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The ART OF NOISE - In Visible Silence (1986)
Par ARP2600 le 5 Octobre 2015          Consultée 688 fois

L'histoire de The ART OF NOISE a pris une tournure inattendue dans le courant de 1985. Alors que le projet semblait complètement mené par Trevor Horn, celui-ci, ainsi que le journaliste Paul Morley, se sont fait désavouer par les trois autres membres, vraisemblablement pour des questions de divergences artistiques. Ayant quitté le label ZTT dont Horn et Morley étaient les fondateurs, Anne Dudley, J.J. Jeczalik et Gary Duncan ont continué, avec un succès manifeste, les étranges aventures du groupe.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que Trevor Horn n'était pas si leader que cela. Certes, ses idées de sonorités et de production, ainsi qu'un certain talent de composition, ont beaucoup contribué à l'originalité de leurs premières publications, mais ma théorie est qu'il n'a jamais été le véritable élément essentiel. À côté du producteur, de l'ingénieur et du programmeur, la musicienne et arrangeuse compétente de la bande est de toute évidence Anne Dudley, qui est à l'origine de la plupart de leurs grands succès, à commencer par « Moments in Love ». Notons que sa formation classique se ressentira de plus en plus dans l’œuvre du groupe, ce qui est assez paradoxal quand on connaît le message originel de cet « art du bruit ». Elle a d'autre part commencé en 1988 une carrière de compositrice de musique de film, le plus souvent orchestrale, dont l'exemple le plus connu est celle de « The Full Monty ».

Néanmoins, on n'en est pas encore là en 86, sur le second album d'AoN, In Visible Silence, sorti chez China et Chrysalis. Le son du groupe n'a encore rien d'orchestral, il est juste devenu plus propre, plus analytique, bien que toujours basé en grande majorité sur les samples au Fairlight. Beaucoup de sonorités sont donc les mêmes que sur Into Battle et Who's afraid, mais utilisées différemment, de façon beaucoup plus détendue et maîtrisée. On peut déjà annoncer que c'est un album utile, là où les deux suivants verront moins d'évolution de la composition. Ensuite, c'est une question de goût personnel, In Visible Silence pourra paraître poussif à une partie des auditeurs, ce ne serait pas anormal. Pour ma part, je trouve que c'est un disque fort agréable, beaucoup plus construit que le premier, avec des tubes imparables et des plages plus atmosphériques. La bizarrerie des samples demeure, mais elle est certainement plus facile à assimiler que dans leurs débuts.

Parlons des singles, il y en a trois, dont deux ont encore marqué leur époque. Tout d'abord, il y a « Legs », un très chouette morceau qui tient encore de « Beat Box », mais en plus mélodique, c'est malheureusement le moins connu. Ensuite, il y a leur reprise de « Peter Gunn » de Harry MANCINI, réalisée avec le concours du guitariste Duane EDDY. Particulièrement pertinente et dynamique, cette version a connu un grand succès, sans doute aussi un peu grâce à son clip amusant (1). Enfin, le cas de « Paranoimia » est un exemple de leur tendance à remixer sans cesse leurs propres morceaux. La version single est quelque peu... modifiée par rapport à celle présente sur l'album, et sans doute un peu difficile à comprendre de nos jours. Là encore, le clip est essentiel et très lié à son époque, il est basé sur l'horripilant Max Headroom, un soi-disant personnage artificiel qui a eu un certain succès dans les pays anglo-saxons à cette époque (2). Ses interventions n'apportent rien, par contre, la mélodie de voix féminine et la guitare ajoutent un peu d'intérêt à un morceau à l'origine assez secondaire.

D'ailleurs, pour être tout-à-fait juste, il faut bien remarquer que le début de l'album n'est pas très impressionnant. L'introduction vocale « Opus 4 » est très bonne dans son style, puis « Paranoimia » est chouette mais devient vite morne, la moins bonne plage de l'album étant certainement « Eye of the Needle », un genre de muzak d'un goût douteux. Si on tient jusque « Legs », on devrait nettement plus apprécier la suite. « Slip of the tongue » et « Back Beat » apportent des éléments expérimentaux tout-à-fait bienvenus pour conclure la première face. Sur la seconde, deux morceaux plus longs encadrent « Peter Gunn », le sombre et atmosphérique « Instruments of Darkness », faisant un peu penser à certains travaux de Vangelis dans les années 80, et la douce « Camilla », dans la veine de « Moments in Love », en moins marquant mais tenant mieux la durée. Enfin, « The Chameleon's dish » est un superbe final, dense rythmiquement et sans doute en grande partie improvisé.

In Visible Silence pourrait bien être le meilleur album de The ART OF NOISE, même si beaucoup resteront sans doute attaché au mythe de Who's afraid. En tout cas, c'est ici qu'ils ont proposé quelque chose de cohérent, un véritable album et pas un bricolage. Comme il est d'autre part le plus facile d'accès et peut se révéler étonnamment plaisant, il est fort recommandable, une très bonne porte d'entrée dans leur travail si spécial.


(1) Clip de « Peter Gunn » : https://www.youtube.com/watch?v=DTAvSecJvsw

(2) Clip de « Paranoimia » avec Max Headroom : https://www.youtube.com/watch?v=pDvm_MlgxdU

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   ARP2600

 
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- Anne Dudley
- J. J. Jeczalik
- Gary Duncan


1. Opus 4
2. Paranoimia
3. Eye Of The Needle
4. Legs
5. Slip Of The Tongue
6. Back Beat
7. Instruments Of Darkness
8. Peter Gunn (feat. Duane Eddy)
9. Camilla
10. The Chameleon's Dish
11. Beat Back



             



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