Recherche avancée       Liste groupes



      
BLUES-ROCK  |  STUDIO

Commentaires (2)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1966 Fresh Cream
1967 Disraeli Gears
 

- Style : The Jimi Hendrix Experience , Jimi Hendrix , Taste, Rory Gallagher , Dust, Les Variations, Led Zeppelin, The Yardbirds
- Membre : The Baker Gurvitz Army , Hawkwind, Blind Faith, Eric Clapton

CREAM - Fresh Cream (1966)
Par LONG JOHN SILVER le 10 Mars 2016          Consultée 4183 fois

NDLR : la chronique qui va suivre est relative à l'édition originale anglaise de l'album Fresh Cream, l'édition américaine intégrant le single "I Feel Free" (excellente pop song au demeurant) au détriment de "Spoonful" ce qui dénature tout de même l'oeuvre telle que conçue par ses créateurs.

Après le skiffle, le rock’n’roll, la pop, le blues et le rythm n’ blues, le rock garage, revoici le blues ! Soit « la mère des musiques »*, ce qui est bien pratique avec God on his side, à gauche quand on fait face au public, à droite sinon, car le papa et la maman sont réunis. Dans les faits, Clapton qui a quitté les YARDBIRDS, est fort marri derrière John MAYALL car Gomelski, manager du combo, a déniché Jeff Beck sur les conseils de Jimmy Page (les trois guitaristes se sont fréquentés déjà étant jeunes), il en veut un peu à tout le monde alors que le talent du taciturne Jeff éclate au grand jour. Or, si Clapton est étincelant au sein des BLUESBREAKERS, pendant l’été 1966, son ex groupe publie Roger The Engineer où Jeff explore le son comme personne avant lui. Heureusement, un ange passe : Ginger Baker, batteur jazz de formation, membre de Graham Bond Organisation, propose à Eric de monter un groupe, ce qu’il accepte à condition que Jack Bruce les rejoigne car il apprécie particulièrement sa voix. Sauf que Baker et Bruce qui se sont croisés chez Bond ne sont pas connus pour être de grands amis. Loin s’en faut.

Les gars accepteront de mettre de l’eau (quoique?) dans le vin aigre de leurs ressentiments pour le bien de la cause, laquelle se nomme CREAM. En toute simplicité, l’annonce de la réunion des prestigieux musiciens qui composent la formation ayant reçu (entre autres) pour commentaire qu’il s’agissait de l’association de la crème des musiciens anglais. Pas de quoi dégonfler son melon. Cependant, il allait falloir passer des annonces aux actes.
Fini le temps des amateurs qui deviennent pro avec leur premier enregistrement, lequel est souvent joué avec l’aide d’intervenants extérieurs (coucou Page !). Chez CREAM, les pros parlent aux pros et, heureusement aussi, aux autres. Et ce faisant ouvre béante (béate ?) la voie des surenchères à venir, de la course aux armements qui allaient propulser le Hard rock puis le Metal à partir de ces premiers rails posés, un univers où frime et culte de la personnalité ne sont jamais bien loin. L’orgueil est un moteur très puissant, comme le tout premier super groupe de l’histoire du rock n’allait pas tarder à le démontrer. C’est Robert Stigwood qui se charge de produire. Le bonhomme connaît bien les ficelles du métier même s’il laissera surtout son empreinte dans la production de grosses comédies musicales, c’est un requin expérimenté qui a de l’ambition lui aussi.

D’emblée, « N.S.U » dégage une puissance phénoménale, du jamais entendu jusque là puisque ressortait principalement le côté "hargneux/sale gosse" de la bande son du British Blues Boom comme du rythm n' blues du Swinging London. Même les YARDBIRDS n'avaient pas fait aussi fort. CREAM propose une musique mature, les ados ont grandi (d’ailleurs Ginger a atteint l’âge canonique de 27 ans), on ne fait plus joujou, on utilise l’arme lourde. La section rythmique formée par la paire Bruce/Baker emplit la trame sonore. Clapton y dépose ses rythmiques précises, des licks percutants ainsi que des soli chauffés à blanc, le tout dans une ambiance pachydermique qui suinte principalement le blues.
« Sleepy Time Time », « Spoonful » (Willie Dixon), « Cat Squirrel » (Trad) et « Rollin’ And Tumblin’ » (Muddy Waters) en sont les exemples les plus représentatifs, les deux premiers titres étant précurseurs du Zep, les deux autres faisant la part belle à l’harmonica de Bruce, notamment l’époustouflante autant qu’endiablée version de la dernière nommée. Le folk/blues possède aussi son droit de cité par l’entremise de la délicieuse « Four Until Late » reprise à Robert Johnson et (déjà) chantée par Clapton.
Encore du blues pour la reprise de Skip James, « I’m So Glad », passé à la crème psyché/pop, ce morceau avec sa suite d’arpèges emblématique qui lancent et relancent la chanson est également devenu un classique.
Côté pop teinté d’esprit psyché (le mouvement n’en est qu’à ses prémices à l’été 66) qu’on retrouve dans la délicieuse parenthèse « Dreaming » de Bruce et « Sweet Wine », de Baker, déjà plus puissante et en phase avec le rendu global. Et puis il y a l’instrumental Toad, avec son riff monumental et son solo de batterie qui occupe toute la fin du morceau et du disque, le tout premier solo de batterie enregistré sur album de l’histoire du rock… oui il y aura bien « Moby Dick » trois ans plus tard, exactement dans un esprit similaire, et non cela n’aura pas que des effets heureux sur la qualité générale des disques à venir.

CREAM pose donc de sérieux jalons vers la postérité en entamant sa carrière sur les chapeaux de roues. Les ambitions de chacun sont immenses et pour le moment tous semblent tirer dans le même sens. Le disque est solide comme le rock, lourd comme la fonte. L’alliage paraît inoxydable. La production studio en aura éliminé, solo de batterie hormis, les velléités (trop) démonstratrices de musiciens virtuoses au profit d’un rendu compact et cohérent où ne figure pas de moment faible. Les sentiers de la gloire n’ont qu’à bien se tenir. Pourtant, un élément va venir quelque peu perturber l’impact de Fresh Cream. Au même moment paraît « Hey Joe » , premier single de Jimi HENDRIX. Son jeu de guitare renverse tout le monde, Clapton et Beck inclus. Or c’est lui qui deviendra le fer de lance du blues rock psyché lourd, alors qu’il commence à révolutionner la guitare…

* Oui cette assertion est parfaitement contestable, mais quand la légende dépasse la réalité, je raconte ce que je veux !

A lire aussi en BLUES-ROCK par LONG JOHN SILVER :


HOT TUNA
Yellow Fever (1975)
Hot tension !




COTTON BELLY'S
Given (2015)
Saudade Nouvelle-Orléans : à saisir !


Marquez et partagez





 
   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Jack Bruce (chant,basse, harmonica)
- Eric Clapton (guitare,chant)
- Ginger Baker (batterie, percussions, chant)


1. N.s.u
2. Sleepy Time Time
3. Dreaming
4. Sweet Wine
5. Spoonful
6. Cat's Squirrel
7. Four Until Late
8. Rollin' And Tumblin'
9. I'm So Glad
10. Toad



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod