Recherche avancée       Liste groupes



      
VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 



Nolwenn LEROY - Gemme (2017)
Par MARCO STIVELL le 26 Septembre 2017          Consultée 1561 fois

Fatigué, c'est le mot qui vient en tête à l'écoute du dernier Nolwenn LEROY, la réécoute et plus si manque d'affinité. Quinze ans après le début de sa carrière post-Star Academy, trois après la fin de la période "fille de l'eau", Gemme, son sixième disque, lui fait tenter un retour plutôt timide, laborieux, fatigué comme un succès qui se tasse.

L'album, produit par Jamie Ellis (ADELE, FLORENCE & THE MACHINE), donne d'emblée l'impression d'un nouveau produit trop poli, au sens de lisse, propret. La photo de la pochette, moins choquante que celle d'Ô Filles de l'Eau, nous fait croire à une exploitation supplémentaire de Nolwenn LEROY, la jolie jeune femme transformée en modèle à qui on demande d'attirer les foules, plutôt qu'à son talent musical, indéniable pour qui connait sa période 2005-2009.

La période bretonne/celte semble elle aussi appartenir au passé, pour le moment, même s'il y a quelques restes dans les mélodies, les rythmes et les textes qui font appel à l'imagination et au goût pour l'exotisme féerique, un peu du moins. Gemme est l'album d'une artiste populaire qui doit se forcer à grandir, à délaisser petit à petit l'enfance et les rêves, d'aucun diront les chimères, pour adopter un réalisme qui va de pair avec l'évolution de la société, l'idée que la Terre doit rendre la monnaie de sa pièce à l'humain et que celui-ci doit changer d'attitude, de résidence peut-être.

Bref, si l'écoute de "Stephen", hommage à Hawking, ne vous donne pas le cafard, c'est que vous êtes en plein dedans. Attention, je ne conteste pas le message, plutôt cette propension des artistes à adopter le même discours que celui dont on s'abreuve quotidiennement, quand leur rôle est, à la base, de nous proposer autre chose, non pas du futile, simplement autre chose. Surtout, éviter que cela déteigne sur les qualités d'interprètes etc. Et à l'écoute de "Combat Pour la Paix", plus en lien avec l'actualité sociale, religieuse etc, c'est le même sentiment négatif qui revient.

Gemme contient de ces textes bavards, qui veulent faire passer un discours qui sait qu'il va fédérer, comme en politique. Sans mépris, on peut constater tristement que c'est une lubie française, et qu'ici ressort cette accointance avec ce que veulent les médias d'info actuels et les gens qui leur permettent de s'enrichir. Les autres se rattraperont peut-être avec "Gemme", la chanson, "Bien Plus Précieux", "L'Ankou" (le spectre de la mort en breton) et les trois morceaux en anglais.

Pierres précieuses, chants de marins sur "Bien Plus Précieux", imaginaire et mots doux s'entremêlent, dans ce qui pourrait donner un résultat excellent s'il était chanté par quelqu'un d'autre, ou réalisé autrement. Sincèrement, la voix de Nolwenn LEROY sur une production aussi léchée, taillée pour les masses même dans les moments les plus folk, ça manque tellement de naturel, d'accroche, en paradoxe total avec l'intention voulue. C'était déjà le cas avant, et il n'y a, une fois encore qu'à mesurer le décalage avec Le Cheshire Cat et Moi (2009) par exemple, quand la jeune femme avait une image bien plus seyante pour son talent, mais beaucoup moins commerciale.

Dommage que les mélodies, pourtant jolies la plupart du temps, notamment sur "The Lake", "A Dream" et "Run It Down", avec ses claviers célestes et ses montées dramatiques, soient servies par un chant qui les dénature, sauf, à la rigueur quand il monte en falsetto dans les aigües. On préfèrerait que ce disque soit totalement instrumental, en plus ça nous dispenserait des textes. Il y a un beau début ambiant pour "Bien Plus Précieux", un refrain et des 12 cordes sympas sur "L'Ankou", durant lequel, je vous le donne en mille, les rimes sont en "ou".

Le reste du temps, Nolwenn LEROY redevient une simili Céline DION, il y avait longtemps. "Ce Que Je Suis", malgré le piano et l'atmosphère feutrée, est assez éprouvant dans son domaine mystique : "Je suis masse, je suis poids, je suis splendeur, je suis le tout, je suis le rien de toute éternité". Même chose sur "Pourtant". Il y a bien quelques éléments surprenants dans les constructions des deux derniers titres, des mélodies bien écrites, un "The Lake" plus irlandais, mais honnêtement, cette pierre polie version musicale n'a guère plus d'attrait.

A lire aussi en VARIETE FRANCAISE par MARCO STIVELL :


Jeanne CHERHAL
L'an 40 (2019)
Retour de la dame et haute qualité.




SHEILA
Écoute Ce Disque (1964)
Sheila époque après le lycée


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



Non disponible


1. Gemme
2. Bien Plus Précieux
3. L'ankou
4. The Lake
5. Combat Pour La Paix
6. Ce Que Je Suis
7. Trace Ton Chemin
8. A Dream
9. Pourtant
10. Run It Down
11. Stephen



             



1999 - 2019 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod