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- Style : Sam & Dave, Al Green , Aretha Franklin , Sam Cooke , Wilson Pickett
- Style + Membre : Isaac Hayes , Booker T. Jones , Carla Thomas , Booker T. & The Mg's

Otis REDDING - Live In Europe (1967)
Par LE KINGBEE le 8 Octobre 2017          Consultée 1193 fois

Sixième album et premier Live pour ce géant de la Soul, « Live In Europe » dispose également d’une autre particularité : il s’agit de l’unique disque en public que le chanteur verra de son vivant.
Ce Live provient d’un concert capté à l’Olympia le 21 mars 1967. A la fin de l’année, Otis REDDING passe l’arme à gauche, son avion personnel se scratchant dans un lac gelé du Wisconsin.
En aparté, il convient de rappeler que dès 1966, le natif de Géorgie était parvenu à décrocher ses galons de chanteur de l’année auprès du public hexagonal, un public pourtant souvent à la traîne par rapport aux Anglo-Saxons.

L’engouement de la venue du chanteur est clairement perceptible dès les premières notes d’un show remarquablement rôdé et millimétré comme une pièce d’orfèvre. Un chauffeur de salle vocifère le nom du chanteur épelant chaque lettre de son nom sous un nappage d’orgue: « Will you help me ? Groovy, baby, groovy. Let's call him out together O-T-I-S R-E-D-D-I-N-G, Otis Redding! ». Et hop c’est parti pour un premier tour de chauffe avec « Respect », titre issu de l’album « Otis Blue » repris deux semaines avant le concert par Aretha Franklin qui en fera un second hit.
Le concert est à peine commencé que la salle semble déjà à genoux. Second coup de folie avec « Can’t Turn You Loose », seul titre du concert à ne pas figurer sur un album. Repris entre autres par l’Alan Price Set, Sly & The Family Stone, le titre connaît onze ans plus tard une résurgence avec la version des Blues Brothers. Le titre est entrecoupé par deux interventions du chanteur à destination du public. Redding annonce son troisième titre: « Thank you so much. Right now I'd like to introduce you to a ballad song, a song that what we call "Soul". And this is a song that we had the pleasure of recording, and it was one of the biggest songs that we recorded in all our days. We had four years of it. How many, four Years? And the song goes like ».
Reste à savoir combien de couples se sont formés ce soir-là à l’Olympia sous le couvert de « I’ve Been Loving You Too Long (To Stop Now) », l’une de plus belles ballades romantiques que la Deep Soul nous ait offertes. Le pouvoir de séduction et de persuasion de REDDING est nettement perceptible. La communion avec le public est évidente sur ce slow soul ravageur.
oN reste sur un tempo quasi similaire avec « My Girl », compo de Smokey Robinson et Ronald White (membres des Miracles) enregistrée pour la première fois par les Temptations. A l’époque de ce show, The Mamas & The Papas et quelques mois plus tard les Stones sur l’album « Flowers » en ONT délivré des versions respectables mais restant largement un ton en dessous. Otis rend hommage à Sam Cooke avec « Shake » dans une version plus énergique que l’originale. L’accompagnement des membres de Booker T. & The MG’s fait ici toute la différence entre les deux versions.
On parlait précédemment des ROLLING STONES et voilà qu’Otis leur reprend « Satisfaction » avec une section cuivre sur des charbons ardents et un public tapant des mains. Porté par son charisme, il implique la foule annonçant : « Thank you, right now... Sock it to you. Sock it to you? We're gonna ease the tempo for a minute, I'd like to sing this song here. This is one of my favorites. It goes something like this » et entame « Fa-Fa-Fa-Fa-Fa (Sad Song) », un mid tempo à l’ambiance Nouvelle Orleans avec une bonne intro bien cuivrée. Le public reprenant à tue-tête le refrain, tandis qu’Otis reprend des « Je t’aime ». Après un creux profitable dû à l’excitation, il explique: « I'm wanna sing a song, this is my first record, first recording that I ever recorded in my whole life. And I wanna sing this song to you and let you hear what it sounds like. It started off like this» enchaînant avec « These Arms Of Mine», le parfait prototype de la ballade Deep Soul du milieu sixties, le timbre d’Otis REDDING faisant passer la chanson comme un petit lait.

REDDING ne se contentait pas d’écouter les STONES, le chanteur s’intéressait, comme beaucoup, à la Beatlesmania. Il reprend dans une version Soul « Day Tripper », un titre que les BEATLES gravèrent pour Noël 65 et qui parut sur le fameux double album rouge.
Le concert s’achève en beauté avec le vieillot « Try A Little Tenderness », vieil instrumental popularisé dans les années 30 par l’orchestre de Ray Noble, repris par Bing Crosby, Sinatra, Mel Tormé et toute une bande de gais lurons joyeux comme la mort. Mais Otis REDDING en délivre une version complètement relookée qui monte crescendo pour se terminer sous forme de frénétisme, Booker T. Jones intervenant lors du dernier couplet en entonnant « Otis Redding! Otis Redding! Can't hear you! You wanna hear some more of Otis? Help me. Help me, convince me you've got to hear some more of Otis. Some more, a little bit more! » relançant la machine et un public totalement conquis;

Cet album public permet de revisiter plusieurs disques du chanteur. Un titre provient de son premier disque, cinq de « Otis Blue » et enfin trois de « Otis Redding Dictionary Of Soul - Complete & Unbelievable; Cinquante ans après sa sortie, ce premier Live fait toujours référence, même si certains reprocheront plus tard un manque de spontanéité, le concert ressemblant à peu de chose près à celui donné par le groupe à Londres. Toujours est-il que ce disque permet de capter le charisme électrique et l’énergie de ce chanteur à la carrière hélas trop courte. Un disque qui mériterait presque la note maximale si plusieurs Live posthumes n’avaient pas vu le jour, notamment le coffret « Live at the Whisky A Go Go » publié en 2016.

*Chronique réalisée à partir du pressage français édité par Atco (seul le logo de la pochette change);

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   LE KINGBEE

 
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- Otis Redding (chant)
- Steve Cropper (guitare)
- Donald 'duck' Dunn (basse)
- Al Jackson Jr. (batterie)
- Booker T. Jones (claviers)
- Joe Arnold (saxophone)
- Andrew Love (saxophone)
- Wayne Jackson (trompette)


1. Respect.
2. Can't Turn You Loose.
3. I've Been Loving You Too Long (to Stop Now).
4. My Girl.
5. Shake.
6. Satisfaction.
7. Fa-fa-fa-fa-fa (sad Song).
8. These Arms Of Mine.
9. Day Tripper.
10. Try A Litle Tenderness.



             



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