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PLACEBO - Meds (2006)
Par METAL-O PHIL le 13 Mars 2006          Consultée 10288 fois

Après avoir conquis un public puriste (voir élitiste ?) avec un Black Market Music très réussi, Placebo a connu un succès considérable auprès du grand public grâce à un Sleeping with ghosts mêlant un rock efficace et des ambiances électro et trip hop aériennes. Multiples singles, concerts souvent sold out, passages à la radio, médiatisation, bref la consécration !
Ce genre de phénomène (étayé par certains exemples de groupies qui seraient capables de vous énumérer dans l’ordre chronologique les différentes coiffures qu’a arborées Brian Molko…) fait peur à certains puristes qui ont peur de voir leur groupe fétiche devenir un pur produit commercial. C’est dommage, ce n’est pas leur faute s’ils ont du succès !
Bah, peu importe qui l’écoute, si c’est bien, alors il n’y a aucune raison pour que certains n’y aient pas droit : voyons donc voir ce dernier opus, car c’est bien à ça qu’on s’intéresse et rien d’autre (à part bien sûr le fait que j’ai cru remarquer que le batteur s’était acheté une chemise couleur bordeaux).

Le chanteur du trio anglais l’annonce dans des interviews précédant sa sortie, Meds se veut plus rock et catchy que son prédécesseur. Il est en effet plus dépouillé et contient moins d’expérimentations musicales (j’ai dit « moins », ça reste tout de même du Placebo…), avec un son de guitare plus abrasif, plus « sale ». Sur une bonne moitié de l’album, la configuration du groupe est simpliste, à l’image des propos du chanteur : guitare, basse, batterie et quelques claviers par ci par là.
La puissance sonore déployée est aussi plus importante (le groupe a d’ailleurs engagé trois autres musiciens pour les concerts pour bénéficier d’un son plus rock et je confirme:ça claque).

Bref, l’objectif visé ici est de revenir à la pureté et la simplicité originelle du rock, de produire une musique pêchue, émotionnelle, de qualité avec des moyens minimalistes.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est réussi : Meds est le seul album de Placebo dont les morceaux se sont ancrés dans ma tête dès la première écoute.

Il n’y a qu’à entendre la poignante « Follow the cops back home » et sa guitare « pleurante » répétant inlassablement quelques notes faciles à retenir : une ballade incroyablement efficace, avec un refrain à l’ambiance très éthérée (il me semble d’ailleurs que la voix de Molko y est quelque peu samplée). L’émotion passe tout de suite, le courant aussi.
Plus on avance dans le morceau, plus l’ambiance mélancolique s’intensifie. Quelques claviers s’ajoutent par ci par là et la voix du chanteur se fait de plus en plus plaintive et tremblante.

Le premier titre de l’album, titre éponyme, fait beaucoup penser à Every you & Every me, surtout l’introduction. La chanteuse des Kills y fait quelques discrètes apparitions pour épauler Molko lors du refrain (on est très loin de la nervosité des Kills, mais le petit côté sexy est bien présent). Là aussi, un morceau accrocheur dès les premières secondes, où mélodie et énergie sont en parfaite symbiose. Un titre purement « placebien » qui confirme l’existence d’un « riff à la Placebo ».

Le premier single « Song to say goodbye » remplit bien son rôle : s’il ne démarre pas sur les chapeaux de roues tel un « Bitter End », la progression entre une intro plutôt calme, un couplet plutôt rythmé et un refrain tout aussi fédérateur que le titre cité au-dessus est jouissive et rudement efficace. Le rythme n’est pas aussi effréné que le tube de Sleeping with ghosts, mais la mélodie est plus mise en valeur notamment par un clavier très présent.

« Infra Red » et « Drag » ne révolutionnent certes pas le rock, mais brillent par leur efficacité. « Because i want you » et son rythme empressé, son refrain mélodique, rappellent quelque peu les débuts du groupe (à la sauce actuelle j’entends bien). Personnellement, cette chanson me fait penser à « Come Home » (du premier album) et souffre des même défauts : elle tombe dans le piège de la simplicité. Elle fait partie de ces musiques qui vont vous rentrer dans la tête jusqu’à vous exaspérer (le refrain simpliste répété une bonne vingtaine de fois y est pour beaucoup).

