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GRAND FUNK RAILROAD - Grand Funk (1969)
Par TOMTOM le 13 Mars 2018          Consultée 551 fois

L’été, c’est un peu la saison des belles histoires. Dans la mythologie GRAND FUNK RAILROAD, l’été 69, c’est le moment où Mark, Don et Mel comprennent qu’ils sont destinés à devenir les nouveaux héros de l’Amérique. Grand Funk n’a pas fait Woodstock, Grand Funk a fait encore mieux : le premier Atlanta International Pop Festival, le 4 juillet, jour de la fête nationale. « J’ai arraché ma chemise et la foule est devenue dingue », se souviendra Mark Farner des années plus tard.

Chez Capitol, on sent bien qu’il est en train de se passer quelque chose. On Time est sorti en vitesse, histoire que le disque soit dans les bacs avant la rentrée. Automne 69, les conseils du manager Terry Knight sont claires : pour le deuxième album, on va faire la même chose que pour le premier, mais en plus fort. Les gars, faites simple, faites bourrin.

Dont acte. « Got This Thing On The Move » ouvre ce Red Album sur un délire typiquement Grand Funk : ça balance au départ, ça riffe serré au milieu, ça matraque aux deux tiers, retour au riff pour la fin. La grosse célébration R&B/hard a commencé. Le son est énorme, limite indécent : guitare fuzz/phasing pour Mark et basse groovy/hippopotame pour Mel. Don assure le bousillage de cymbales. "Please Don’t Worry" arrive qu’on a déjà oublié ce qu’il s’est passé.

"High Falootin’ Woman" est un peu le "Time Machine" du deuxième Grand Funk, le genre de R&B fastoche que n’importe qui aurait pu sortir à la même époque. "Mr Limousine Driver", là pour le coup, se paye un groove qui reste en mémoire, un truc à la coule. Comme partout, les paroles de Marky-Mark ne vont pas chercher bien loin : "Hé, monsieur le chauffeur de limousine, ne regardez pas à l’arrière, elle dit qu’elle m’aime et c’est un fait".

Le charme de GRAND FUNK RAILROAD, ici encore, c’est son côté régressif, celui qui apparaît sur les titres les plus longs. Et les plus violents. Prenez "In Need". Les mecs auraient pu l’arrêter au bout de deux minutes. Ou à la rigueur rajouter un passage, monter à trois minutes. Construire une chanson, quoi. Mais non. Il FAUT que le titre parte en couille à un moment ou à un autre. Sinon ce ne serait pas du Grand Funk. Nous voilà donc parti pour huit minutes. Le principe : étirer un riff (basse ou guitare) le plus longtemps possible et lui ajouter le maximum de moments QUI CLAQUENT. Et BADABOUM le gros roulement de batterie. Et VRRROOOOM l’aller-retour de basse. Et ZWAAANG le gros accord plaqué comme si c’était le dernier. Grand Funk c’est ça : en mettre plein les oreilles. Une fois que vous avez essoré toutes les possibilités, vous enchaînez sur un autre riff. Ou vous accélérez. Ou vous revenez à un riff précédent. Mais jamais de transitions.

Cette tension, on la retrouve tout au long de la face B, sur "Winter And My Soul", "Paranoid" et, surtout, sur "Inside Looking Out", piqué aux ANIMALS. Farner n’a pas le tiers de la classe d’Eric Burdon. Mais tout seul il fait plus de bruit que tous les ANIMALS réunis. Alors imaginez avec Don et Mel qui bastonnent derrière lui… Balancé ici sur neuf minutes trente, "Inside Looking Out" allait bientôt devenir un des grands moments des concerts du Grand Funk.

Dans la discographie du groupe, cet album est un des plus homogènes : c’est celui où ça transpire le plus. C’est un disque qui vous apprend que ça ne sert à rien de connaître son blues sur le bout des doigts pour jouer de la musique. Si vous avez une batterie, tapez dessus. Mettez-y tout ce que vous avez et marrez-vous. Point. Avec des réflexions pareilles, GRAND FUNK RAILROAD était bien sûr appelé à se faire pourrir. Musicalement, on est au ras des pâquerettes et il y a 100% de chance que vous chopiez un mal de crâne en écoutant ça trois fois d’affilée. En revanche, les deux premières fois, vous allez headbanguer comme des idiots. Avec un petit sourire aux lèvres. Et ça, c’est déjà pas mal.

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   TOMTOM

 
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- Mark Farner (guitare, chant, harmonica)
- Mel Schacher (basse)
- Don Brewer (batterie)


1. Got This Thing On The Move
2. Please Don't Worry
3. High Falootin' Woman
4. Mr. Limousine Driver
5. In Need
6. Winter And My Soul
7. Paranoid
8. Inside Looking Out



             



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