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SUPERTRAMP - ...famous Last Words... (1982)
Par MARCO STIVELL le 15 Septembre 2014          Consultée 3698 fois

...Famous Last Words... permet d'aborder en douceur le tournant brusque que prend la carrière de SUPERTRAMP au début des années 80. C'est la dernière fois que l'on voit le crédit « Davies/Hodgson », avant que les deux parties ne se séparent définitivement, minées par des désaccords trop importants, décuplés par l'explosion Breakfast in America.

Dès lors, l'histoire prend une allure de tragédie grecque. Aujourd'hui, Rick Davies – qui continue de tenir la barre du navire – et Roger Hodgson sont deux vieux frères ennemis, tels Atrée et Thyeste, et leurs femmes jouent le rôle des Erinyes (du moins, ce sont les lieux communs). Leur public respectif alimente un débat aussi puérile et pourtant bien plus sale que Peter Gabriel vs. Phil Collins... Mais nous n'en sommes pas encore là.

Pour leur dernier effort commun, Hodgson (chez qui le groupe enregistre) et Davies donnent le meilleur de ce qui leur reste au bout de treize années laborieuses, sans oublier le reste du groupe qui participe largement à cet état de fait. Il n'y a qu'à écouter le tube « It's Raining Again », seul véritable étendard de ...Famous Last Words... sur les ondes et jusque dans les compilations. Bob Siebenberg et Dougie Thomson font honneur à leur rôle de players, efficaces au possible, servant cette nouvelle ritournelle pop-soul hodgsonienne de façon idéale. La couleur choisie est volontairement naïve, chose que le public d'Hodgson salue encore actuellement durant ses concerts solo, en sortant les parapluies pour ce titre.

Outre la voix caractéristique de son auteur, le titre est pétri de claviers et de vents joués avec bonheur, comme si rien n'avait changé. Il y a bien sûr les soli de saxophones multiples, empreinte classieuse et jamais excessive de John Helliwell, mais aussi un solo de mélodica égayant par Davies himself, sans nulle rancœur envers son ancien collègue. Hodgson lui rend la pareille dans les chœurs du slow rétro « My Kind of Lady », chatoyant à sa manière et en particulier grâce aux voix de fausset conjointes. À moins que ce ne soit l'impression créée par le caractère ultime de cette collaboration, Hodgson et Davies semblent avoir rarement sonné aussi bien à l'unisson...

On retrouve cette sensation à travers d'autres titres très différents, comme les deux ballades centrales, où les arrangements de claviers pleuvent sur des mélodies sombres et intimistes. « Bonnie », en particulier, est une composition de Davies, mais Hodgson lui offre une nouvelle réplique splendide, à la guitare cette fois. Thomson souligne le tout d'un phrasé mélodique dont il a le secret. Hodgson ressort les guitares acoustiques pour « C'est le Bon », ballade hippie nostalgique, présentement de l'enfance si l'on se réfère au texte.

Helliwell, très présent sur « My Kind of Lady », l'est également pour « Waiting So Long », autre chanson de Davies, à rapprocher de l'esprit du mythique Crime of the Century, grâce à son lyrisme légèrement âpre et ses sons de marimbas. Le solo de guitare d'Hodgson est magistral, tout comme celui de son (very) famous last word, « Don't Leave Me Now », dont la densité rappelle aisément « Fool's Overture », avec ses échappées de voix (féminines même), de batterie, de saxo et de claviers.

Roger Hodgson avouera par la suite ses regrets d'avoir participé à un projet qui ne menait à rien. Toutefois, si l'on rencontre peu de tubes du calibre de Breakfast in America ou de morceaux d'une qualité comparable à celle du trio d'albums parus entre 1974 et 1977, le line-up classique de SUPERTRAMP n'a guère à rougir en ce qui concerne son dernier cru en commun. La production n'accuse pas son époque, et le potentiel aspect « chutes de studio » n'est guère déconcertant. Un bien bon cru, qui, à l'image d'une pochette seyante (bien que caractéristique, le groupe étant sur le fil du rasoir), tend à nous faire planer, aux côtés de l'ange fuyant, porté par les dernières notes de « Don't Leave Me Now ». Ce n'est cependant pas une raison pour rechigner à atterrir et manquer la suite des événements.

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   MARCO STIVELL

 
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- Rick Davies (claviers, chant, choeurs, harmonica, mélodica)
- Roger Hodgson (guitares, claviers, chant, choeurs)
- John Helliwell (saxophones, clarinettes, claviers)
- Dougie Thomson (basse)
- Bob Siebenberg (batterie, percussions)
- + Claire Diament (choeurs)
- Ann Wilson (choeurs)
- Nancy Wilson (choeurs)


1. Crazy
2. Put On Your Old Brown Shoes
3. It's Raining Again
4. Bonnie
5. Know Who You Are
6. My Kind Of Lady
7. C'est Le Bon
8. Waiting So Long
9. Don't Leave Me Now



             



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