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BLUES-ROCK  |  LIVE

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1971 Rory Gallagher
  Deuce
2020 Check Shirt Wizard - Liv...
 

- Style : Led Zeppelin, Jared James Nichols , Cream, Jimi Hendrix , The Jimi Hendrix Experience
- Style + Membre : Nine Below Zero, Taste

Rory GALLAGHER - Check Shirt Wizard - Live In '77 (2020)
Par LONG JOHN SILVER le 23 Juin 2020          Consultée 592 fois

Ouaip. Ouaip, ouaip. Je crains d'être long… loooooooonnnnng. (donc j’en profite pour sauter une ligne)

Un vieux sage, possiblement contemporain du vase Ming, disait (à peu près) ceci : "Mieux vaut recevoir une petite tape sur l’épaule avant, qu’une grosse baffe dans la tronche après". Un chieur, sûrement. D’ailleurs, Rory GALLAGHER n’est pas mort, la preuve : il nous sort un album Live qui aurait pu être enregistré hier. Le son est époustouflant. Mais il aurait pu être enregistré dans les années 70 aussi, même déjà à l’époque de Made in Japan, intensité oblige. Ça envoie des directs, des uppercuts, des pintes et tout ce qui se trouve sous la main. Rory is back, les claviers de Lou Martin sont à couper le souffle. Et aussi la prestation du groupe lui-même avec quatre individus au taquet plus plus plus. On le mentionne moins souvent, mais sur le plan supérieur se pose la voix singulière de Rory GALLAGHER. Oui, il réalise ici des prestations vocales formidables. À la fois barde, conteur et chanteur, singularité qu’on trouve ailleurs chez Phil Lynnot, aussi irlandais, sinon suivez Jimi HENDRIX. Check Shirt Wizard peut fixer sans sourciller Recorded Live de TEN YEARS AFTER de 1973, Le Bring It Back Alive des OUTLAWS également capté en 1977, et même les meilleurs pans du Live in Boston de FLEETWOOD MAC de 1970, principalement ceux où Jeremy Spencer joue des maracas. Et oui, cette sortie est une baffe monumentale, mais en plus sa trace n’a pris aucune ride. Donc c’est louche, ceux qui savent, refusent de nous donner une petite tape sur l’épaule, ils savent juste que la grosse baffe suivra. Bien après. Donc Rory n’est pas mort, la preuve : il nous sort un album Live qui aurait pu être enregistré hier. Quoi j’lai déjà dit ? Raison de plus.

Attention, passage spoiler :

La bande son est/serait issue de quatre concerts anglais, au début de 1977, juste avant les punk quoi. Chaque concert ou enregistrement Live publié de son vivant par l’Irlandais -excepté Live Taste- ouvrait sur un titre relevé : d'abord "What’s Going On" avec TASTE, puis en solo ce serait «Messin’ With The Kid», "Cradle Rock" et après "Shin Kicker", auxquels nous ajouterons pour les publications posthumes "Landromat" puis "Follow Me". Un truc fait pour te scotcher tout de suite. Ce qui n’est pas le cas en ouverture de Check Shirt Wizard. C’est "Do You Read Me", un morceau moins coup de poing (dans ta face) qui installe l’ambiance, aussitôt chaleureuse. Le public répond présent. On se rend compte qu’on est en train de bouillir gravement alors que s’annonce la pause –d’abord solo- acoustique. Voilà le moment idoine pour sortir de derrière les charbons ardents "I Take What I Want" et "Walk On Hot Goals". Ouch ! Ce Live prend son temps avant que tu t’aperçoives que tu es déjà à genoux. Ah oui, j’oubliais. Juste avant ces deux titres, est placé "A Million Miles Away". Avec intro Santanesque du Maestro. Que raconter sur le jeu de Rory ici ? Car il parait que sa renommée est pas mal axée sur son jeu de guitare. Eh bien Rory est comme le son : époustouflant. Les fois où sa voix accompagne les notes jouées en lead, son jeu en slide, les parties virtuoses, son jeu en rythmique, son set acoustique, tout, absolument tout, éblouit. Même l’assiette que t’as laissée trainer dans l’évier depuis des jours.

