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- Membre : Brian Eno & David Byrne, David Byrne & St.vincent , King Crimson

TALKING HEADS - Speaking In Tongues (1983)
Par ARP2600 le 3 Septembre 2015          Consultée 1147 fois

Les TALKING HEADS sont un de ces groupes qui ont commencé par leurs œuvres les plus fortes, puis ont connu un bon succès commercial avec des disques moins difficiles. Cependant, à la différence de GENESIS ou SIMPLE MINDS, il serait trop facile de les accuser de s'être vendus. C'est plutôt un phénomène analogue à celui de PETER GABRIEL qui s'est produit : en laissant de plus en plus parler leur goût pour la musique world, ils sont arrivés à un mélange plus simple voire naïf, plus accessible pour le grand public. Ainsi, leur retour avec Speaking in Tongues en 1983, après presque trois ans depuis l'hallucinant Remain in Light, a été leur premier disque de platine et leur a donné leur plus grand tube en Amérique du Nord, en fait leur unique, « Burning Down the House ».

On parle souvent d'une pause dans leur carrière pour cette période 80-83 mais ce n'est pas tout à fait exact. La principale pause qu'on puisse repérer se situe entre février 81 et avril 82, entre les tournées de Remain in Light et du live The name of this band is Talking Heads. Une année pendant laquelle les quatre membres ont développé des projets séparés. David Byrne avait déjà publié avec Eno My Life in the Bush of Ghosts et a encore sorti The Catherine Wheel fin 81. Chris Frantz et Tina Weymouth ont de leur côté créé Tom Tom Club, dont le premier album est sorti en octobre 81, et enfin, Jerry Harrison a sorti un album solo, The Red and the Black. On peut dire que c'étaient tous des créatifs... Quoi qu'il en soit, la tournée de 82 a resserré les rangs et la préparation de Speaking in Tongues ayant pu prendre quelques mois, on en arrive vite à ce mois de mai 83.

Une simple temporisation donc. On peut imaginer qu'ils avaient besoin de faire un peu relâche après deux chefs-d'œuvres aussi intenses que Fear of Music et Remain in Light. Ont-ils perdu leur bon élan de ce fait ? Je ne pense pas... pas encore. Il est simplement difficile d'aligner les albums géniaux, mais Speaking in Tongues est à mon avis leur troisième meilleur, devant More Songs about Buildings and Food, et ce malgré la fin de leur collaboration avec Eno. Bien sûr, il sonne moins spontané que leur début de carrière mais il est tout simplement bien écrit et très fun, leur disque le plus divertissant dont l'intérêt est précisément d'être moins tendu.

Le style, lui, reste du pur TALKING HEADS, identifiable en quelques notes. Par le jeu des musiciens bien sûr, mais surtout par cette composition si particulière, mélange de rock, de funk, de world, avec un reste de new wave. Il faut être juste, « Burning Down the House » est encore un titre génial, une de leurs meilleures chansons qui méritait amplement ce succès américain, une 9e place au Billboard. Cela devait être important pour ces new-yorkais qui avaient surtout touché les anglais jusque là, et encore, pas à ce niveau.

La suite de l'album est très solide, alignant les titres funky, propres mais dynamiques, avec un chant de Byrne aussi allumé que d'habitude, par exemple sur « Making Flippy Floppy » (non mais quel titre, en plus). On n'est certes plus dans les rythmes multiples de Remain in Light, mais c'est encore très jouissif. Par exemple, « Slippery People » et « Moon Rocks » sont de petits bijoux d'interprétation, simples mais tellement pertinents. Le reggae/dub « I Get Wild/Wild Gravity » est sans doute leur chanson la plus cool, tandis que « Swamp » opte pour un swing malicieux. Seul vrai bémol, le final « This Must Be the Place (Naive Melody) »... ce « naïf » dit tout, ce thème sonne trop carré et un peu crétin. Il annonce aussi l'album suivant, Little Creatures, hélas. L'album présente donc diverses variations sur les rythmes syncopés, et diverses ambiances, mais ne se prenant pas vraiment au sérieux, ce qui donne un résultat étonnamment rafraîchissant.

Ce qu'il faut dire pour conclure, c'est que Speaking in Tongues est un album utile. Il est plus simple et de moindre portée artistique que les précédents, mais le résultat est quand même épatant et unique, ce qui me fait penser qu'ils ont vraiment eu raison de le faire. Il est moins connu des mélomanes actuels, surtout en Europe, mais il faut être conscient de son importance dans la discographie des TALKING HEADS, et ne surtout pas snober son bon résultat commercial. Il mérite vraiment d'être écouté et réécouté, et avec grand plaisir.

Note : un solide 3,5

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- David Byrne (chant, guitares, claviers, basse, percussions)
- Jerry Harrison (claviers, guitare, chœurs)
- Tina Weymouth (basse, synthétiseur, guitare, chœurs)
- Chris Frantz (batterie, synthétiseur, chœurs)
- Alex Weir (guitare)
- Wally Badarou (synthétiseur)
- Steve Scales, Raphael Dejesus, David Van (percussions)
- Bernie Worrell (synthétiseurs)
- Nona Hendryx, Dolette Mcdonald (chœurs)
- Shankar (violon)


1. Burning Down The House
2. Making Flippy Floppy
3. Girlfriend Is Better
4. Slippery People
5. I Get Wild / Wild Gravity
6. Swamp
7. Moon Rocks
8. Pull Up The Roots
9. This Must Be The Place (naïve Melody)



             



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