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SLEAFORD MODS - Eton Alive (2019)
Par STREETCLEANER le 18 Décembre 2019          Consultée 1042 fois

Eton Alive est le premier album de SLEAFORD MODS à sortir sur le propre label du groupe, Extreme Eating Records. Ce nouvel album, sorti au début de l'année 2019, confirme l'orientation prise sur English Tapas ; à savoir que si le duo anglais s'en prend toujours à la société de consommation (et d'emblée sur « Into the Payzone »), leur musique est moins agressive et donc plus recherchée musicalement. Alors oui, elle est plus travaillée, même si attention, tout ceci s'avère être relatif car le package est toujours aussi minimaliste. Une composition comme « Subtraction », où on sent un background grime parcouru de wobbles, est un des exemples les plus pertinents d'un indéniable équilibre entre minimalisme et arrangements de haute volée. On a ici ce qu'on peut trouver de plus intéressant dans le hip-hop : la complexification intelligente du son (« Top it up »).

Bien entendu, ce glissement vers la musicalité peut décevoir ; car ce qu'on apprécie aussi chez le duo est son côté rageur. Et on ne retrouve pas sur Eton Alive des coups de poing aussi percutants que « Fizzy ». Cette rage n'est plus qu'esquissée sur « Flipside ». Il faudra se faire une raison car rien ne semble indiquer que le duo fera volte-face.

Le côté agressif et punk du combo sont donc moins perceptibles ; mais à vrai dire cette évolution semble assez naturelle. On connaît des précédents historiques, toute proportion gardée. Le clivage, la séparation doit se faire ; mais le duo semble vouloir conserver son intégrité : attention donc, ils ne sont pas des hipsters (« Into the Payzone »), et quelles leçons ont-ils d'ailleurs à recevoir de ceux qui n'ont pas bouffé de l'agence pour l'emploi, les recherches incessantes de jobs et les salaires de merde (« Kebab Spider ») ? Ce message s'adresse aussi aux prédécesseurs... tenez-vous le pour dit ! La dénonciation de la fausseté, des apparences, des menteurs, est souvent à l'ordre du jour, le cœur du message punk, l'intégrité, est précieusement conservé : « You know the fakes will always bite / Whenever you go throw the line » (« O.B.C.T », trad : vous savez que les faux mordront toujours / A chaque fois que vous franchissez la ligne).

Comme dit précédemment, la critique de la société de consommation est toujours au programme : « I'm a consumer / I'm the systems rocket / And I like my launcher » (« Subtraction », trad : je suis un consommateur, je suis la fusée du système, et j'adore mon lanceur) : comment faire changer les choses ? Sans y croire, Williamson le dit, le changement ne peut venir que d'actions individuelles : « … the only change I like sits in my pocket » (trad : le seul changement que j'apprécie réside dans ma poche). On retrouve cette idée de redevenir soi dans les paroles du refrain de « Firewall » : « You don't know you're crying at all / Because of your firewall / Trapped in the mind of something else you've become » (trad : tu ne sais pas que tu pleures à cause de ton pare-feu piégé dans l'esprit de ce quelque chose d'autre que tu es devenu). Quand Williamson exprime sa rage sur la terre promise (« Big Burt »), on sait de quoi il en retourne ; cette promesse de société de consommation on se doute où il se la met.

L'album se termine avec encore des titres bien accrocheurs. « Discourse » se cale sur un rythme funk saccadé qui groove du feu de dieu. Et « Negative Script » est un petit bijou hypnotique qui balance bien. Ce titre sera l'occasion pour Williamson de rappeler que les douleurs restent sensibles, un peu comme celles qu'un amputé pourrait ressentir : « I don’t wanna flip the page / Of my negative script / They cornered my young age / And ran away with it » (trad : je ne veux pas retourner la page de mon script négatif, [ces pages] ont pris le contrôle de mes jeunes années et ont fugué avec lui). On s'en doutait, la colère et les souvenirs douloureux de WILLIAMSON sont toujours présents. Alors, profitons-en encore…

PS : un petit mot sur ce titre Eton Alive; Eton est une école prestigieuse qui forme les futures élites de la société anglaise; on est proche de la prononciation de Eaten Alive (mangé vivant). Vous vous doutez bien que le monde se divise alors en deux.

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   STREETCLEANER

 
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- Jason Williamson (chant, textes)
- Andrew Fearn (musique)


1. Into The Payzone
2. Kebab Spider
3. Policy Cream
4. O.b.c.t
5. When You Come Up To Me
6. Top It Up
7. Flipside
8. Subtraction
9. Firewall
10. Big Burt
11. Discourse
12. Negative Script



             



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