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TRANCE PSYCHéDéLIQUE  |  STUDIO

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JUNO REACTOR - Labyrinth (2004)
Par CHIPSTOUILLE le 19 Juillet 2005          Consultée 4660 fois

Aujourd'hui le mot "techno" est presque devenu un tabou, le mouvement musique électronique comporte tellement de styles plus alambiqués les uns et les autres que les réduire au seul genre techno est devenu péjoratif. Et il est vrai que si on fouille un peu le rayon musique électronique aujourd'hui, on est loin de n'y trouver qu'un ensemble de compiles tuning et du dernier Thunderdome MCDLXXVIII. Non, aujourd'hui vous trouverez beaucoup de trip hop, des trucs expérimentaux qui ont été affublés du dénominatif "Intelligence dance music" (bien que j'aie du mal à mouvoir mes petits petons là-dessus...) et pas mal de "design sonore"... Aujourd'hui, cette zone industrielle musicale a tout un tas de similitudes avec le monde de la peinture ou de la sculpture... On y trouve des choses étranges, d'un autre monde, certaines valent le détour, d'autres sont l’œuvre de charlatans.

Toujours est-il que le mouvement "Techno", lui, est toujours là, et contrairement aux apparences, il évolue, ne propose pas que des remix de la musique du flic de Beverly Hills avec des grenouilles virtuelles qui font "beng beng". Non, la bonne vieille techno avec du beat dévastateur n'est pas morte, non ce n'est pas non plus un style de musique pour décérébrés avec 3 notes répétées à l'infini. Non non non !

Voilà, ce qu'on peut tirer du meilleur du genre aujourd'hui : Labyrinth de Juno Reactor. Juno Reactor est un groupe à l'origine de sa tête pensante Ben Watkins. Ce vieux de la vieille a un peu parcouru toutes les époques, tout en sachant habilement surfer sur les modes. Dans les années 90, il a profité de la vague Trance. Si le mouvement Goa (allez faire la distinction entre Trance et Goa, ce n'est pas toujours évident...) s'était inspiré de la culture hindoue, Juno Reactor était aller faire la cour au Japon. Puis dans les années 2000, sur Bible of Dreams, Juno Reactor s'entichera d'un nouvel instrument fétiche : Le conga, un instrument de percussions africaines, duquel il tirera son propre style, somme de mélanges culturels assez hétéroclite.

Le groupe sortira à l'occasion un single « Conga Fury » qui fera une apparition remarquée dans la bande originale d'Animatrix (je ne saurai vous préciser de quel épisode il s'agit exactement...). Le couplage entre Techno, Trance et conga était alors né, voici venir Labyrinth quatre ans plus tard.

L'album débute par un « Conquistador I et II », la première partie est complètement bluffante, une guitare espagnole, toute bête, un chant féminin, le tout en douceur, viennent quelques castagnettes, et la guitare s'emballe légèrement... Au début, j'ai cru que le CD n'était pas le bon et que j'avais récupéré du flamenco par erreur... C'est alors que la voix hésite, se traficote, un sursaut, puis deux, la guitare folle laisse entrevoir des percussions et conquistador II démarre sur un coup de feu. Arrive alors toute la cavalerie, beat, TB 303, riffs de guitare, un chant africain, du conga à grande vitesse. Le titre s'étiole jusqu'au retour de la guitare, arrivent alors des notes aiguës donnant un aspect grandiloquent à la chose, on a bien un CD de Trance/Techno dans les mains !

« Giant » use et abuse de basses puissantes, un chant féminin refait son apparition (dans un registre plus "Tina Turner" cette fois-ci). « War Dogs » continue dans la puissance et laisse la place aux riffs de guitares, au gabber et aux violons samplés, interfacés avec des chants et des percussions orientaux, où la guitare espagnole refait son apparition.

