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- Membre : Pink Floyd, Eri Clapton And Steve Winwood , Toto

David GILMOUR - Live At Pompeii (édition Double Blu-ray) (2016)
Par BAKER le 20 Novembre 2017          Consultée 747 fois

Le premier réflexe du PINK FLOYDeur lambda en apprenant la sortie d’un nouveau live de David GILMOUR sera probablement “encore ?”. Il est vrai qu’avec les sorties successives de "REMEMBER THAT NIGHT" puis de "LIVE IN GDANSK", on a l’impression que Dieu sort un DVD tous les 6 mois. C’est pourtant bel et bien la première fois en 10 ans que le Gilmourus Erectus sort de sa tanière pour livrer un bien bel album et la tournée mondiale qui va avec. Le second réflexe sera “wouah ‘tain Pompei !”. En effet, si un monument historique partage un passé commun avec PINK FLOYD, ce sont bien ces vénérables ruines antiques, qui pour plein de raisons seront ici vides dans les tribunes (vision émouvante par ailleurs). C’est donc dans ce haut-lieu du divertissement Romain que Gilmour et ses sbires viennent donner (non, vendre, faut pas déconner) un concert qui, ça tombe bien, est là pour ça : divertir.

Car 10 ans ou pas, on pourrait légitimement se demander à quoi sert un nouveau live, passant après donc les deux pavés plus, ne pas l’oublier, "PULSE", indétrônable chef-d’oeuvre. La première partie du concert ne livrera pas toutes les réponses. Si révolution de palais il y a, c’est dans le choix des musiciens. Aux claviers notamment, avec un tandem inespéré : Chuck Leavell, qui avec sa pilosité d’albâtre ressemble désormais à Michael Kamen (on reste dans la famille Floyd), et le beau Greg Phillinganes, tout en classe, tout en claviers à toucher lourd (oui, même pour le solo de "Shine On" !), un peu funky, pas trop, parfait dans son rôle. Des choristes aussi, classe également et un petit poil poseurs, comme on les aime. A la basse, Guy Pratt l’indéboulonnable. Et le reste des musiciens qui se met au diapason. Au centre, car il est la vraie star n’en doutons pas un instant, David Gilmour est assez en forme : vocalement et guitaristiquement, il est presque nickel. Et le concert de se dérouler de façon très satisfaisante, mais un poil plan-plan. Oh, pas grand-chose, mais il y a un côté solennel qui plombe par moments l’ambiance. La batterie reste trop sage (surtout sur "Great Gig" qui avec un Portnoy bouledogue à la batterie aurait été la meilleure version existante), "The Blue" est toujours aussi autoindulgente (on aurait préféré un extrait des deux premiers albums tombés au champ d’honneur), "Faces" instaure un côté intimiste et solennel qui surprend mais peut décevoir (après tout, on n’est pas là pour se faire engueuler, on est là pour voir le défilé !), et "High Hopes" finit le set sans éclat, un peu façon case obligatoire, nonobstant Greg qui enrichit le final harmoniquement. On ne retrouve pas la solennité, la chair de poule de "PULSE". En revanche, les nouveaux titres passent globalement bien et à partir de "Wish", on voit les musiciens commencer à rigoler, à jouer à chien et chat.

La voilà, la véritable raison d’être de ce concert : la bonne humeur, la décontraction qui plâne sur le second set et le rend infiniment meilleur que le premier, plus vivant, plus percutant aussi. Débuter par "One of These Days" : c’est malin, les furets ! Ça rend hommage directement au premier live à Pompei, et le plaisir de jouer se sent dans chaque note. La mise en scène réveille les morts - et sous leurs pieds, il y en a un bon paquet. Là aussi on regrettera de ne pas avoir un bon petit Dave Lombardo à la batterie, car les musiciens donnent tout ce qu’ils ont. "Shine On", mais quel toucher, c’est pas possible, Gilmour n’a presque rien perdu ! On sent les frissons parcourir les échines du public. Chuck Leavell et son orgue "Claptonisent" ce titre mythique, et puis le changement de saxo en plein solo, c’est la classe. On sent pendant cette grosse heure une complicité incroyable, ils s’écoutent et se regardent jouer. Chose évidemment absente de "Forget That Night". "Today" nous livre la clef de son succès : tout le monde est heureux de la jouer, voilà pourquoi c’est une des meilleures chansons de 2015 ! "Sorrow" confirme que le groupe tue, et pour finir on balance les classiques. Si "Comfortably Numb" est “une version de plus”, le final pyrotechnique de "Run Like Hell" (quel solo, Greg !) vous collera les larmichettes. Non, Pompei 2016 n’est pas aussi dangereux, aussi passionnant que son illustre aîné de 1972, et non, il n’est pas aussi beau, émouvant, définitif que "PULSE". Mais on passe un extraordinairement bon moment, et c’est bien l’essentiel.

