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- Style : Terence Trent D'arby

Sam COOKE - Live At The Harlem Square Club 1963 (1985)
Par LE KINGBEE le 1er Septembre 2017          Consultée 636 fois

Parmi les nombreuses citations dédiées au chanteur, on retrouve la suivante : « L’homme qui inventa la Soul pratiquement à lui seul ». Si cette affirmation parait aujourd’hui quelque peu exagérée, il n’en n’empêche pas moins que le chanteur figure encore parmi l’un des trois maillons essentiels à l’explosion du registre. Nous sommes en 1962 et les dirigeants de RCA-Victor pensent qu’il est temps pour leur chanteur vedette de se lancer dans un disque Live, chose rare à l’époque pour les vedettes noires de Soul. Le 12 janvier 1963, Sam Cooke se produit au Harlem Square Club de Miami, l’une des salles principales de la ville avec le Knightbeat et le Mary Elizabeth Lounge. Située à Overtown dans le quartier noir, au nord du centre ville et à l’Ouest de la gare centrale, la salle est pleine à craquer pour la venue du chanteur. Il faut dire que le chanteur est à cette époque à l’apogée de sa carrière, pour le public noir et de nouveaux adeptes blancs, Cooke est en passe de devenir une icône.

Ambiance surchauffée, salle comble et délirante pour un chanteur qui va se montrer beaucoup moins lisse que sur ces dernières productions RCA. Si Cooke a toujours été considéré comme un excellent homme d’affaire, l’homme a changé, il se rend compte que les tensions raciales minent l’Amérique, mais c’est avec joie que le chanteur se rend à Miami. Le résultat est palpable dès son apparition. Si Sam Cooke est épaulé par son fidèle guitariste Clifton White, c’est un nouvel orchestre qui intervient pour seconder le chanteur, celui de King Curtis. Ce changement à lui seul permet de transfigurer le répertoire et la joie manifeste du chanteur.

On est donc dans une salle chauffée à bloc quand le groupe débute par un instrumental, avant qu’un chauffeur de salle n’intervienne pour faire monter la pression et présenter la vedette. Compositeur prolifique et chanteur angélique, Sam Cooke révèle lors de ce concert d’autres aspects de sa personnalité. Lors de ce show, Cooke ne reprend que ses chansons, hormis un meddley dans lequel il incorpore « For Sentimental Reasons », une romance de Pat Best popularisée par Ella Fitzgerald que le chanteur reprenait déjà sur un single Keen depuis des lustres. C’est donc à un répertoire personnel que nous convie le chanteur.

« Feel It (Don’t Fight It) » lance le concert sur de bons rails dans une ambiance à la Sam & Dave. Cooke reprend l’un de ses grands succès « Chain Gang », un ancien numéro 2 du Hot 100 durant l’été 60. Le public semble communier avec le chanteur, reprenant les refrains du hit. Il adoucit la sauce avec « Cupid » mais le morceau semble comme transfiguré via les interventions de l’orchestre de King Curtis, rien à voir avec les futures reprises des Supremes ou de Johnny Rivers. Dernier titre de cette face A avec le meddley « It’s All Right/ For Sentimental Reasons » dans lequel Cooke implique le public en phase avec l’idole.

En 1963, le Twist est toujours la mode et le chanteur délivre une version dynamique de l’intemporel « Twistin’ The Night Away » avec passage de saxophones survoltés. Même impression avec « Somebody Have Mercy » qui perd ici toute réminiscence de ballade et un chanteur qui semble métamorphosé. Le falsetto de guitare en intro sur « Bring It On Home To Me » permet de placer le chanteur sur orbite dans une veine proche de certains prêches évangéliques avant que le titre ne retombe au bout d’une minute dans une veine Soul tirée du meilleur tonneau. L’orchestration le groove de l’orchestre alliés au timbre de Cooke et au rythme imprimé contribuent à transformer « Nothing Can Change This Love », une romance sentimentale se classant à la seconde place des charts R&B en septembre 62, en un morceau gorgé d’émotion et de feeling. Depuis le mois de mai précédent, Sam avait pour habitude de terminer ses shows avec « Having A Party », titre enregistré avec près d’une vingtaine de musiciens et autant d’invités et face A du hit « Bring It On Home To Me ».

Ce disque peut être considéré comme l’une des meilleures productions Live de Soul Music. A ranger dans un tiroir de références au même titre que « Live At The Appolo 1962 » (James Brown), « Aretha Franklin At The Fillmore », « Donny Hathaway Live ! », « Live In Japan » (Wilson Pickett), « Live P Funk Earth Tour » (Parliament), « Let Me Down Easy » (Bettye LaVette) ou le tardif « Live At The Whisky A Go Go » d’Otis Redding publié en 2016.*

Le lien avec l’album Live d’Otis Redding cité ci dessus (ce double Live édité en 2016 provenait de plusieurs shows datant de 1966) n’est pas anodin. Il aura fallu attendre 22 ans pour que la RCA se décide à publier ce qui sera chronologiquement parlant le premier disque public du chanteur. La firme estimait alors que ce concert ne correspondait que trop peu à l’image proprette que la RCA voulait dessiner, alors que le chanteur se révèle plus brut, plus explosif par rapport aux séances studio. Il faudra toute la volonté de Gregg Geller pour que ces bandes soient enfin publiées après avoir passé plus de deux décennies à prendre la poussière sur une étagère d’archives de la RCA.


* Ces titres apparaissent par ordre de publications chronologiques et ne sont cités que pour mémoire. Cette liste de Live est issue d’un choix spontané que j’espère sincère. Mais certains lecteurs trouveront probablement dans cette liste quelques oublis. Toujours est-il qu’aujourd’hui, ce Live de 1963 me parait supérieur au « Live At The Copa » publié par la RCA en 1964, disque qui donnait un reflet beaucoup plus Pop de Sam Cooke.

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   LE KINGBEE

 
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- Sam Cooke (chant)
- Clifton White (guitare)
- Cornell Dupree (guitare)
- Jimmy Lewis (basse)
- Al Gardner (batterie)
- George Stubbs (piano)
- King Curtis (saxophone)
- Tate Hosuton (saxophone)


1. Soul Twist/introduction.
2. Feel It (don't Fight It).
3. Chain Gang.
4. Cupid.
5. It's All Right/for Sentimental Reasons (medley).
6. Twistin' The Night Away.
7. Somebody Have Mercy.
8. Bring It On Home To Me.
9. Nothing Can Change This Love.
10. Having A Party.



             



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