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- Membre : Toto, The Doobie Brothers , Michael Mcdonald

STEELY DAN - Can't Buy A Thrill (1972)
Par TEEMO le 15 Août 2015          Consultée 1147 fois

« Can't Buy A Thrill » marque la naissance, en 1972, d'un des plus grands groupes de Jazz-rock (ou soft rock ?). Cela fait donc plus de 40 ans que cette musique existe, pourtant il semble impossible de donner un âge à l’œuvre de Walter Becker et Donald Fagen. En dix ans d'existence, le groupe new-yorkais aura écrit un nombre incalculable de morceaux d'une qualité remarquable. Alliant accessibilité et profondeur dans la composition, le duo s'affirme dès son premier opus comme une formation aux multiples influences et dotée d'un talent hors du commun.
D'ores et déjà produit par Gary Katz, qui deviendra leur producteur attitré et emblématique, le duo connaît un grand succès commercial grâce à des perles comme « Do It Again » et « Reelin' In the Years ». Il est intéressant d'observer qu'avec « Can't Buy A Thrill », les deux compères installent immédiatement ce qui fera l'essence même du groupe. Nous parlions de production, c'est effectivement l'une des caractéristiques les plus importantes : Becker et Fagen sont des puristes du studio qui recherchent à tout prix la perfection du son et de la mélodie. La deuxième composante concerne les collaborations avec des musiciens extérieurs : l'identité du groupe évoluera en bonne partie grâce aux invités qui entourent les membres fixes. Ces invités se lient tellement bien à la musique du duo, qu'ils font partie intégrante de ce qu'est Steely Dan.

Walter Becker et Donald Fagen font connaissance à la fin des années 60, lors de leurs études au Bard College, à New-York. Ils se découvrent une passion commune pour le jazz, le blues, mais aussi pour la littérature de la Beat Generation ; le nom « Steely Dan » fait d'ailleurs directement référence au « Festin Nu » de William S. Burroughs.*
Fagen au piano, Becker à la basse, les deux fans de Parker, Coltrane, Ellington décident de faire appel à Jeff « Skunk » Baxter, parallèlement guitariste des Doobie Brothers, à Jim Hodder à la batterie et à David Palmer au chant – Fagen ne se sentait alors pas prêt à assurer le lead vocal.
C'est donc au sein du label ABC Records à Los Angeles que « Can't Buy a Thrill » est enregistré. L'album sort en 1972 et connaît un succès plus que respectable, malgré son titre et surtout sa pochette un poil subversifs.

« Fraîcheur » est clairement le maître mot pour décrire « Can't Buy a Thrill » ; elle est déclinée sous plusieurs nuances. Elle se veut décontractante sur « Dirty Work », notamment grâce à la voix éthérée de David Palmer, ou plutôt vive et franche sur « Kings », dont le refrain fédérateur et le solo de guitare signé Elliott Randall vous emporteront à coup sûr. Cette fraîcheur côtoie volontiers le mélancolique avec « Brooklyn (Owes The Charmers Under Me) » ou s'accommode à la gaîté sur « Turn That Heartbeat Over Again ». Sur ce dernier titre Fagen, Becker et Palmer se passent le micro et chantent même à l'unisson, à la manière des groupes de folk américains des années 70.

Vous l'aurez compris le premier album de Steely Dan est typiquement le genre de musique pour se réveiller le matin de bonne humeur... ou pour justement se remonter le moral ! Cette musique ne véhicule que joie et allégresse par ses arrangements riches, son chant réjouissant et ses mélodies inventives. La cerise sur le gâteau : elle s'enorgueillit de soli exceptionnels naviguant entre jazz, blues et rock, tantôt joués par le sitar, le saxophone, la guitare électrique, le piano et dont les interprètes sont multiples. Attribuons une mention spéciale aux impro d'Elliott Randall dans « Reelin' In the Years » qui sont à couper le souffle.**
Il faut souligner que l'alternance entre Palmer et Fagen au chant apporte une vraie diversification. Sur « Midnight Cruiser » c'est Jim Hodder, batteur du groupe, qui prend exceptionnellement les devants et retranscrit parfaitement cette ambiguïté entre tristesse et exaltation que le morceau semble vouloir transmettre.

Vous l'avez compris, Steely Dan c'est un concentré de bonne humeur, de partage et de savoir-faire. Dès leur premier opus les musiciens proposent des titres recherchés et dévoilent un talent impressionnant de composition comme d'improvisation. L'esprit Steely Dan est convivial et toujours vecteur de bien-être et ce n'est que le début !

*Notez que Burroughs est un des principaux acteurs de la mouvance Beat, or, même si son roman « Naked Lunch » n'appartient pas à proprement dit à ce courant, il occupe un poste d’œuvre culte dont l'influence s'étant à bien des arts ;citons David Cronenberg qui a réussi l'exploit de l'adapter au cinéma.

** Il paraîtrait que Jimmy Page a déclaré qu'il s'agissait du plus grand solo de guitare qu'il lui ait été donné d'entendre. Que cela soit vrai ou faux, il n'en reste pas moins que cette improvisation est grandiose !

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- Jeff « skunk » Baxter (guitare, pedal steel guitare)
- Walter Becker (guitare basse, chant)
- Denny Dias (guitare, sitar)
- Donald Fagen (piano, piano électrique, orgue, chant)
- Jim Hodder (batterie, percussion, chant)
- David Palmer (chant)
- ****
- Invités :
- Victor Feldman (percussion)
- Elliott Randall (guitare)
- Jerome Richardson (saxophone ténor)
- Snooky Young (flugelhorn)
- Venetta Field (chant sur 'brooklyn'' et 'kings')
- Clydie King (chant sur 'brooklyn'' et 'kings')
- Shirley Matthews (chant sur 'brooklyn'' et 'kings')


1. Do It Again
2. Dirty Work
3. Kings
4. Minight Cruiser
5. Only A Fool Would Say That
6. Reelin' In The Years
7. Fire In The Hole
8. Brooklyn (owes The Charmers Under Me)
9. Change Of The Guard
10. Turn That Heartbeat Over Again



             



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