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HARD BLUES PSYCHé POP  |  STUDIO

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1966 Fresh Cream
1967 Disraeli Gears
 

- Style : The Jimi Hendrix Experience , Jimi Hendrix , Taste, Rory Gallagher , Dust, Les Variations, Led Zeppelin, The Yardbirds
- Membre : The Baker Gurvitz Army , Hawkwind, Blind Faith, Eric Clapton

CREAM - Goodbye (1969)
Par LONG JOHN SILVER le 5 Avril 2016          Consultée 3414 fois

Goodbye aurait du être un double album comprenant un disque Live et un disque studio, à l’instar du célèbre Wheels Of Fire dont il est un prolongement, or décision fut prise de diviser le tout par deux, faute de matériau suffisant. Au moment où l’album sort, CREAM vient de se séparer après une tournée d’adieux close par un concert final au Royal Albert Hall de Londres, scène qui verra la reformation du groupe en 2005, restée – depuis - sans (véritable) lendemain. Or, on est en droit de supposer désormais que le groupe ne se reformera pas tant que Jack Bruce restera mort*, mais là n’est pas le propos. Surtout quand on sait que la pochette ouvrante de cet opus posthume, publié en 1969, dévoilait des tombes avec les titres des chansons inscrits sur chacune.

Goodbye est donc un disque hybride au deux tiers live/un tiers studio**, le tout enregistré sous la houlette du musicien/producteur Felix Pappalardi***. La partie Live est dantesque, on retrouve le CREAM heavy connu avec l’album Fresh Cream, déjà du fait de la présence de "I’m So Glad", ici en extended version comme il se doit, où les soli incisifs de Clapton survolent une section rythmique pleine de rage mais surtout parce que le côté psyché pop qui avait quelque peu pris le pas en studio, notamment depuis Disraeli Gears, cède la place sur les planches à un mastodonte au galop. Le train pachydermique ralentit avec "Politician" qui laisse fondre le plomb sur l’auditoire, le trio de forgerons se chargeant de battre le métal sur nos crânes transformés en enclumes. "Sitting On Top Of The World" également issue de Wheels Of Fire prolongeant l’ambiance heavy blues sous les coups de boutoirs d’une basse saturant l’atmosphère alors que Ginger Baker martèle ses fûts comme personne avant lui, pas même Keith Moon, la puissance de feu du groupe étant alors sans réel équivalent.

La partie studio renoue quant à elle avec le versant pop absent en Live, elle fut mise en boîte juste avant que le groupe n’effectue sa dernière virée, chaque musicien y apporte sa contribution. C’est Eric Clapton qui ouvre le bal avec "Badge" qui sortira en single, il est aidé par George HARRISON car slowhand peine à écrire seul une chanson et surtout à le faire dans les délais impartis, ce qui restera longtemps le cas. De fait la patte de celui qui prendra le pseudonyme d’Angelo Misterioso pour pouvoir enregistrer la guitare rythmique en studio, cela pour d’obscures raisons contractuelles, est assez identifiable, on reconnaît facilement le sens mélodique du quiet one sur cette pop song sympathique que Clapton jouera régulièrement en concert. "Badge" doit son nom à un griffonnement d’Harrison sur les notes de la chanson, compris de travers par un Clapton lisant "badge" en lieu et place de "bridge" à l’endroit où se situait le pont du morceau.

Jack Bruce œuvre quant à lui en terres psychés, le mellotron et l'orgue de Pappalardi qui ornementent "Doing That Scrapyards Things" nous ramènent à la pop acidulée des PINK FLOYD et autres PRETTY THINGS des années 67/68, c’est sympathique itou, étrange aussi, mais moins marquant que les classiques que le monsieur pondait jusqu’à présent. En fin de compte c’est probablement "What A Bringdown" signé Baker qui surprend le plus, puisque ce titre préfigure incroyablement JETHRO TULL et pas seulement à cause du son de flûte traversière qu’on perçoit sur son exposition. C’est le titre le plus long en studio et même si sa durée n’excède pas quatre minutes, quelques tiroirs s’ouvrent, sa structure s’avère plus complexe que celles utilisées habituellement par le groupe, de même sa mélodie semble évidente mais il faut avoir le talent de Bruce pour la reproduire, en outre l’emphase des arrangements apporte ici une majesté proche de l’album AQUALUNG cher à Ian ANDERSON.

Goodbye s’achève après trente petites minutes, son unique défaut étant de posséder deux lignes directrices très différentes. Déjà la partie studio ne débute qu’après "Sitting On Top Of The World" sise en première place sur la deuxième face du vinyle, ce qui offre un contraste assez saisissant entre l’ambiance initiale de chaudron de l’enfer et sa conclusion psyché/pop/bluesy à l’allure nettement plus pépère. Pourtant aucun mauvais titre n’est à déplorer ici, juste le sentiment que CREAM était passé à côté de quelque chose d’encore plus grand que l’ensemble de son œuvre : la création d’un genre nouveau qu’un ex YARDBIRDS (comme Clapton) n’allait pas tarder faire surgir dès 1969, année de la commercialisation dudit Goodbye. Cela n’aurait probablement pas rendu plus heureux Eric, celui-ci dira détester le Hard Rock, de plus il s’était lassé de l’ambiance du super groupe qu’il avait contribué à créer, de son allant pour la surenchère sonore notamment, de la compétition entre ses musiciens, oui mais voilà, le gaillard n’en était pas non plus à un paradoxe près : Le voilà qui fonde BLIND FAITH en compagnie de Steve WINWOOD, déjà superstar, Rich Grech (ex FAMILY) et… Ginger Baker ! Oui, la foi rend aveugle.

* Votre serviteur paraphrasant l’ange mystérieux annonçant au monde incrédule : « les BEATLES ne se reformeront pas tant que John LENNON restera mort »
** Au vu du chronomètre sinon nous disposons ici de trois titres Live et trois studio
*** Bassiste de MOUNTAIN et plus tard producteur mais aussi arrangeur pour Enrico Macias, tué avec une arme à feu par son épouse en 1983

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Eric Clapton (guitare,chant)
- Jack Bruce (basse,chant,claviers sur 6)
- Ginger Baker (batterie, percussions)
- Felix Pappalardi (claviers sur 4 et 5, basse sur 6)
- George Harrison (guitare sur 4)


1. I'm So Glad
2. Politician
3. Sitting On Top Of The World
4. Badge
5. Doing That Scrapyards Things
6. What A Bringdown



             



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