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Julie ZENATTI - Plus De Diva (2010)
Par BAKER le 5 Juin 2019          Consultée 161 fois

Certains stickers feraient mieux d'être arrachés avant la mise en vente. Après une boîte de Pandore intéressante mais terriblement bordélique, Julie ZENATTI revient avec, je cite, "la rencontre de la pop et du classique". Au moins, les choses sont clairement exprimées : ce disque aura une velléité classique bien plus prononcée que d'habitude. C'est cependant le mot "rencontre" qui gêne. Après plusieurs écoutes, on ne peut nier l'influence classique sur cet album, et la moitié des titres sont composés d'une base piano/orchestre/voix, tandis que l'autre moitié y rajoute un groupe pop-rock. Jusque là, pas de quoi fouetter un chat.

Et justement, c'est ce qui risque d'entraver le plaisir d'écoute. Cette fameuse "rencontre", Julie l'a pratiquée depuis son tout premier album, presque tout le temps, et elle est loin d'être la seule. Même si l'on ne prend en compte que l'écriture, et pas seulement la production, rien que "Fragile" disposait déjà de quelques chansons qui lorgnaient plus vers la symphonie de poche que la pop song à la Elton JOHN avec deux crin-crins derrière. Au niveau de l'originalité, peu importe le gros sticker rose, Plus De Diva n'a que relativement peu de différences avec ses prédécesseurs. Même la voix reste identique, à savoir parfaite de A à Z. De cela, on a l'habitude.

Les chansons ne possédant pas d'arrangements pop souffrent de ne pas aller assez loin dans leur délire. C'est souvent joli, comme la première chanson rendant hommage, trois ans après Céline DION, à la CALLAS, avec des accents opératiques mais toujours dans un ton semi-feutré. C'est parfois surréaliste, loin des 4 accords, comme "Une tête à deux places", pas inoubliable mais intrigante. Ca peut être grandiloquent, comme "Diva rouge" avec sa progression... progressive, son romantisme exacerbé louchant vers BEETHOVEN. Mais c'est souvent aussi superbe techniquement que poliment ennuyeux.

"Sweden syndrome" parti d'un texte à priori très personnel n'arrive pas à accrocher, malgré des orchestrations soignées. On reste à la surface des sentiments. "Les klaxons des mariages" met en avant un piano très expressif et là aussi, ça ne prend pas, notamment parce que la voix et ledit piano ne parviennent pas à trouver un terrain d'entente. Ce n'est pas une rencontre, c'est plus un match. Et que dire de "Ma douleur est un cheval", chanson exécrablement lourdingue ? "Ma douleur est une salope", clame Julie. Euh certes, pourquoi pas ? Le reste de la chanson n'est pas mieux, on se prend des chutes d'allégories sauvages sur le groin, avec pour couronner le tout le refrain le plus poussif de toute la carrière de notre Z préférée.

L'ajout d'un groupe pop n'est pas toujours signe d'amélioration : "Venise 2037" est désespérément plate, valse mille fois entendue. Plus grave, "L'un souffre l'autre s'ennuie" revisite la sarabande de HAENDEL au rythme d'un rock orchestral kitsch et reprenant in extenso tous les soucis du metal sympho, sans les qualités. Pourtant, il y a des détails crédibles, mais ça ne prend toujours pas. A me lire, vous devez vous dire que ce disque, c'est un gâteau raté, avec une cuisson mal gérée. Mais pourtant, il fonctionne. Bancalement, avec des gros passages à vide, mais il fonctionne.

Il fonctionne parce que "L'herbe tendre" réussit enfin le pari piano/voix/orchestre avec rien d'autre en besace qu'une mélodie excellente et des harmonies râpées aux encornures. Il fonctionne parce que le côté pop-rock avec des grosses cordes baveuses est bien géré sur l'excellent single "Comme une Geisha", le très décidé "Entre l'amour et le confort" et le dynamique "Une rousse aux yeux verts", les trois ayant pour points communs un orchestre en feu et un batteur très expansif. On est plus proche de Mike PORTNOY que de.. de... du batteur de B.B. BRUNES que j'ai la flemme de chercher sur le net parce qu'ignorer un tel détail, c'est débuter un parcours écologique militant responsable. C'est frais, extrêmement écoutable. Certes, Julie a déjà fait exactement la même chose avant, et justement, on ne va pas s'en plaindre.

Cependant, quand on se dit qu'on tient là un album gentil mais un peu trop lisse, exactement comme en 2002 et 2004, la jolie Julie nous balance en travers de la gueule un "Journal de Julie Z". L'outro, pour être précis. Et qui porte bien son nom : outro, comme un viol caractérisé et en bande de mineures, en l'occurrence nos pauvres oreilles d'amateurs de variété plus habituées à Christophe MAE et CHRISTINE & THE COUINES. Et le tout sous couvert d'un énorme scandale juridico-médiatique puisque nos chers journalistes musicaux refuseront catégoriquement d'admettre qu'avec son batteur en mode octopus, son orchestre facétieux et son choeur gospel à la Emmanuel MOIRE des grands jours, ce titre de fin est un orgasme auditif qui plaira autant aux fans de Lara FABIAN que de Neal MORSE, de Alannah MYLES que de WITHIN TEMPTATION. C'est bon, juste bon, et on sent un immense plaisir de tous les musiciens à chaque coin de note.

Bancal, cet album l'est assurément. On en revient au souci du premier CD de Juju : les parties les plus expérimentales - n'allons pas jusque là, disons les plus osées - font souvent chou blanc, à de rares exceptions qui à elles seules justifient la prise de risques. Et par-dessus se greffent des singles plus simples qui sont parmi les tous meilleurs titres. En 5 albums, ZENATTI montre qu'elle n'arrive pas à tenir les rênes d'un album de la grange à la rivière sans perte sèche ; mais que chaque fois elle remet le couvert pour notre plaisir certain. Encore une fois, on fera le tri pour ne retenir que les excellents titres, minoritaires mais goûteux. Et l'on n'attendra plus l'explosion thermonucléaire de folie pure, c'est désormais trop tard. Tant pis. On a de quoi se consoler, au large.

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- Julie Zenatti (chant, choeurs)
- Sébastien Fournier (guest)
- Frédéric Chateau (claviers, choeurs, guitare, basse, percussions, pr)
- Stéphanie Fontanarosa (piano)
- Eric Le Sage (piano)
- Philipp Otto Block (batterie)
- Alain Hubert (choeurs)
- Claude Simao (choeurs)
- Delphine Dobrinin (choeurs)
- Iza Loris (choeurs)
- Pierre-yves Lebert (choeurs)
- Thierry Surgeon (choeurs)
- Xavier Requena (choeurs)
- Budapest Symphonie Orchestra (orchestre)


1. Appelez-moi Maria
2. Le Journal De Julie Z
3. Venise 2037
4. L'herbe Tendre
5. Une Tête à Deux Places
6. Comme Une Geisha
7. Sweden Syndrome
8. Entre L'amour Et Le Confort
9. Diva Rouge
10. L'un Souffre, L'autre S'ennuie
11. Les Klaxons Des Mariages De Juin
12. Une Grande Rousse Aux Yeux Verts
13. Ma Douleur Est Un Cheval
14. Le Journal De Julie Z
- édition Limitée
15. Venise 2037 (version Italiene)
16. L'herbe Tendre (version Italienne)



             



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