« Zwara » évolue dans un registre plus inquiétant, faisant presque penser à du Autechre dans l'introduction. Malheureusement l'ambiance ne dure pas, et il faut avouer qu'on a affaire à un morceau très dispensable dont la mélodie très basique évoque un peu les classiques d'Eurodance de la première moitié des années 90 (en un peu mieux, rassurez-vous, pas de quoi avoir frénétiquement envie de zapper). « Mutant message » évolue un peu dans le registre d'inquiétude, mais cette fois-ci en fait quelque chose de plus élaboré. Une mélodie au piano, des basses imposantes, un break inquiétant, on se croirait en plein film d'espionnage futuriste, le tout progresse façon "Trance" (cette même mélodie qui évolue en tournant entre les graves et les aigus de façon à donner le tournis de manière hypnotique).
De la même façon, mais sans montée en puissance, « Angels and Men » évolue dans un registre calme, inquiétant, cette fois-ci avec un chant envoûtant qui vous entonne un : "Pourquoi as-tu si peur du visage de Dieu ?" déconcertant (En anglais bien entendu) le finish à la basse est bourré de feeling. Dommage que le morceau soit un peu lent.

Enfin, les deux autres morceaux majeurs de ce Labyrinth, « Mona Lisa Overdrive » et « Navras », 2 morceaux qui ont eu l'immense privilège (hum...) d'apparaître dans les deux derniers épisodes de la trilogie Matrix. Le premier lors de la poursuite en voiture contre les "fantômes", le second pendant le combat final du dernier épisode. Ces deux morceaux sont de parfaits exemples de ce que la Trance peut offrir de dynamique, entraînant et élaboré. Les vieux sons Bontempi sont de l'époque révolue, aujourd'hui se sont les voix féminines et des chœurs qui s'occupent du travail, des nappes de synthé hypnotiques se chargent de soutenir le tout. Don Davis, le compositeur des (véritables) bandes sonores des Matrix a participé à la composition de l'ensemble, pour rester dans le ton du film. L'accent très hollywoodien est donc très frappant, mais loin d'y être désagréable, surtout que le moteur de composition a été la puissance et la grandiloquence.

Bien sûr, on pourra sans doute reprocher à Juno Reactor un certain mercantilisme, qui se traduit par un album assez hétérogène dans ses influences et ses sons. Mais au final, si on le compare avec Bible of Dreams, Juno Reactor s'y retrouve, les sonorités sont plus variées, même si la nouveauté est moins frappante. Sachez tout de même que les deux morceaux que l'on retrouve dans Matrix tirent leur épingle du jeu et que tout le CD ne tourne pas seulement autour de ce style. Les voix féminines diverses ont une part plus importante sur le reste du CD, et le style musique contemporaine est beaucoup moins présent (à l'exception de « War Dogs »). Si vous cherchez de la musique électronique variée et qui bouge, et que la bande sonore de Matrix vous a paru sympathique, vous ne devriez pas être déçus.

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   (2 chroniques)



- Ben Watkins
- Greg Ellis (percussions, batterie)
- Nick Burton (percussions)
- Mabi Tobejane (percussions, chant)
- Risenga Makondo (percussions)
- Mike Fisher (percussions)
- Simpiwe Matole (percussions)
- Sonic Forager (percussions)
- Xavier Morel (percussions)
- Gocoo (taiko)
- Victor Indrizzo (batterie)
- Budgie (batterie)
- Eduardo Niebla (guitare sèche)
- Scarlet (guitare)
- Greg Hunter (guitare basse)
- Youth (guitare basse)
- Deepak Ram (flute, chant)
- Tigram (ney = flûte persanne)
- Caline De La Mare (violon)
- Taz Alexander (chant)
- Diane Charlemagne (chant)
- Susan Hendricks (chant)
- Azam Ali (chant)
- Lakshmi Shankar (chant)
- Don Davis (chef d'orchestre)
- Orchestra And The Hollywood Film Chorale


1. Conquistador I
2. Conquistador Ii
3. Giant
4. War Dogs
5. Mona Lisa Overdrive
6. Zwara
7. Mutant Message
8. Angels And Men
9. Navras



             



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