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TOYAH - Desire (1987)
Par ARP2600 le 7 Octobre 2017          Consultée 92 fois

La fin de l'année 1985 a clairement été le grand tournant de la vie de Toyah Willcox. Il y a parfois des unions étranges, paraissant illogiques au premier abord, et pourtant très solides. Ainsi, quand Robert Fripp l'a invitée à réciter un texte pour un de ses projets avec les « crafty guitarists » (1), pouvait-elle se douter qu'ils se marieraient quelques mois plus tard ? Et pourtant une semaine à travailler ensemble a suffi pour qu'ils comprennent qu'il se passait quelque chose de très sérieux.

Leur histoire est très belle, ils vivent toujours ensemble aux dernières nouvelles. Ce qui a été difficile pour eux (et surtout pour elle) était plutôt au niveau de l'opinion publique. Ceux qui ont lu mes chroniques se demandent peut-être toujours qui est cette TOYAH, et pourtant elle était apparemment très connue en Angleterre dans les années 80. Nettement plus que Fripp en fait, ce qui a d'ailleurs un peu intimidé celui-ci (selon leurs dires à tous les deux). D'autre part, l'intelligence et le sens artistique de TOYAH ont été beaucoup sous-estimés... comment pouvait-on considérer une personne qui avait écrit des textes comme ceux de ses quatre premiers albums comme une star superficielle ? Je ne vois que la mémoire courte comme seule explication, Minx étant ce qu'il est. En attendant, entre les mauvaises langues qui ont dit qu'un couple aussi mal assorti ne tiendrait pas un an et leurs managers communs qui ne la prenaient pas au sérieux, TOYAH a beaucoup souffert.

C'est dans ce contexte qu'a été conçu l'album suivant, Desire. Publié sur le label habituel de Fripp, E.G., celui-ci est nettement plus cohérent et montre une bien plus forte personnalité que Minx. Pour autant, la chanteuse n'a pas eu totalement carte blanche. Si la reprise d' « Echo Beach », une chanson new wave de MARTHA and the MUFFINS semble normale, l'artiste l'ayant d'ailleurs souvent interprétée en concert, l'autre est une nouvelle aberration, comme quoi les commerciaux sont bien tous les mêmes, allez... Elle a très mal pris d'être obligée de se farcir « Love's unkind » de Donna SUMMER et Giorgio MORODER, sous peine paraît-il de ne pas sortir l'album du tout. Du grand n'importe quoi, on imagine l'ambiance.

Les neuf autres chansons sont coécrites par TOYAH et quelques-uns de ses collaborateurs habituels, Fripp participant même à la composition de la chanson-titre. On entend par ailleurs sa guitare caractéristique tout au long de l'album, et il semble que Ron Wood des Rolling Stones ait également été de la partie. On se retrouve donc avec quelque chose de crédible a défaut d'être génial. Il s'agit de new wave tardive, un tel style étant sans doute déjà un peu démodé en 1987. On peut également comparer certains passages, comme « The View » par exemple, à ce qu'a fait YES sur Big Generator.

La première face est nettement la plus intéressante. La reprise d' « Echo Beach » est correcte et les quatre chansons suivantes accrocheuses et bien fichues. « Moonlight Dancing », cocomposé par Joel Bogen, rappelle logiquement l'époque du groupe, Fripp est évident sur « Revive the world », et on appréciera l'ambiance lente et mystérieuse de « Moon Migration », qui marque la fin de ses rêveries spatiales. L'autre moitié est malheureusement plus pauvre, on pourra surtout en retenir « Goodbye baby » et « Desire », voire « When a woman cries ». Au total, un album honnête, proche en qualité de Love is the law, mais manquant juste de la dynamique du vieux groupe pour l'égaler.

Sur cet album, TOYAH aura voulu exprimer un mélange entre le bonheur de son mariage et des thèmes plus engagés, mais cela n'a pas suffi pour se faire respecter. Il est curieux de constater que le couple aura peu collaboré, cet album étant un des trois ou quatre seuls de l'un ou de l'autre où c'est le cas. Ils ont vécu leur carrière chacun de leur côté, même s'ils ont partagé certains collaborateurs. Une manière pour TOYAH d'exister, de prouver qu'elle était une artiste à part entière, aimant son mari mais n'étant absolument pas sa chose. Un propos qu'elle exprimera clairement l'année suivante sur une œuvre étrange, cette fois loin de la new wave ou de la pop commerciale, et qui ne peut que diviser.

Note : 2,5/5

(1) Ce qui a donné The Lady or the Tiger, un disque plutôt raté, mais là n'est pas la question.

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1. Echo Beach
2. Moonlight Dancing
3. Revive The World
4. The View
5. Moon Migration
6. Love's Unkind
7. Dear Diary
8. Deadly As A Woman
9. Goodbye Baby
10. When A Woman Cries
11. Desire



             



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