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GRAND FUNK RAILROAD - Survival (1971)
Par TOMTOM le 9 Février 2019          Consultée 323 fois

Amis du bon goût, bonjour. Si vous avez regardé la pochette du disque avant de lire ces lignes, vous avez probablement déjà compris l’essentiel de ce que je vais vous raconter : cet album est naze. Poser dans une grotte en mousse le cul à l’air, ça fait victime. Le gourdin, ça fait victime aussi. KISS aurait fait la même pochette (avec des filles en plus), je dis pas, on aurait trouvé ça marrant. Sauf que GRAND FUNK RAILROAD, c’est un groupe labellisé « zéro second degré ». Et poser sérieusement dans une grotte le cul à l’air quand vous vendez des millions de disques, ça fait méga-victime.

Nous sommes en 1971 et GFR fait encore tout pour se faire remarquer. Pour vendre Closer To Home, le manager Terry Knight avait payé au groupe une pub géante sur Broadway. Grâce à une improbable histoire de grève chez les colleurs d’affiches, les trognes de Mark Don & Mel sont restées placardées là pendant trois mois complets. Puis il y a eu le Live Album, le truc le plus bruyant jamais pressé sur vinyle. Et maintenant voilà Survival, avec sa pochette qui dit feuck aux journalopes, ces vendus qui n’arrêtent pas de dire que Grand Funk, c’est rien qu’un groupe de beaufs sans talent ni avenir. Cet album était censé leur prouver le contraire.

Car cette fois, les GFR ont voulu faire les choses bien. On leur a payé un vrai studio avec pour consigne d’y passer du temps et de peaufiner leur son. On raconte que c’est Terry Knight qui a demandé à Don Brewer de foutre des torchons sur ses peaux pour faire comme les BEATLES. Mark Farner va composer des choses dans la veine de « Closer To Home » pour montrer qu’il est capable de pondre autre chose que des « Yeah - Yeah - Yeah ». Mel Schacher, lui, va se contenter de jouer de la basse. Dans le groupe, il y en a donc un de sensé. Saurez-vous le retrouver ?

Que trouve-t-on sur cet album ? Deux openers honnêtes, deux reprises terrifiantes de nullité, trois titres gospelisants totalement affreux et une chanson qui n’inspire pas grand chose en clôture. Le tout joué mou du genou, presque trop calme pour du GRAND FUNK RAILROAD. Voilà. Des détails ? Le chant dédoublé de Mark Farner sur « Comfort Me » est une torture pour les oreilles. Au début de « I Can Feel Him In The Morning », on entend des enfants qui parlent de Dieu. Sur tout l’album, le son de batterie est étouffé, insupportable, avec une alerte accident industriel sur les roulements de « I Can’t Get Along With Society ». Sur « Gimme Shelter », le son de la basse est monstrueux et totalement hors sujet, le duo vocal Brewer/Farner est à la limite de l’indécence. Les cons terminent le titre au bout de cinq minutes, puis reprennent pendant une minute trente : « Wooouaaaoh Guimééééééé ». Pire reprise ever.

Mark Farner, sur ce disque, ne veut pas être une rock star. Il veut parler de l’avidité des hommes (« All You’ve Got Is Money »), d’espoir (« Comfort Me »), de trouver-Dieu-sur-le-champ-de-bataille (« I Can Feel… ») et de plein d’autres choses vachement sensibles. C’est Lester Bangs qui a levé le lièvre à l’époque : il règne un sentiment d’insécurité sur ce disque, quelque chose qui renvoie à l’enfance. Le choix des reprises n’est pas anodin : « Feelin’ Alright » (TRAFFIC) et « Gimme Shelter » (les STONES), soit « Je me sens bien » et « Donne-moi un abri ». C’est de la psychologie à deux balles, mais ça colle parfaitement au son timide du disque. « Country Road », la chanson qui sauve un peu l’affaire, aurait pu être jouée façon stoner-bastonnade. Mais Survival est un album qui se veut simple, limite naïf, alors ils l’ont faite version plaid-et-tisane.

Ce disque est raté pour plein de raisons, mais il en dit beaucoup sur ce que cherchait à être le groupe à l’époque. Car en vérité, je vous le dis : GRAND FUNK RAILROAD n’est pas un groupe de hard rock. Un groupe de hard fait du hard parce qu’il a foi dans les codes et l’esthétique du genre. GFR, ce n’est pas un groupe antisocial comme les STOOGES, c’est un groupe qui veut parler aux gens, un groupe du peuple pour le peuple. GFR, groupe honnête, groupe innocent, groupe qui se voulait pur, c’est inscrit dans son ADN. Jouer fort, à la rigueur, c’est juste un moyen de communiquer ; c’est ce qu’ils savaient faire, mais ce n’est pas une fin en soi. Le souci avec cet album, c’est que les Grand Funk ont tenté quelque chose qu’ils ne savaient pas faire : baisser le volume et, dans le même temps, composer de bonnes chansons.

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   TOMTOM

 
  N/A



- Mark Farner (guitare, chant, claviers)
- Don Brewer (batterie, chant)
- Mel Schacher (basse)


1. Country Road
2. All You've Got Is Money
3. Comfort Me
4. Feelin' Alright
5. I Want Freedom
6. I Can Feel Him In The Morning
7. Gimme Shelter



             



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