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- Style + Membre : Dire Straits

John ILLSLEY - Never Told A Soul (1984)
Par MARCO STIVELL le 25 Septembre 2014          Consultée 1002 fois

En voilà une bonne idée. John ILLSLEY prouve dès son premier album qu'il méritait mieux que de rester « le membre le plus fidèle à Dire Straits en dehors de Mark Knopfler », et toujours dans l'ombre de ce dernier. Le génie de la guitare monopolise l'écriture (et l'attention) au sein du groupe emblématique, c'est ce qui fait à la fois la force (on sait pourquoi en écoutant le résultat) et l'inconvénient d'une telle formule. Knopfler bouffe toutes les autres personnalités et originalités de son groupe. John ILLSLEY dit qu'il a bien essayé de soumettre ses compositions, mais que celles de Mark sont naturellement meilleures. Fatalité ? Modestie ?

En tout cas, la fatalité n'empêche pas ces personnalités de s'exprimer autrement, et c'est tant mieux. Never Told a Soul permet au bassiste de montrer quels sont ses goûts musicaux, par le biais d'une réalisation modeste, justement. Enregistré par Phill Brown aux Parkgate Studios dans l'East Sussex, ce disque a tout d'une opportunité pour le musicien en général. Celui-ci, quel qu'il soit, fait passer son propre message, avec un plaisir non dissimulé, tout en sachant que le succès ne sera pas nécessairement au rendez-vous (quoique, Phil Collins...). La production discographique de John ILLSLEY sera d'ailleurs plutôt menue au cours d'un certain nombre d'années.

Néanmoins, pour le curieux, ce genre de découvertes a un charme particulier, et lorsque la qualité est au rendez-vous, on en vient parfois à revoir ses goûts de toujours, sa conception de la musique. Dans le cas du premier ILLSLEY, cela reste fort de se dire que le musicien travaillait sur la confection de ce disque en 1984, et participait à Brothers in Arms moins d'un an plus tard. Le contraste entre les sonorités de ces deux albums est pour le moins savoureux, au niveau du mastering surtout. Brothers in Arms est surproduit, clean au possible. Never Told a Soul est enregistré live dans un studio, avec une saveur authentique et intime.

Ce qui ne peut que mieux coller avec les possibilités de l'interprète vocal, ILLSLEY en personne, conscient de ses limites (comme Mark Knopfler en fait) et doté d'un timbre suave, fort agréable. Tout comme la musique, d'inspiration country-rock, tant pour les morceaux élancés (« The Night Café », « Jimmy on the Central Line ») que les ballades, dont « Never Told a Soul » au succès mineur et qui aura droit à son clip. Ces chansons se voient soutenues par la batterie vigoureuse de Terry Williams alors que la basse préfère un jeu plus discret, sachant que Mark Knopfler est naturellement de la partie, à la guitare électrique comme à la classique. On rencontre aussi des musiciens qui figureront parmi les futurs membres de Dire Straits (Chris White et Phil Palmer).

Le tout est remarquablement joué, sans que la voix de John ILLSLEY ne soit dissolue dans l'affluence de musiciens virtuoses. La tonalité légère et profonde des chansons est joliment représentée par des tempos dansants rehaussés de cuivres. Les ballades comme « Boy with Chinese Eyes » le font aussi bien, les slows sont vaporisés de nappes et effets de synthétiseurs, comme le morceau-titre et le non-moins splendide « Another Alibi ». La parenthèse Love Over Gold a laissé son empreinte dans l'univers d'ILLSLEY, et celui-ci se fait plus aventureux sur « Nothern Land », partagé entre up-tempos country et interludes au piano et au bugle, dans des tons crépusculaires. La teneur politique du texte anticipe certaines paroles de Brothers in Arms, et la guitare de Mark s'illustre parfaitement.

Never Told a Soul est un bien joli effort, pour qui espère retrouver le son et l'esprit Dire Straits traité différemment, sans le côté messe rock'n'roll, uniquement pour le penchant sentimental de compositions belles et inspirées. L'artiste lui-même, pour son naturel, est attachant.

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   MARCO STIVELL

 
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- John Illsley (chant, basse, guitare acoustique)
- Terry Williams (batterie)
- Kevin Jarvis (piano, orgue hammond, fairlight cmi)
- Jody Linscott (percussions)
- Phil Palmer (guitares)
- Mark Knopfler (guitares)
- Bobby Valentino (violon)
- Chris White (saxophones)
- Martin Drover (trompette, bugle)


1. Boy With Chinese Eyes
2. The Night Café
3. Never Told A Soul
4. Jimmy On The Central Line
5. Northern Land
6. Another Alibi
7. Let The River Flow



             



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