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SUPERTRAMP - Indelibly Stamped (1971)
Par ELLIOTT le 30 Novembre 2007          Consultée 6875 fois

Si « Indelibly stamped » avait été un frère Corleone, le costume de Fredo lui serait allé comme un gant. L’un et l’autre partagent, en effet, ce même caractère avenant, plein de bonne volonté mais tous deux souffrent, hélas, d’un manque évident de charisme. Comme Fredo, le deuxième album de Supertramp est effectivement doté d’une personnalité quelque peu fadasse. Comme lui, il est le cadet d’une force de la nature (Sonny/« Supertramp ») et l’aîné d’un stratège, aussi fin que lumineux (Michael/« Crime of the century »). Comme lui, enfin, il est terriblement attachant…
Du Supertramp originel (celui-là même qui accoucha un an plus tôt d’un premier disque classieux) ne reste que le duo Rick Davies-Roger Hodgson. Exit le brillant Richard Palmer et Bob Millar. Bienvenue Kevin Currie (batterie), Dave Winthrop (instruments à vent) et Frank Farrell qui prend la place du jeune Hodgson à la basse.

Nouveau line up, nouvelle direction musicale. Aux climats épurés et délicats du premier opus succède un ensemble de compositions certes sympathiques (« Your poppa don’t mind », « Potter », « Friend in need »), mais dont le tout demeure, même avec le poids des ans, trop impersonnel. Cette nouvelle direction ne mène nulle part ou plutôt elle se dirige droit vers les confins d’une série de style (rock, blues, folk, musette) où bizarrement le mélange ne prend pas ou si mal. N’accouche pas du "Double Blanc" qui veut.
On imagine la déception de ceux, à l’époque, qui avaient découvert Supertramp au travers de pièces magnifiques comme « Maybe I’m a beggar » ou « Try again ». Avec le recul, il semble, en effet, plus évident d’apprécier des ritournelles comme « Times have changed », mais sur le moment, une balade aussi « pataude » que « Forever » (sortie en single) a dû susciter bien des moues. Un groupe comme Caravan, par exemple, avait réussi à transformer l’essai de son fabuleux premier album. Pourquoi Hodgson et Davies n’ont-ils pas été capables d’en faire autant, d’autant que l’excuse du changement de line up ne tient pas la route ? Eux-mêmes le prouveront avec l’exercice suivant.

En 1971, Supertramp est, en fait, un groupe en proie aux doutes. Sa facette progressive l’ayant entrainé droit au mur, commercialement parlant, il n’en usera désormais plus qu’avec parcimonie. Un ingrédient parmi d’autres. C’est d’autant plus dommage que le seul morceau de l’album allant en ce sens, « Aries », est plutôt réussi.
Tout le tableau est-il noir ? Pas du tout. « Indelibly stamped » est, on l’a dit, un disque attachant. Passons sur sa pochette aussi moche que racoleuse et dont Roger Hodgson dira ne pas se souvenir pourquoi ils avaient choisi d’y montrer Marion Hollier dans son (quasi) plus simple appareil : « Dieu sait pourquoi nous avons appelé l’album « Indelibly stamped » ou pourquoi nous avons mis cette femme nue tatouée sur la pochette. Un copain de Rick a eu l’idée d’aller la photographier et nous avons dit : Pourquoi pas ? ».
Si l’on peut regretter la plume de Richard Palmer (« Coming home to see you » frôle la débilité et constitue à lui seul une insulte pour la poésie que l’on retrouvait dans des morceaux comme « Surely » , « Words unspoken » ou « Shadow song »), « Travelled » et « Rosie had everything planned » (les deux seuls titres avec « Aries » chantés par Hodgson) justifient à eux-seuls l’acquisition de l’album.

Le reste du disque est globalement… disons « sauvé » par le talent mélodique de la cheville créatrice. « Remember », « Times have changed » ou le riff de « Potter » sont agréables mais ils auraient pu, et c’est là le problème, être écrits par n’importe quel autre groupe. Remis dans le contexte de l’époque, c’est le signe évident que le combo se cherche encore. L’avenir montrera qu’il ne va pas tarder à se trouver. Et cette fois-ci, ce sera pour le meilleur.

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   ELLIOTT

 
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- Roger Hodgson (guitares, basse, chant)
- Rick Davies (claviers, harmonica, chant)
- Frank Farrell (basse, piano, accordéon, chœurs)
- Kevin Currie (batterie, percussions)
- Dave Winthrop (flûte, saxophone, chœurs)


1. Your Poppa Don't Mind
2. Travelled
3. Rosie Had Everything Planned
4. Remember
5. Forever
6. Potter
7. Coming Home To See You
8. Times Have Changed
9. Friend In Need
10. Aries



             



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