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SUM 41 - 13 Voices (2016)
Par T-RAY le 21 Avril 2017          Consultée 768 fois

2016 fut au Punk Rock de SUM 41 ce que 2000 fut au Heavy Metal d’IRON MAIDEN. Et “13 Voices” est à SUM 41 ce que “Brave New World” fut à IRON MAIDEN. L'occasion d’un retour en force et en nombre, avec une énergie et un songwriting retrouvés. Quoi, vous n'êtes pas d’accord avec moi ? Alors laissez-moi vous dresser quelques similitudes signifiantes.

2000 vit la sortie du premier album de la Vierge de Fer en douze ans avec Adrian Smith, de retour au bercail, faisant passer par là même le quintet en sextet avec trois guitaristes. 2016 vit la parution du premier album des Canadiens en douze ans avec Dave Baksh, de retour à la maison, faisant muer ainsi le quatuor en quintet avec… trois guitaristes. C’est bon, vous suivez ? Et tout comme “Brave New World” pour MAIDEN, “13 Voices” est pour SUM 41 l'opportunité de revenir avec une palanquée de futurs classiques, pleins de fougue et d’une richesse musicale non observée dans leurs propos depuis plus de dix ans.

Revenons un instant sur un élément mentionné ci-dessus. SUM 41 compte désormais trois guitaristes. Trois. Guitaristes. Dont deux lead. Dans un genre musical où la norme est plutôt d’un ou deux gratteux maximum par groupe. Une puissance de feu inédite que les Canadiens parviennent à exploiter parfaitement, avec une extraordinaire efficacité. C’est simple, on n’avait pas entendu SUM 41 aussi riche au niveau guitaristique depuis le “Chuck” de 2004, dernier disque avec Dave Baksh à la lead guitar. Un Baksh qui n’a jamais fait mystère de sa passion du Metal et qui a toujours su en infuser progressivement dans le Punk-Rock du groupe jusqu’à son départ en 2006.

Rappelons d’ailleurs que, pour le fun, le groupe aimait à endosser l’identité du groupe fictif PAIN FOR PLEASURE sur scène, histoire de jouer de temps en temps un Heavy Metal bien 80’s. Aujourd'hui, donc, Dave est revenu et il n’est plus seul au poste de guitariste lead. Tom Thacker, qui avait co-composé le premier single du précédent album et avait définitivement rejoint le groupe peu après, est resté à son retour. Tout comme Jannick Gers était resté au sein d’IRON MAIDEN au retour d’Adrian Smith. Désormais à cinq, SUM 41 a tourné le dos à la formation power trio et ne s’en remet plus seulement aux power chords. Et grand bien leur en a pris. Car, bon dieu, que cet album est puissant ! Que cet album est… Heavy !

Passé l’introductif “A Murder Of Crows”, qui n’augure rien de ce qui va se passer, avec ses violons en fond sonore, “Goddamn I’m Dead Again” déboule comme une furie et annonce clairement la couleur. Un titre hyper rentre-dedans, mi-Punk, mi-Metal, qui donne une idée claire de l’épaisseur qu’offre cette formation à cinq à la musique du groupe. Cette basse qui cavale ! Et cette batterie de l’autre petit nouveau, Frank Zummo ! Du costaud, riche d’influences extérieures au Punk. Et ces guitares bien râpeuses ! Et ces soli tout à fait Metal ! My god, que le revamping du groupe fait du bien ! Une vraie bouffée de fraîcheur que ce “Goddamn I’m Dead Again”, encore revigoré par ces twin guitars de Dave et Tom en fin de morceau. Tout bonnement énorme, pour du SUM 41 ! Le duo de bretteurs offre un véritable boost de Heavy Metal avec ces guitares jouées en harmonie, rappelant l’air du final de “Hotel California” ! Du tout, tout bon !