Un petit mot pour les gens qui filment pendant le concert, et ils sont nombreux. Arrêtez. Sincèrement, arrêtez. Ne me dites pas que vous n’avez pas vu la quinzaine de caméras, ni les deux louma, ni le panneau "souriez vous z'êtes filmés". Oubliez les réseaux sociaux. Ne cherchez pas à obtenir un plan plus beau que David Mallet ou Gavin Taylor. Profitez du moment. Et c’est quelqu’un qui n’aime pas aller aux concerts qui vous dit ça…

Qui dit Gilmour dit technique et bonus. Le son, ça va aller vite : c’est de la stéréo extrêmement propre, bien trop selon certains, et du 5.1 assez costaud, souvent spatialisé (parfois même trop, voir la guitare acoustique qui se colle derrière votre oreille droite et déséquilibre quelques parties du concert). Je n’ai pas pu vérifier si c’était du Dolby Atmos comme présenté en salles, mais de toutes façons c'est déjà très bien. L’image ? C’est beau, évidemment. Beau, pas parfait. Les focus n’ont pas la précision absolue qu’on attend, et les couleurs sont parfois… spéciales, surtout sur le début du concert où le soleil couchant donne aux lieux des bizarreries chromatiques comme seule Dame Nature sait en concocter. Mais globalement ça y en a être de la belle ouvrage. La version simple blu-ray vient avec un tout petit documentaire sur Pompei, minuscule mais curieusement passionnant et presque “complet”. Mais qui dit Gilmour, bis repetita, dit aussi bonus. Plein.

Alors que vaut la version double blu-ray ? Sincèrement, c’est difficile de répondre à cette question, Elkabbach. Vous avez trois parties : d'abord, deux extraits de concerts ma foi fort intéressants. "Astronomy Domine" y sonne comme… du RPWL ! Le public sud-américain, fidèle à sa réputation, hisse les titres dont "Time" (ah, ces jeunes filles en pâmoison alors qu’elles n’étaient pas nées à la sortie de "PULSE" !). Le second mini-concert est accompagné de l’orchestre de Zbigniew Preisner (monsieur strings attitré de Gilmour) et est exclusivement basé sur les titres du dernier album. Et là de voir que oui, ce 4ème opus solo de Dieu est vraiment très bon, et si "Yellow Dress" reste un peu raté (passant cependant mieux en live), tous les autres titres n’ont en rien à rougir. "5AM" notamment avec l’orchestre devient l’intro définitive. Las, les autres bonus n’auront pas la même prestance. D’abord, un documentaire de 71 minutes sur Polly Samson. Non, je plaisante, mais à moitié : sur ce coup-ci, la BBC n’a pas trop réussi son pari, Gilmour parlant peu et le doc étant largement trop décousu pour pouvoir passionner. Et puis 4 road-movies qui sont tout sauf intéressants, à l’exception d’une partie du 4ème où les musiciens parlent. Le reste du temps, c’est carte postale sur carte postale, le tout sur fond d’extraits de "RATTLE" si répétés qu’ils risquent de vous dégoûter de cet album. Et ce n’est pas du tout le but : brillamment défendu sur cette tournée, il est l’occasion pour David Gilmour de faire oublier le dyptique Remember (trop froid) / Gdansk (trop cher) et sortir un live qui vous mettra la banane. C’est ça le problème avec Dieu, quand il cause, on se doit de l’écouter.

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Fiche technique :

- Date : 7 & 8 juin 2016, Amphithéâtre de Pompéi, Italie
- Edition 2 blu-ray, BD-50 x 2
- Image : Non précisée, HD
- Son : PCM 2.0 / DTS-HD 5.1
- Durée totale : 354 minutes
- Bonus : documentaire Pompéi Then & Now (7 min st fr) + documentaire ‘Wider horizons’ (71 min HD st fr) + bonus tracks South America (35 min 5.1) + bonus tracks Wroclaw (29 min 5.1 st fr) + 4 road movies (60 min st fr) + 2 CD du concert + portfolio relié 24 pages + 4 cartes postales + affiche du concert + livret 8 pages sur l’Amphithéâtre de Pompei

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- David Gilmour (chant, guitares, lap steel)
- Guy Pratt (basse, contrebasse, choeurs)
- Steve Distanislao (batterie, choeurs)
- Chester Kamen (guitares, choeurs)
- Chuck Leavell (claviers, chant, choeurs)
- Greg Phillinganes (claviers, chant, choeurs)
- Joao Mello (saxophone, guitares)
- Bryan Chambers (chant, choeurs)
- Louise Clare Marshall (chant, choeurs)
- Lucita Jules (chant, choeurs)
- Zbigniew Preisner (orchestre sur bonus vroclaw)
- Phil Manzanera (guitares, choeurs sur bonus)
- Jon Carin (claviers, chant, choeurs sur bonus)
- Kevin Mcalea (guitare, choeurs sur bonus)


1. 5 A.m.
2. Rattle That Lock
3. Faces Of Stone
4. What Do You Want From Me
5. The Blue
6. The Great Gig In The Sky
7. A Boat Lies Waiting
8. Wish You Were Here
9. Money
10. In Any Tongue
11. High Hopes
12. One Of These Days
13. Shine On You Crazy Diamond (parts 1-5)
14. Fat Old Sun
15. Coming Back To Life
16. On An Island
17. Today
18. Sorrow
19. Run Like Hell
20. Time / Breathe
21. Comfortably Numb
- bonus South America 2015
22. Astronomy Domine
23. Us And Them
24. Today
25. Time / Breathe / Time Reprise
26. Comfortably Numb
- bonus Wroclaw 2016
27. 5 A.m.
28. Rattle That Lock
29. Dancing Right In Front Of Me
30. The Girl In The Yellow Dress
31. In Any Tongue



             



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