Le reste de l’album est plus hétérogène :
- de l’électro lancinante par ci par là : l’hypnotique « Space Monkey » avec son refrain nerveux faisant penser à Muse, surtout au niveau du chant et du riff, le très dark « The cold light of the morning », minimaliste et inquiétant à souhait: Molko y adopte un ton exceptionnellement grave.
- un très original et entêtant « Post Blue », un délire expérimental avec « One of a Kind »
- et des perles :

Mention spéciale à « Pierrot the clown » : le chanteur nous y berce avec un timbre très doux et très agréable. L’ambiance est très consensuelle et mélodique, guitare et percussions se font discrètes et quelques effets électro confèrent à Pierrot the clown une ambiance incomparable. « Rassurante » est le premier mot qui m’est venu à l’esprit. Cette pièce rappelle la version on ne peut plus « planante » que le groupe a faite de « Running up that hill » de Kate Bush.

« Broken Promise » est également très réussie : il s’agit d’un morceau très mélancolique sur le thème de l’adultère. Brian Molko et un invité de marque, Michael Stipe (REM), s’y donnent le la : pour la petite histoire, Brian Molko était à la recherche d’une voix féminine jusqu’à ce que Steve Hewitt, le batteur pose une question intéressante « pourquoi faudrait-il obligatoirement faire un duo avec une voix féminine ? ». Cela a été le déclic et, à mon humble avis, Molko n’a rien à regretter ! La progression est selon moi très réussie, on commence très doux avec un zoli morceau de piano et la voix fantomatique de Stipe, puis on augmente le tempo et les décibels. Sur le refrain, émotion et agressivité se mélangent et rappellent à nouveau Muse. La voix nasillarde et tremblante du chanteur fait effectivement penser à Bellamy, le son distordu des guitares également.

Enfin s’il y a une chose pour laquelle il faudrait courir en magasin, c’est pour la qualité des musiciens. La technique vocale, la beauté et surtout l’originalité de la voix de Brian Molko (avec ce timbre si particulier) ne sont plus à prouver.

Il faut également souligner le travail extraordinaire de la section rythmique. Le couple basse-batterie est absolument énorme (l’effet est d’ailleurs décuplé par la puissance sonore du live). Les deux compères de Molko font un travail excellent et apportent une réelle pêche à Meds. Stef Olsdal dynamise l’ensemble et chaque coup de baguette de Steve Hewitt semble indispensable.

Les défauts de cet album sont à l’image de ce que je disais plus haut sur « Because i want you ». Certaines pièces, trop simplistes, finissent par lasser (overdose de refrain) ou tombent dans le poussif (Blind est certes émouvante, mais ne s’écoute pas deux fois de suite).

Placebo a produit une fois de plus une galette de qualité. Certains disent qu’il s’agit d’un retour aux sources : certes, le trio est revenu à une musique moins complexe (avec les avantages et les inconvénients que ça implique). Mais il ne s’agit pas non plus d’une réédition de « Placebo » de 1996 : le groupe a évolué et s’est adapté à la tendance actuelle.
Comme à l’accoutumée, ils nous délivrent un contenu hétérogène et touche-à-tout, ce qui rend difficile la qualification du style dans lequel ils officient : en gros… c’est de la bonne musique avec des bons musiciens !

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   (2 chroniques)



- Brian Molko (guitare et chant)
- Stefan Olsdal (basse)
- Steve Hewitt (batterie)


1. Meds (avec Vv Des Kills)
2. Infra Red
3. Drag
4. Space Monkey
5. Follow The Cops Back Home
6. Post Blue
7. Because I Want You
8. Blind
9. Pierrot The Clown
10. Broken Promise (avec Michael Stipe)
11. One Of A Kind
12. In The Cold Light Of The Morning
13. Song To Say Goodbye



             



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