Check Shirt Wizard paraît tout neuf, le travail sur le mixage est superbe, la présence du public est palpable, la musique ne sonne nullement datée. Tout en rappelant les émotions véhiculées par les grands Live de jadis. Lorsque l’électricité reprend son cours après l’intermède acoustique, Rory repart sur des bases a priori tranquilles, on se souvient de l’excellent Just One Night publié par Eric CLAPTON en 1980. Puis sur le titre suivant on penche plutôt vers Band Of Gypsys d'HENDRIX, capté dix ans auparavant. Parce que oui, on se régale tout du long. Écoutez-moi cette version dégorgeant de feeling de "Calling Card", rien que celle-là. Vous m’en donnerez des nouvelles, des mûres et des pas vertes. Par ailleurs, ce témoignage fait naturellement une large place à l’album dont je viens d’évoquer la chanson titre. Soit 6 morceaux ou un peu moins du tiers du programme. Et pour tout dire, je ne suis pas très fan de la prod de ce disque cosignée par Roger GLOVER. En Live, les chansons prennent toute leur dimension, deviennent des standards immédiats, essayez donc "Secret Agent", juste pour voir. Pourtant pas un des titres qui viennent d’emblée à l’esprit s’agissant d’évoquer le répertoire de l’Irlandais, ici transmuté en claque majeure. Au final, on retrouve la puissance du moteur à explosion du groupe, "Bullfrog Blues", un monument en mouvement perpétuel comme le démontre cette autre version que l’on peut prendre plaisir à mettre en perspective avec celle issue du Live In Europe en 1972 puis celle de la partie Live de Notes Francisco captée à la fin de 1979. Les deux sous la forme power trio. Mais que dire alors de celle de "Country Mile" ? Tout comme sur la copie de 1979 (publiée en 2011*) elle file sur les chapeaux de roue, le pied calé à fond sur le planché. En 1979, Un instant Hard Rock, authentique autant que percutant. En 1977, c’était de la Country sous Speed (Metal ?), où LE groupe devient LA Star du show. Alors oui, on entend une vraie ovation du public juste après. Ça, ça ne change pas.

Fin de la partie Spoil, tu peux revenir.

Rory n’est pas mort, la preuve : il éblouit. Et là, un casse-couilles vient te dire que certaines étoiles que tu vois briller dans la nuit ont disparu mais qu’on verra leur lumière encore très longtemps vu que ces étoiles sont si lointaines que, même pas en rêve... Ces débunkers se croient tout permis. Prenez et comparez les chansons communes aux diverses publications gérées désormais par la famille Gallagher, dans laquelle je demande frère Donal (pour les décisions sérieuses) et neveu Daniel (pour le son). On se dit que si les décisions sérieuses sont suivies avec autant de soin que le soin apporté au son des différentes sorties posthumes, Rory peut dormir tranquille. Même que le sorcier à la chemise à carreaux resurgit épisodiquement d’un passé lointain (ici 43 ans, tout de même), et au pire il revient dans une forme éblouissante. Ici avec l’apogée d’un groupe où outre l’insubmersible Gerry McAvoy (basse), s’illustraient Rod De ‘Ath, batteur à la technique atypique et Lou Martin claviériste exceptionnel qui savait ne pas en mettre partout pour mieux surgir. Tous les Live de Rory GALLAHER sont excellents, combien de fois faut-il vous répéter que sa musique prend toute sa dimension in vivo ?! Si Irish Tour publié en 1974 reste une référence solide, c’est aussi qu’une fièvre propre l’accompagne, il est devenu un repaire historique dont une partie du contexte est aussi lié à l’Histoire**. Check Shirt Wizard, raconte autre chose. Avec - aussi - des chansons qui ne figuraient sur aucun des Live déjà existants. Tout comme Live At The Isle Of Wight, considéré comme LE témoin d’une fin en apothéose pour TASTE (qui se savait fini), Check Shirt Wizard témoigne de la fin prochaine d’un Line Up et de son histoire. Pourtant, alors qu’on reçoit ces enregistrements, on se dit que ce qu’on écoute est incroyablement vivace. L'homme portant chemise à carreaux était bien un sorcier du son, son neveu en est probablement un autre, car franchement : toussa aurait pu être enregistré hier. Et si tu me causes encore Étoile morte, je vais te mettre face à tes contradictions, en te passant - non pas ma main au travers de la figure (suis pas un violent) - ce Live à fond les ballons comme il se doit !!! Rory bien qui Rory le dernier. Bon je sors… (enfin)

Reçu 5/5

* Notes From San Francisco
** Rory est venu jouer lors d’une période de troubles conséquents à Belfast, malgré des conditions de sécurité quasi inexistantes. Ce geste a marqué l’opinion, Irish Tour ’74 contient des extraits du concert.

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   LONG JOHN SILVER

 
  N/A



- Rory Gallagher (guitare, chant)
- Gerry Mcavoy (basse)
- Lou Martin (claviers)
- Rod De'ath (batterie)


1. Do You Read Me
2. Moonchild
3. Bought And Sold
4. Calling Card
5. Secret Agent
6. Tattoo'd Lady
7. A Million Miles Away
8. I Take What I Want
9. Walk On Hot Coals
10. Out On The Western Plain
11. Barley & Grape Rag
12. Pistol Slapper Blues
13. Too Much Alcohol
14. Going To My Hometown
15. Egged In Blue
16. Jack-knife Beat
17. Souped-up Ford
18. Bullfrog Blues
19. Used To Be
20. Country Mile



             



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