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- Style : Terence Trent D'arby

Sam COOKE - Mr. Soul (1963)
Par LE KINGBEE le 19 Juin 2017          Consultée 258 fois

Nous sommes maintenant en 1963 et « Mr. Soul » apparaît dans les bacs des disquaires en février. Il s’agit là du 14ème album (le 8ème pour la firme RCA) de Sam Cooke. On ne peut dire que la RCA se soit beaucoup creusé le bonichon pour trouver un tel intitulé, mais ce titre simple portant le sobriquet du chanteur a le mérite d’être clair.
Ce disque de 12 titres provient en fait de 5 sessions ayant eu lieu entre le 23 août et le 16 décembre 1962 dans les studios de la RCA sur Sunset Boulevard à Hollywood. Toujours produit par les inoxydables Hugo Peretti et Luigi Creatore qui évoluent et produisent maintenant sous le nom de Hugo et Luigi. Cela sonne ambiance copain, alors que le but du staff RCA est bien de faire du fric jusqu’à plus soif, de presser le citron. En à peine trois ans de temps, le chanteur aura enregistré huit disques auxquels il faut ajouter trois EP et une quinzaine de singles. Tourné vers la Pop et une Soul sentimentale et proprette, Sam Cooke est devenu une véritable pompe à fric pour la RCA qui n’arrête pas de faire marcher les turbines. Plus ça tourne et plus ça rapporte.

Cette fois ci, les deux cousins italo new-yorkais ont placé le chanteur dans les mains d’Horace Ott, un jeune chef d’orchestre qui vient de composer quelques mièvreries pour Gladys Knight et Louis Prima mais qui deviendra quelques mois plus tard l’arrangeur du formidable « Just One Look » de Doris Troy. Hormis le guitariste Clifton White, fidèle sideman du chanteur, le batteur Earl Palmer (ex Little Richard, Jimmy Witherspoon, Larry Williams) et le bassiste jazzy Red Callender (ex Johnny Hodges, Plas Johnson, BB King) on retrouve un paquet d’accompagnateurs se succédant au gré des séances, selon les disponibilités de chacun.
Preuve que la RCA a pour but d’engranger plutôt que de laisser libre cours au talent de compositeur du chanteur, la face A (6 titres) ne propose que des reprises. Cocorico, c’est l’adaptation de « Que Reste-il de nos amours ? » qui ouvre les débats sous le nom de « I Wish You Love ». Grand classique de Charles Trenet écrit avant guerre, la chanson a été accommodée à toutes les sauces anglophones et françaises (Jazz, Bossa Nova, musique d’ambiance, Soul). Adapté par Albert Beach, ce standard a connu dès le milieu des années 50 de multiples essais (Keely Smith, Dean Martin, Nancy Wilson et Caterina Valente, sans oublier la version de Duke Ellington). Si la voix de Cooke est remarquable et bien placée sous les volutes du piano d’Al Pellegrini, avouons qu’il y avait probablement mieux comme entrée en matière. Chez RCA, quand on croit tenir une formule gagnante, on s’y cantonne fermement. On reste donc dans la même lignée avec « Willow Weep For Me », une ballade des années 30 d’Ann Ronell popularisée par toutes (ou presque) les stars du Jazz vocal des années 50. Seule nouveauté, Horace Ott décide d’y ajouter un passage de flûte. Alors encore une fois, le chant est impeccable mais il n’y a tout de même pas de quoi sauter au plafond. La version de Lou Rawls pour Capitol nous paraît supérieure en intensité et force dramatique.

Au risque de se répéter, le concept de cette face va se répéter tout du long avec le recyclage d’anciens titres. « Chains Of Love », une ballade composée par Ahmet Ertegun (patron du label Atlantic) sous le pseudo A Nugetre, a elle aussi connu de multiples versions (Joe Turner, Earl Bostic, BB King ou Brook Benton). Si la présente interprétation se révèle bien meilleure que celle de Pat Boone, elle ne révolutionne en rien le genre. Horace Ott modernise (il ne pouvait en être autrement) « Smoke Rings », une ballade de Ned Washington parolier du Pinocchio de Disney et du standard « Rawhide ». Du neuf avec du vieux ! Même principe avec « All The Way », popularisé dès 1957 par Sinatra. Malgré la qualité du chant, on en viendrait presque à préférer la récente version de Ben l’Oncle Soul. Coïncidence, c’est encore un titre de 57 qui vient clore la face avec « Send Me Some Lovin’ » mis en boîte par Little Richard, les Crickets ou Brenda Lee. Le chant est encore une fois sans faille et semble auréolé par la présence de chœurs féminins, mais on ne pourra s’empêcher de préférer la version d’Otis Redding réalisée en hommage à Sam Cooke.

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   LE KINGBEE

 
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- Sam Cooke (chant)
- Clifton White (guitare)
- Bill Pittman (guitare 10)
- Tommy Tedesco (guitare 6)
- Earl Palmer (batterie 1-2-3-4-5-7-8-9-10-11-12)
- Sharky Hall (batterie 6)
- Ron Rich (percussions 10)
- Red Calener (basse 1-2-3-4-5-7-8-9-11-12)
- Clifford Hill (basse 6)
- Ray Pahlman (basse 10)
- Ernie Freeman (piano 2-3-4-5-7-8-11-12)
- Al Pellegrini (piano 1-9)
- Ray Johnson (piano 6)
- Edward Beal (piano 10)
- Nathan Griffin (orgue 10)


1. I Wish You Love.
2. Willow Weep For Me.
3. Chains Of Love.
4. Smoke Rings.
5. All The Way.
6. Send Me Some Lovin'.
7. Cry Me A River.
8. Driftin' Blues.
9. For Sentimental Reasons.
10. Nothing Can Change This Love.
11. Little Girl.
12. These Foolish Things.



             



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