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Paul BUTTERFIELD BLUES BAND - The Resurrection Of Pigboy Crabshaw (1967)
Par ERWIN le 9 Novembre 2018          Consultée 77 fois

Au tournant du troisième album, la situation a considérablement évoluée au sein du PAUL BUTTERFIELD BLUES BAND. Michael BLOOMFIELD, peu concerné par le succès du groupe et épuisé par le rythme de tournée incessant imposé par le chanteur part s'installer à San Francisco ou il va avec ses potes Nick GRAVENITES et Barry GOLDBERG fonder ELECTRIC FLAG... Mais ceci est une autre histoire ! La section rythmique est à nouveau changée et deux saxophonistes sont engagés, ce qui va considérablement enrichir le son du groupe. Bref, nous y sommes ! Mais qui est donc ce Pigboy Crabshaw dont il est ici question de la résurrection ? Tournez donc vos regards vers le dénommé Elvin BISHOP, qui s'apprête à prendre les rênes du groupe avec bonhommie et toute sa gouaille, ses salopettes de paysan du sud des US et son grain si aisément identifiable !

Et d'emblée, on note toute l'évolution : des clapping, des cuivres comme s'il en pleuvait, Paul qui chante avec une certaine décontraction. Et un premier solo du garçon cochon. C'est sans doute plus léger avec un apport certain de la soul – nous sommes donc plus rythm'n'blues - qui commence à être très en vogue en cette année 67. Les cuivres dominent de la même manière sur la tressautante "I pity the fool". Un titre plus roots de 1936 est de la partie : le "Drivin wheel" de Roosevelt SYKES. D'ailleurs damned, c'est pas Paulo qui chante la dessus ! Bah non, le mauvais coucheur qu'est Paul BUTTERFIELD, tyran en chef de son groupe à laissé le micro à son tout nouveau bassiste Bugsy Maugh, pour un résultat plus qu'honorable, un brin rapide à mon sens, l'adjonction des cuivres lui donnant une nouvelle identité rythm'n'blues.

Mais allez, je vais pour faire languir des heures, il y a du bien lourd dans cette galette ! Sur "Driftin and driftin", l'ambiance supra smooth nous plonge tels des oiseaux de nuit dans un des clubs légendaires de Chicago, là ou le Blues moderne a pris son essor. A la base, une compo de Charles BROWN, totalement réapproprié par le PBBB. Ca chaloupe, ça traînaille, ça se retourne et dans coup d'un seul juste avant de chavirer, ça repart... C'est beau le blues quand c'est joué à un tel niveau de cohésion. Le dénommé BUTTERFIELD s'éclate tout du long. Elvin BISHOP prend la place vacante avec un talent fou et ne se ridiculise pas une seconde. Soyons justes cependant, le son étoffé par l'apport des cuivres permet à l'auditeur de ne pas remarquer plus que cela l'absence du géant BLOOMFIELD. L'essentiel Mark Naftalin a droit à son petit solo d'orgue. Impossible de rester debout sur une telle musique, et la complainte de l'harmonica rajoute encore de l'intensité, comme si on en manquait. 9 minutes de pure jouissance !

Et puis il y a la "Double trouble" d'Otis RUSH, lente et sépulcrale à souhait, avec ses cuivres tremblotants, et qui va vous remuer les tripes comme il se doit. Le groupe mérite les félicitations pour cette version magnifique, avec une performance remarquable de Paul au chant. Booker T. JONES a donné au monde du blues le grand classique qu'est "Born under a bad sign" que nous retrouvons ici. La version du PBBB est tout à fait recommandable, mais on peut déplorer qu'Albert KING l'ait reprise la même année et par voie de fait les angliches de CREAM. Difficile de s'aligner face à Albert et Eric CLAPTON, même avec une superbe salopette ! Mais ça dépote tout de même de manière fort efficace.

Enfin, une triplette de titres sort tout de même de la musette du groupe : "Run out of time" au ton plus pressé et finalement moderne et dont l'orgue annonce les méfaits à venir de Ray Manzarek. Quelques petits aspects psychédéliques sont donc à noter. "Droppin out" présente les mêmes attributs, rapide et plus destructuré, avec un piano agile. On imagine aisément que le futur du groupe pourrait s'articuler dans cette veine. Enfin, le "Tollin bells", classique du répertoire traditionnel ricain, a droit à sa version par le PBBB dans une version macabre comme il se doit, batterie martiale, cuivres statiques, gratte atone et chant désespéré. Manque de vie, ai-je envie de dire, mais le titre ne s'y prête aucunement.

On a certes perdu Mike BLOOMFIELD, l'ange maudit du blues blanc, mais le défi -de taille- a été relevé avec panache par Elvin BISHOP. Il fallait le dire à la face du monde ! Sinon, ça fouraille dans tous les sens sous la direction de Paul BUTTERFIELD. Plusieurs titres sont ici des classiques et on part à la dérive sur "Driftin and driftin", et personne ne nous récupérera jamais tant ça défonce ! La carrière du groupe qui aura révélé le blues au monde de la musique moderne reste sur les rails avec cet album qui sera son plus grand succès !

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   ERWIN

 
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- Paul Butterfield (chant-harmonica)
- Elvin Bishop (guitare)
- Mark Naftalin (claviers)
- Bugsy Maugh (basse)
- Phil Wilson (batterie)
- Gene Dinwinddle (saxophone ténor)
- David Sanborn (saxophone alto)
- Keith Johnson (trompette)


1. One More Heartache
2. Driftin And Driftin
3. I Pity The Fool
4. Born Under A Bad Sign
5. Run Out Of Time
6. Double Trouble
7. Drivin Wheel
8. Droppin Out
9. Tollin Bells



             



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