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VARIETE FRANCAISE  |  DVD

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Nolwenn LEROY - Histoires Naturelles Tour (dvd) (2006)
Par BAKER le 23 Février 2018          Consultée 501 fois

Les contes de fées finissent mal en général. Cendrillon devient bouffie et sa pantoufle de vair ne lui va plus parce que le tabac et l'alcool la font chausser du 53. La Belle au Bois Dormant se fait jeter par le Prince quand elle revendique son patronyme en restant toute la journée affalée sur le canapé à regarder Dechavanne. Blanche-Neige ayant aidé les sept nains au sortir de la mine, elle fut jugée pour corruption et débauche de mineurs. Et ne parlons pas du petit Poucet qui, après avoir fait brûler la sorcière, ouvrit un kebab "Aux petits cailloux" boulevard Sébastopol. Aussi, qui aurait parié qu'un jour Nolwenn LEROY, gagnante de cette émission de télé-réalité-crochet appelée "Star Academy", finirait par sortir un DVD, un bon, un vraiment bon ? Peu de gens... mais pas personne. Car lors de son passage, il était indéniable que cette fille avait quelque chose d'autre, de différent de ce qui sortira plus tard en masse par packs de 12. D'autres candidats avaient du talent, bien sûr, mais elle a en plus réussi à gagner. Gagner, la belle affaire, pas de quoi se vanter, limite à cacher dans son C.V. Mais gagner signifie aussi sortir un disque, débuter sa carrière. La continuer est une autre paire de manches, mais voici qu'avec ce live à l'Olympia, la belle nous prouve qu'elle en avait sous le capot. Continuer sa carrière ? Oui, un second album avec VOULZY, plus pop, plus profond, plus cohérent que son premier disque, et maintenant cet excellent live qui vient asseoir sa réputation.

Excellent live ? Nolwenn ? Vous ne rêvez pas. Qu'est-ce qui fait un bon DVD live, outre une belle image et un beau son ? De bons musiciens, doués, de bonnes chansons, une bonne fluidité entre icelles, un public réceptif, chahuteur mais pas bête, et un minimum d'importance artistique dans la carrière de l'artiste. Tournez et retournez le disque dans tous les sens : c'est bien ce que vous trouverez ici. Artistique ? Bonnes chansons ? Musiciens ? Vous voulez dire... comme quand ça joue de la musique ? Par quel étrange phénomène ? On pourra prendre le problème par tous les bouts, la seule explication valable est celle-ci : à la Star Ac, et dans tous ces télécrochets - allons même plus loin : dans tout ce qui est sorti en France depuis 15 ans, on trouve des chanteurs. Des chanteuses. Des brailleurs, des brailleuses, des conteurs, des conteuses. Nolwenn, elle, est musicienne. Et ça fait toute la différence. Nolwenn joue de la flûte. Nolwenn joue du piano, bien. Pire, Nolwenn apprivoise ce bestiau infernal qu'est le violon. Nolwenn ne fait pas que chanter et gémir des notes hautes avec un joli vibrato histoire de captiver la ménagère TF1 : elle comprend les mélodies, les harmonies, l'essence de la musique. Là voilà, la différence.

Autour d'elle, il n'y a pas de manchots non plus. Tous en réalité sont multi-instrumentistes, même - c'est rare - la section rythmique. Cela fait donc six zicos multipliés par deux ou trois, et autant de choristes. Le tout crée une véritable unité de groupe, comme chez des GOLDMAN ou des CABREL, soit des pointures qui - comme par hasard - sont généralement plus appréciées par les fans de rock ou de pop internationale. Leur mission durant le concert : adapter de nombreux extraits des deux albums de la donzelle, plus des reprises, avec assez de fidélité pour ne pas choquer toujours cette maudite ménagère... mais aussi assez de peps et de brillance pour rester fidèle aux souhaits de l'artiste. Il y a donc recours à des bandes, parfois même un peu trop, et on sent les musiciens un poil retenus, mais le tout fait preuve d'une très belle cohérence. Les titres du premier album sont un peu plus musclés, tandis que les arrangements aériens du second sont exécutés avec une magnifique précision, certains titres comme "Histoire Naturelle" en étant presque perfectionnés !

On peut alors se rendre compte que, malgré des menues baisses ici ou là, Nolwenn s'est déjà constitué un répertoire plus qu'honorable. Preuve en est ce "Cassé", magnifique hommage à Brice de Nice, qui s'avère (superbe solo final mis à part) l'un des titres les plus faibles du DVD... alors même qu'il s'agissait déjà à l'époque d'un des meilleurs titres français "grand public" de son année. C'est dire le niveau, mais jeune artiste oblige, ce sont surtout les reprises qui s'avèrent cruciales... et tuantes. Outre une reprise de Leon RUSSELL, divine surprise, où Leroy se montre Lareyne du blues - et étant la seule chanteuse française à pouvoir chanter en anglais sans être ridicule - on notera aussi une revisite épurée, très sensible, de Cyndi LAUPER. On rajoute deux invités masculins balançant les voix et tâtant de l'acoustique avec justesse, histoire de bien montrer qu'on est à un concert, pas à une exhibition nombriliste : encore un bon point.