Les quatre titres suivants sont du même tonneau, mélangeant allègrement les plans d’influence Punk et ceux d’inspiration Heavy. “Fake My Own Death” est également hyper rythmé, avec une basse qui claque et des grattes qui ont l’envie d’en découdre. Ce n'est d’ailleurs pas un palm muting Punk qu'emploient ici les gratteux, mais un palm muting presque Speed Metal, tant il est véloce. L’inamovible Deryck Whibley, compositeur de la totalité des titres et qui s'emploie également à la guitare rythmique, est surtout en très grande forme au micro. Et plante un refrain agressif comme il se doit, avec de bons screams punky bien placés. Même si “Breaking The Chain” se veut plus radio friendly, plus Rock moderne que Punk, avec les chœurs qui vont bien, son côté calibré et son refrain plein d’écho ne font que cacher l’agressivité du titre, sur lequel Dave et Tom déboulent à nouveau avec leurs guitares fort Hard et de nouveaux plans de twin guitars très Heavy.

Même quand SUM 41 reprend un élan franchement Punk, comme sur “There Will Be Blood” –peut-être le morceau le plus classiquement Punk du disque– les sonorités Metal ne sont pas loin. Avec ses “oohoo” en choeur, le côté Pop-Punk du morceau n’aurait pas été renié par le GREEN DAY de ces quinze dernières années. Mais Dave Baksh et Tom Thacker resurgissent pour nous remettre un coup de gratte bien Heavy. Et le morceau-titre, “13 Voices” est musclé comme un titre de Metal Fusion, grosse basse funky en avant puis cavalcade de guitares pleines d'influences NWOBHM. Ce n'est qu’une fois la voix posée que le morceau redevient Punk, avec l’urgence inhérente au genre. Et à ce stade, SUM 41 ne s'est toujours pas reposé.

Le temps du repos, comme un contrepied, n’arrive que sur “War”. Qui apparaît comme le seul morceau putassier de l'album. Mais même dans cet hymne fait pour les radios US, avec la voix de Deryck pour mener le tout et ce refrain hyper radiophonique, SUM 41 réussit à nous emporter. Oui, c’est Pop-Rock plus que Punk-Rock mais ça fonctionne totalement. Le groupe en profite pour calmer sa fureur Heavy Metal et se recentrer sur les basiques. Un “God Save Us All (Death To Pop)” au titre un brin sarcastique voit réapparaître pour de bon des guitares dans le plus pur style Pop-Punk, qu’un THE OFFSPRING n’aurait pas renié. Avec ses paroles bien dans l’esprit de rébellion adolescente, le refrain a tout pour plaire au plus grand nombre et cartonner dans les summer parties lycéennes.

Le tournant radio friendly est définitivement pris sur ces trois morceaux mais dans un dérapage contrôlé. Car la toute fin du disque, bien que différente de sa première moitié, s’avère tout aussi efficace. “The Fall And The Rise”, qui commence avec un beat Hip-Hop et des vocaux rappés, n’oublie pas d’accompagner son gros refrain de guitares punky. Et ce titre a tout ce qu’il faut pour convaincre les chaînes musicales. Quant à “Twisted By Design”, qui débute sur des guitares palm muted et la voix de Deryck, accompagnées par une mélodie électro, c’est le calme avant la tempête. Son refrain, amené par des guitares lourdes et rageuses, alterne avec des couplets qui calment la donne. De quoi, là encore, séduire les radios sans problème. Et un bon titre pour parachever le retour triomphal de SUM 41.

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- Deryck Whibley (chant, guitare rythmique, claviers)
- Dave Baksh (guitare lead, chœurs)
- Tom Thacker (guitares, claviers, chœurs)
- Jason Mccaslin (basse, chœurs)
- Frank Zummo (batterie, percussions, chœurs)


1. A Murder Of Crows
2. Goddamn I'm Dead Again
3. Fake My Own Death
4. Breaking The Chain
5. There Will Be Blood
6. 13 Voices
7. War
8. God Save Us All (death To Pop)
9. The Fall And The Rise
10. Twisted By Design



             



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