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Joe SATRIANI - The Elephants Of Mars (2022)
Par BRADFLOYD le 9 Mai 2022          Consultée 2239 fois

2022, année de la 'sortie' de la pandémie de Covid, est bénie pour la musique. En effet, ce temps où les concerts ont été quelque peu mis entre parenthèses a permis à certains de nos musiciens favoris de se concentrer sur des compositions et, pour nombre d'entre eux, le résultat est des plus réjouissants. À l'instar de Steve VAI, Joe SATRIANI nous offre un album qui fera date dans sa discographie.

L'objet du délit, un album, déjà, dont la pochette tranche avec toutes celles précédemment sorties par notre guitariste chauve. Une pochette en accord avec le titre de l'album où le divin chauve n'apparaît pas et où, si vous faites un peu plus attention, vous remarquerez que les oreilles des éléphants qui vous apparaissent à première vue sont en fait des corps de guitares et les trompes, les manches. Très stylisée.

Alors, soyons clair, vous ne serez pas surpris par le son de cet album. Ou plutôt par le son de la guitare qui reste conforme à ce que l'on connaît de notre maestro. En revanche, le format sonore est beaucoup plus étoffé que dans les albums précédents. Je m'étais fait le chantre, dans ma chronique de son précédent opus, du fait que Joe SATRIANI avait quelque peu évolué pour sortir un album extrêmement varié et fort agréable que j'aimais écouter régulièrement. Là, la barre a été placée plus haut encore. Rien que pour le premier titre, "Sahara", l'ambiance exotique vous invite au voyage sur un rythme chaloupé, comme si vous vous baladiez sur ces pachydermes et que vous vous laissiez emporter par la mélodie. Ici, point de démonstration technique, la mélodie est au centre, accompagnée par la batterie tout en délicatesse de Kenny Aronoff. Très joli travail.

Si ce titre vous met l’eau à la bouche, poursuivez. Tout le long de cette galette, vous serez surpris, étonnés, enthousiastes. Au point de considérer peut-être que cet album est le meilleur depuis au moins 20 ans, disons Crystal Planet et, si vous êtes encore plus enthousiastes, depuis Flying In A Blue Dream. Le titre éponyme, par exemple, vous emmène dans des contrées technoïdes, avec les arrangements électroniques que Joe avait pratiquement délaissés depuis Engines of Creation, tout comme dans Sailing the Seas of Ganymède. Mais surtout, ce qui frappe, ce sont les ruptures de ton, de rythme, d’atmosphère, à l'intérieur même des morceaux. Peut-être l'album le plus progressif de Joe SATRIANI, vraisemblablement en raison de la place prise par les claviers.

À l'inverse de Steve VAI dans son dernier album, on peut avoir l'impression que Joe SATRIANI complexifie quelque peu son propos dans la composition, sans pour autant faire de la démonstration technique à tout-va. Lorsque l'on s'intéresse à l'évolution de la guitare depuis quelques années, on tombe sur des vidéos YouTube de gars qui sont très largement, aujourd’hui, au-dessus techniquement de Joe SATRIANI, qui franchissent des caps impensables il y a encore peu. Pour exemple, je citerai les gars de POLYPHIA (avec un bémol, toutefois à leur endroit, en raison de leurs difficultés à improviser) et Max OSTRO. La compétition devient rude. S’il devait poursuivre aujourd’hui dans cette voie ouverte par Mike Varney, il est sûr qu'il se perdrait. Or, la particularité de Joe SATRIANI est de savoir composer. La technique n'est là que pour permettre un argumentaire de se développer, quelles que soient les ambiances.

Écoutez cette merveille de "Faceless". L'orchestration tout en douceur de Éric Caudieux nous emmène vers l’éther pour un titre d'une sensibilité rarement égalée. Un cousin lointain du "Europa" de Carlos SANTANA, en somme. Dans le même ordre d'idées, "22 Memory Lane" permet aux apprentis guitaristes de penser que, enfin, ils vont pouvoir jouer du SATRIANI sur leurs instruments de torture. Et que dire de "Desolation" qui clôt le disque ? Ce titre est d'une beauté incroyable.

En une heure et sept minutes, SATRIANI nous emmène où il le désire et c'est tellement agréable qu'on ne demande qu'à le suivre. "Blue Foot Groovy" très SATRIANIesque, commence tranquillement pour s’énerver aux 2/3 sans changer de rythme. "Tension and Release" fait très Jeff BECK dans sa syncopée. "Doors of Perception" est arabisant, "E 104th St NYC 1973" fait jazz-rock, comme si Miles DAVIS venait rendre visite au guitariste dans son studio. J’y aurais bien vu Marcus MILLER à la basse d’ailleurs. "Pumping" est funk (écoutez là encore cette basse !!!), "Night Scene" est à la limite de la musique de boîte de nuit (elle pourrait d'ailleurs illustrer avec avantage des reportages automobiles). "Through a Mother's Day Darkly" est, comme son titre l’indique… angoissante. Et la valse "Dance of the Spores" vous invite à la danse, tout en bifurquant en son milieu vers une fête foraine surannée.

Composé entièrement à distance avec le bassiste Bryan Beller, le batteur Kenny Aronoff, présent sur le précédent album, le claviériste Rai Thistlethwayte et le frenchy Eric Caudieux, régulièrement à ses côtés depuis une bonne vingtaine d’années, à l’habillage sonore, Joe SATRIANI a laissé beaucoup plus de place aux claviers et nous offre un disque moderne, même si certaines de ses influences proviennent du jazz-rock des années 70. Lui qui avait tendance à se répéter inlassablement depuis au moins 20 ans, a créé une œuvre au sens noble du terme pour son 19ème album en bénéficiant de l'appui de musiciens incroyables à ses côtés. Pour moi, c'est un 5 sans complexe.

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   BRADFLOYD

 
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- Joe Satriani (guitares, claviers)
- Bryan Beller (basse)
- Eric Caudieux (claviers, arrangements)
- Kenny Aronoff (batterie)
- Rai Thistlethwayte (claviers)


1. Sahara

2. The Elephants Of Mars

3. Faceless

4. Blue Foot Groovy

5. Tension And Release

6. Sailing The Seas Of Ganymede

7. Doors Of Perception

8. E 104th St Nyc

9. Pumpin’

10. Dance Of The Spores

11. Night Scene

12. Through A Mother’s Day Darkly

13. 22 Memory Lane
14. 
desolation



             



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