Et puis la baffe magistrale, le grand moment de ce DVD : inattendue, presqu'incroyable, et source immédiate de craintes... "Running Up That Hill" de l'immense, de l'intouchable Kate BUSH. Et là, plus question de tricher, d'utiliser des bandes ou autres ! Sans se laisser démonter, Nolwenn et ses musiciens ont bien compris qu'ils ne pouvaient pas la refaire à l'identique sans une batterie de Fairlights sur scène : ce chef-d'oeuvre a donc été remodelé, un peu plus hard rock, un peu plus tribal et avec quelques réarrangements surprenants... et ça tue sa race. Comme ça, sans sourciller, une gamine française venue de la Star Ac se permet l'impermissible, avec un aplomb stupéfiant, et gagne haut la main. On avait déjà trouvé que la pochette de l'album "Histoires Naturelles" était très "Bushienne" dans son essence, et bien voilà... Si on voulait pinailler, on regretterait juste que la douce brunette déclare avoir entendu ce titre dans le ventre de sa mère - à moins que l'accouchement n'ait duré trois ans... Mais c'est pinailler. C'est du détail d'acarien.

Les autres éléments du DVD n'iront pas à contre-courant de l'excellence de l'ensemble. L'image est souvent prisonnière de pans de lumière trop monochromes, et le montage se focalise comme toujours un peu trop sur la chanteuse (même si les garçons n'y perdront pas au change), mais l'ensemble est harmonieux. Le son est parfaitement propre en stéréo, et le DTS, un peu trop gonflé aux hormones sur les bases (c'est Nolwenn LEROY les mecs, c'est quand même pas MESHUGGAH !), se permet de spatialiser la réverb au maximum, du 5.1 TF1 Vidéo quoi : pas précis, pas artistiquement bouleversant, mais parfaitement fonctionnel. Les bonus sont trois clips, très léchés (images absolument magnifiques), et un road-movie un peu meilleur que la moyenne, pas assez de répétitions mais beaucoup de bonne humeur, de pragmatisme, et une Nolwenn qui semble beaucoup plus sympathique qu'avant, avec un professionnalisme qui fait plaisir et un solide humour sarcastique (oserais-je l'inviter à dîner pour profiter de ses anecdotes croustillantes ? je vais me gêner, l'appel est lancé). Rien donc qui aille contre le plaisir du spectateur, rien surtout qui laisse entrevoir une seule seconde une opération marketing. Et si c'en était une ? On s'en ficherait comme de notre première culotte : on découvre ici une vraie artiste, certes encore un peu verte, au potentiel pas encore lâché, et qui délivre déjà un live digne des plus grands. Début de carrière prometteur ? Que oui, et même si la roue tournait, ce qui resterait son unique testament live serait un objet dont elle (et ses cinq partenaires) pourrait rester fière jusqu'à la fin de ses jours. Et croyez-le ou pas, mais on connaît d'autres artistes, et non des moindres, qui pourraient ne pas en dire autant.


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Fiche technique

Editeur : TF1 Vidéo
Date : Octobre 2006 - L'Olympia (Paris)
Image : 1.77 16/9 PAL
Son : PCM 2.0 + DD 5.1 + DTS 5.1
Durée totale : 140 minutes
Bonus :
- Road movie : La tournée des curiosités (24 min)
- Clips de Mon ange, Nolwenn Owho et Histoire naturelle (11 min format respecté)

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- Nolwenn Leroy (chant, claviers)
- Frédéric Renaudin (claviers, flûte, saxophone, hautbois, percussion, )
- Thomas Coeuriot (guitare, harpe, choeurs)
- Eric Lafont (guitare, claviers, batterie, percussion, choeurs)
- Laurent Cokelaere (basse, guitare, choeurs)
- Frédéric Jacquemin (batterie, percussions, basse)
- Teitur (chant, oeurs)
- Laurent Voulzy (chant, choeurs)


1. Mélusine
2. Histoire Naturelle
3. Mystère
4. Rien De Mieux Au Monde
5. Mon Ange
6. L'enfant Cerf-volant
7. Running Up That Hill
8. Les Chimères
9. Le Rêve Des Filles
10. 14 Février
11. One And Only
12. Time After Time
13. Une Femme Cachée
14. Suivre Une étoile
15. Reste Encore
16. J'aimais Tant L'aimer
17. A Song For You
18. Cassé
19. Nolwenn Ohwo
20. Endormie



             



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