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ELECTRO-ROCK BARIOLé  |  STUDIO

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- Style : Déportivo
- Membre : Gaëtan Roussel , Tarmac, Lady Sir

LOUISE ATTAQUE - Anomalie (2016)
Par GEGERS le 24 Mars 2016          Consultée 1462 fois

En fait, Louise n'était pas vraiment partie. Ce que l'on prenait pour une mort clinique n'était tout comptes faits qu'une longue pause. Les récents signes avant-coureurs (cette compilation agrémentée de deux inédits publiée en 2011) n'étaient finalement pas de la poudre aux yeux : 11 ans après ce long silence radio, Louise est de retour. Si elle est amputée d'un membre (le batteur Alexandre Margraff n'a pas souhaité se remettre en selle), elle semble toujours vivante, audacieuse, inimitable.

Les premières manifestations de son retour n'ont pourtant guère rassuré les amateurs patients de la musique de Gaëtan Roussel et de ses deux acolytes. Electro-pop bancal, "Anomalie", le morceau, est un nouveau signe de vie fort décevant qui, après le peu glorieux A Plus Tard Crocodile publié en 2005, laisse planer quelques doutes quant à la solidité de ce retour de Louise. Et pourtant, il y a sur ce nouvel album riche et bariolé de nombreux motifs de satisfaction. Louise n'a plus grand chose à voir avec le folk-rock furieux de ses débuts, c'est une évidence à laquelle chacun semble s'être habitué. Dans sa musique, le groupe insuffle des sonorités électro-pop proches de l'univers solo de Gaëtan Roussel mais parvient, malgré tout, à retrouver cette urgence, cette fausse légèreté (les textes sont au contraire plutôt sombres et pessimistes) qui faisaient les beaux jours des deux albums sortis à la fin du siècle dernier.

Le folk, donc, a mis de l'eau dans son vin. Il n'y a pas pour autant de conflit entre les styles musicaux ainsi mariés, et c'est de manière naturelle que "Du Grand Banditisme", "La Chute" ou "A l'intérieur" s'imposent comme de véritables réussites. Louise a changé, mais la force de ses mélodies, décuplée par la manière de chanter, directe, saccadée, de Gaëtan Roussel, est toujours présente, et permet à ces titres de frapper fort. Le violon est porteur d'ambiances variées, et s'il est moins mis en avant que par le passé, il reste un élément-clé de l'univers du groupe qui, finalement, n'a pas tant changé. Louise nous propose son lot de réussites franches, voire de pépites. Rapide et porté par un refrain aux allures de course contre la montre, "Avec le temps" fait partie de ces sublimes compositions, violon, rock et sonorités électro se mélangeant dans une alchimie délectable. Louise, comme avant, nous fait danser, nous fait rire, nous fait pleurer, à l'occasion de quelques morceaux bien sentis, à l'image du final "Un peu de patience", ballade résolument folk (le titre le plus "roots" de l'album) qui clôture l'album sur une tonalité mélancolique.

Car si certaines rythmiques frénétiques peuvent laisser penser le contraire, l'ambiance n'est pas à la fête. Il est question de grande imposture, d'inéluctable chute, des ravages du temps. L'insouciance n'est pas de mise, mais ce visage désabusé de Louise va de pair avec l'époque et sa morosité. Pour autant, les belles mélodies donnent le sourire aux lèvres, et les textes de Gaëtan Roussel sont suffisamment opaques pour ne pas miner les esprits.

On pardonne certaines lourdeurs ("Les pétales"), et on s'ébahit à l'écoute de titres foisonnant d'idées et riches en ambiances. "Chaque jour reste le notre", à la fois délicat et énergique, est l'avatar de ce nouveau visage séduisant de Louise. "L'insouciance" (justement), sorte de version actualisée de "L'intranquilité", est le morceau qui semble le plus abouti et le plus appréciable dans sa délicate immédiateté.

Louise n'est plus celle qui, par deux albums dantesques publiés il y a plus de 15 ans, a secoué le paysage rock français. Mais Louise est toujours unique, avant-gardiste et audacieuse. Son nouvel album est à la fois surprenant et délectable de par la richesse de ses mélodies et l'interprétation habitée de son chanteur. Son quatrième album est une sortie à apprivoiser et à dompter, qui malgré une durée courte révèle au fil des écoutes ses nombreuses qualités. Un retour qui fait, finalement, très plaisir à entendre.

3,5/5

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   GEGERS

 
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- Gaëtan Roussel (chant, guitare et claviers)
- Arnaud Samuel (violon et guitare)
- Robin Feix (basse et claviers)
- Vincent Taeger (batterie)


1. Anomalie
2. La Chute
3. Chaque Jour Reste Le Nôtre
4. À L'intérieur
5. Avec Le Temps
6. L'insouciance
7. Il N'y Avait Que Toi
8. Les Pétales
9. Du Grand Banditisme
10. Un Peu De Patience



             



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