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- Style : Cream, The Yardbirds

Les VARIATIONS - Moroccan Roll (1974)
Par LONG JOHN SILVER le 26 Octobre 2016          Consultée 1321 fois

En 1973 les VARIATIONS ont posé le pied aux US, ils sont rapidement signés par le label Buddah Records, publient dessus Moroccan Roll l’année suivant la parution de Take It Or Leave It. Viennent se greffer, lors de l’enregistrement, deux musiciens additionnels : le violoniste Maurice Meimoun ainsi que l’organiste Jim Harris. Le groupe a pris de l’ampleur, on lui octroie par ailleurs une certaine liberté, le laissant coproduire les séances en studio. Rapidement les ressentiments entre Joe Lebb et (principalement) Marc Tobaly vont fragiliser l’équilibre fragile qui fait tenir l’ensemble. Au final, Joe Leb est tout de même pas mal absent sur ce troisième opus des frenchies.

Moroccan Roll contient deux parties, bien distinctes. La première, la plus longue, s’étale sur six titres, elle est très rock’n’roll. Le seconde, courte de trois titres, clôture cet album inégal, qui contient toutefois parmi les meilleurs moments des VARIATIONS. Mais laisse un sentiment d’inachevé, presque de gâchis. Dommage parce que le disque est un retour à l’adn du groupe, c’est même probablement son album le plus représentatif. Celui où il ose le plus exposer ses racines nord africaines, aboutissant à un cocktail sonore bien vitaminé, situé quelques part entre les NEW YORK DOLLS et ASIAN DUB FONDATION. Il y’a de l’intensité rock’n’roll, de grosses guitares sur des rythmiques plombées mais dansantes et sinueuses, ornées de thèmes de musique traditionnelle made in Morocco, Introducing : Maurice Meimoun et son violon. En outre, là où Take It Or Leave It lorgnait assez clairement du côté des ROLLING STONES comme du rock US, Moroccan Roll en revient aux racines, celles d’où a émergé le son du groupe : aux WHO et à LED ZEPPELIN, ce qui permet de mieux lâcher le lest sans compter.

C’est Jackie Bitton qui est allé débaucher Maurice Meimoun, un musicien violoniste, compositeur/arrangeur tunisien plutôt porté sur la variété, qu’elle qu’elle soit. Moroccan Roll débute naturellement par son morceau éponyme, c’est Jacky qui chante, son énergie compense une voix frustre, le titre est d’emblée soutenu par un thème qui reproduit la casbah un jour de fête, on jurerait entendre les youyous. Les guitares sonnent rock garage, les chœurs renforcent le côté glam sous jacent, le ton est donné. Maurice Meimoun occupe déjà une part prépondérante sur le rendu, cela se vérifie sur quasiment tout le reste de l’album. Ce qui a pour mérite de personnaliser un peu plus le style des VARIATIONS, de permettre au groupe de supporter les références qui lui collent aux basques. L’instrumental « Kasbah Tadla » installe directement le violoniste au centre de la médina. Les VARIATIONS ne disposaient – certes – pas des moyens de LED ZEPPELIN, là où Page captait l’emphase réverbérée naturellement par les lieux où il enregistrait, les français optent sur ce titre pour un son plus sec et direct, très live, brut. Le morceau n’en demeure pas moins impressionnant, l’alliance de sonorités orientales et de rock garage brandie comme une oriflamme.

« Did It », chantée par Tobaly et Leb, est aussi un modèle d'alliance, la puissance des guitares couplée à une section rythmique toute en groove, font s’alterner instants de furie rock’n’roll et ornementations traditionnelles Magrébines. Meimoun est plus discret sur « Growing Stronger » au break zeppelinien à couper le souffle, en dépit d’un riff connoté Trad, le morceau prend avant tout une allure big rock US, pour finir bien heavy. Quel superbe final, au passage! Impossible de ne pas évoquer les DOORS lorsque retentit « Lord (Get Me Money) », le titre part vraiment bien, lancé par les darboukas et un riff - de nouveau – bien basané. Malheureusement il peine à conserver son unité, pour l’occasion le changement d’ambiance sis en son milieu tombe un peu à plat. En fin de compte, il se pourrait que le titre le plus remarquable de la première partie du disque soit tout de même celui qui est dénué de violoniste. La rythmique de « I Don’t Know Why » est cependant ensorceleuse, comme celles usitées ailleurs, on est happé par le déhanchement du rythme qui doit beaucoup à celui utilisé dans l’expression corporelle des danseurs subméditerranéens. Ce titre, empli de chœurs, où le piano joue un rôle crucial, reproduit l’énergie des WHO, il s’agit là d’un des tous meilleurs des VARIATIONS, celui où sa puissance de feu s’exprime le mieux sur disque.

Malheureusement, passé tous ces bons moments, même si plus ou moins aboutis, il se trouve que Moroccan Roll propose une fin qui l’empêche d’accéder au rang d’album (vraiment) convaincant. Notamment quand on écoute « Sanglots », en avant dernière position. Cet instru est de nouveau une fleur faite à Maurice Meimoun. Ici posée afin de prolonger l’humeur orientale, en mode acoustique cette fois, de manière paisible. Ce filler (à peine masqué) sonne bien kitsch, pas du tout rock’n’roll. Le souci étant qu’il est encadré par deux bluettes de/ et chantée par Jacky Bitton. « Leslie », pour commencer, n’est rien d’autre que de la bonne grosse variété mâtinée de soul pour faire passer la mélasse, rappelons que Jacky Bitton n’est pas vraiment le meilleur chanteur du monde. Heureusement que le solo de Tobaly vient apporter du relief à toussa. Comparée à « Leslie », « All I Want To Know » , en toute fin d’album, ressemblerait presque à un chef d’œuvre. Si ce n’est que ce titre était déjà présent sur Take It Or Leave It, donc on peut se demander pourquoi il est là. La réponse est à trouver du côté de Buddah Records qui a imposé cette song dans la track-list. Il est vrai que l’album est court, qu’après tout figure sur cette ballade la patte Don Nix, qui sonnait très americana. Alors pourquoi ne pas adjoindre à Moroccan Roll ce final (trop) consensuel, où des mandolines rococos prennent le pas sur l’exotisme sud méditerranéen ?

Bien évidemment que Joe Leb planterait (à nouveau) le groupe, dont les (autres) membres avaient pour volonté de s’arrimer durablement en territoire américain, délaissant la France. Il paraît même que le (déjà) vétéran Maurice Meimoun y aurait particulièrement prisé la rock’n’roll way of life. Les VARIATIONS vont donc poursuivre leur route, (à nouveau) privé de leur chanteur originel. Pourtant quelque chose semble bien prendre fin pour de bon avec (et déjà dans) Moroccan Roll, au moment où le groupe est parvenu à maturation. Laissant de côté toute forme de maturité : (mo)rock'n'roll ! Quoi d'autre ?

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   LONG JOHN SILVER

 
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- Joe Lebb (chant)
- Marc Tobaly (guitare, chant)
- Jacky Bitton (batterie, chant)
- Jacques Grande (basse)
- Maurice Meimoun (violon)
- Jim Harris (claviers)


1. Moroccan Roll
2. I Don't Know Why
3. Did It
4. Kasbah Tadla
5. Growing Stronger
6. Lord (get Me Money)
7. Leslie
8. Sanglots
9. All I Wan To Know



             



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