeurs sont venus troubler la froide hargne du maître incontesté de l’indus : d’une part, le décès de la grand-mère qui l’a élevée, d’autre part le succès inattendu de Marylin Manson, dont il est le mentor et producteur, qui surpasse le sien propre. Reznor sombre dans une dépression qui l’éloigne de la haine pour dévoiler une fragilité qu’il ignorait posséder. Contre l’attente de ses fans, qui rêvent d’une nouvelle Spirale Infernale rageuse et testiculée, Reznor décide de porter sur la partition la sensibilité nouvelle qu’il s’est découverte. Et afin d’en explorer profondément tous les aspects, il choisit le format contesté de double-album, décision entièrement justifiée par la qualité globale des 23 titres qui le composent.

Du fait de son concept, The Fragile est naturellement moins violent et provocateur que ses prédécesseurs, ce qui lui a valu d’être un peu boudé par le fan lambda avide de sexe et de sang. L’énergie dévastatrice du Mr Self Destruct est toujours bien présente ("Somewhat Damaged"), mais elle prend une teinte moins metal que rock dans certains couplets ("The Fragile", "Into the Void"). Quelques morceaux s’offrent même le luxe d’être calmes, tels l’apaisant et inattendu "I’m looking forward to joining you, finally", ou encore le magistral "The Great Below", qui replonge dans les abîmes suicidaires esquissées par "Hurt". La saturation industrielle n’est cependant pas en reste et vient gonfler les refrains de sa puissance chaotique, autant dans les titres énervés ("The Big Come Down"), mécaniques ("Underneath it All"), instrumentaux ("Pilgrimage") ou hybrides ("The Day the World went away").

The Fragile est avant toute chose un album d’indus, plus électrique qu’électronique. En effet, les synthés ne se sont jamais fait aussi discrets, et c’est essentiellement derrière un ordinateur que Reznor a recours aux sons synthétiques, pour habiller les guitares d’effets tonitruants et distordus. Cet aspect s’accorde d’ailleurs parfaitement avec l’idée d’un album plus intime, car les sons artificiels ne sont-ils pas généralement plus froids et impersonnels que ceux qui émanent d’instruments acoustiques ?

Reznor nous avait habitué à l’expérimentation tout au long de ses précédents efforts, mais c’est à l’écoute de The Fragile que l’on s’aperçoit qu’il ne s’était jamais permis trop de libertés auparavant. Dans ce troisième opus, il s’est non seulement affranchi des claviers envahissants, mais aussi des structures classiques avec enchaînements de couplets et refrain ("The Way out is Through"), et surtout du chant, toujours aussi sensuel et torturé, de notre génial compositeur. L’album ne contient pas moins de sept morceaux dépourvus de vocaux, et quels morceaux mes amis ! Entre le jazzy "Just like you imagined", l’hypnotique "La Mer" (et ses quelques vers en français), le martial "Pilgrimage" et le final "Ripe (with Decay) ", suite et achèvement grandiose de sa noyade dans La Grande Profondeur, Trent nous gratifie des meilleures pièces de sa discographie sans prendre le micro. Et les fragments de son âme frêle et souffrante nous apparaissent plus clairement qu’ils ne l’avaient fait lorsqu’il se tient seul, derrière son piano, avec ses doigts comme seul vecteur ("The Frail")…

Je m’aperçois que j’arrive au terme de la chronique d’un de mes trois albums favoris toute catégorie confondue et quelle n’est pas ma stupéfaction de constater que je suis restée très pudique quant à la force émotionnelle incroyable de cet opus, force qui n’a d’égale que la fragilité de son auteur. J’ai même omis de vous dire qu’il s’agit du disque le plus abouti de Reznor, tant je peine à rester objective face à un tel déferlement de beauté ! D’une homogénéité déconcertante pour sa durée et le style diversifié de ses 23 titres, The Fragile est le fruit des jours sombres d’un individu, la sève de ses larmes, la racine de ses insomnies. Trent y a cessé d’être asservi par ses besoins pour devenir humain. Et peut-être l’écriture de ce monument lui a-t-elle servie à psychanalyser les démons qui sommeillaient en lui et qu’il déclare avoir banni de son style pour l’album suivant… Mais ça, mes amis, c’est une autre histoire…

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   (2 chroniques)



- Trent Reznor (chant, guitare, clavier, programmation)
- Charlie Clouser (clavier, batterie)
- Jerome Dillon (batterie, clavier)
- Robin Finck (guitare, clavier)
- Danny Lohner (basse, guitare, clavier)


- disc 1 - Left
1. Somewhat Damaged
2. The Day The World Went Away
3. The Frail
4. The Wretched
5. We're In This Together
6. The Fragile
7. Just Like You Imagined
8. Even Deeper
9. Pilgrimage
10. No, You Don't
11. La Mer
12. The Great Below

- disc 2 - Right
1. The Way Out Is Through
2. Into The Void
3. Where Is Everybody?
4. The Mark Has Been Made
5. Please
6. Starfuckers, Inc.
7. Complication
8. I'm Looking Forward To Joining You, Finally
9. The Big Come Down
10. Underneath It All
11. Ripe (with Decay)



             



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