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PURE PRAIRIE LEAGUE - All In Good Time (2006)
Par LE KINGBEE le 11 Septembre 2022          Consultée 206 fois

Au début des eighties, PURE PRAIRIE LEAGUE se retrouvait sans maison de disques. Cela lui pendait au nez depuis quelques années et la sentence allait lui tomber sur la tête sans crier gare, comme l’épée de Damoclès. La formation engluée dans des changements de line-up incessants et en manque de succès coutait plus cher qu’elle ne rapportait. Difficile dans ces conditions de convaincre la moindre maison de disques. Depuis leur départ de Casablanca, label n’ayant strictement aucune accointance avec la Country, le groupe parvenait toutefois à se produire dans les circuits Country Rock, Folk et les scènes rétro comme les Américains les aiment tant.

Entre février et mai 1987, Craig Fuller et Mike Reilly enregistraient avec de nouveaux équipiers leur chant du cygne pour le label Rushmore sous l’intitulé Mementos 1971-1987. Le disque qui regroupait d’anciennes chansons revues et corrigées témoignait d’un manque flagrant d’inspiration qui sonnait le glas, le groupe étant dissout dans la foulée, Craig Fuller rejoignant LITTLE FEAT.

Histoire de se faire un peu de maille et de combler un petit cercle d’aficionados nostalgiques, la RCA, Mercury et BMG éditaient quelques compilations souvent sans queue ni tête, la plupart de ces recueils atterrissant dans les bacs des soldeurs au bout de quelques semaines.

Dix ans plus tard, le groupe se reforme à l’instigation de Fuller, Reilly et Connor pour se produire une quinzaine de fois par an dans des shows en plein air et des festivals estampillés Country Rock. En 2005, Fuller et sa bande se réunissent pour enregistrer à la surprise générale un nouvel opus, sans l’organiste Michael Connor, hélas emporté par un cancer à l’âge de 54 ans.

Enregistré en Caroline du Nord au Bunker Buster Studios de Pinehurst, bourgade connue pour son parcours de golf, Craig Fuller, Mike Reilly retrouvent Curtis Wright. Guitariste réputé, Curtis s’est surtout fait remarquer pour ses qualités d’auteur-compositeur et de choriste (Travis Tritt, Tim McGraw, Neil Diamond). Les trois hommes sont rejoints par le batteur Rick Schell (ex-Webb Wilder, Pinmonkey, Alison Moorer) et Fats Kaplin* un redoutable multi-instrumentiste (guitare, banjo, pedal steel, accordéon, fiddle) déjà entendu auprès de BAD COMPANY, Nanci Griffith, Trisha Yearwood ou Jason & The Scorchers.

Si la pochette dévoile avec bonheur Sad Luke, la célèbre mascotte du groupe imaginée à partir d’un dessin de Norman Rockwell, on éprouve un sentiment de finalité avec cette montre à gousset qui semble signifier que PURE PRAIRIE LEAGUR arrive au bout du bout. Tel le tic-tac d’un compte à rebours. Le titre All In Good Time traduisible par Chaque chose en son temps pourrait même paraître suffisant ou présomptueux, surtout si à l’instar de votre humble serviteur vous n’êtes pas un inconditionnel du band.

D’entrée de jeu, on se demande si c’est bien P.P.L qui joue avec "Gettin’ Over You", titre dynamique qui pourrait figurer dans le "Closer To The Truth" de Tony Joe WHITE. Le son des guitares est durci par rapport aux anciennes productions souvent pantouflardes, le timbre de voix toujours excellent, la rythmique efficace tandis que le fiddle de Kaplin apporte un cachet incontestable sous un nappage de Southern Rock. Virage à 90 degrés avec "I Sure Do Miss You Now", une douce balade entre Folk et Americana interprétée en acoustique et portée par la justesse des chœurs. Une bien belle mélodie toute simple reprise plus tard par Jim Faddis. Impression quasi similaire avec "Nothing Like The Lonely" emmené par un dobro aussi délicat que rustique alors qu’en arrière-plan l’accordéon triple rangs délivre un subtil enrobage portant dans son sillage des chœurs plein de ferveur. "Meant To Be" se déguste comme une bonne balade californienne patinée d’un soupçon de Pop. Si l’allure s’accentue légèrement avec "That Changes Everything Again", on reste cantonné au répertoire californien guère éloigné de POCO ou des EAGLES, avec un petit solo de mandoline en milieu de piste. La formation nous incite à un beau voyage entre Ohio et la Californie avec une autre petite balade portée par une élégante pedal steel rébarbative à aucun moment, avec "One Of Those Things". Les frontières entre Folk, Country et Americana sont parfois difficilement discernables, la preuve en est avec "The Cost of Doing Business" dans lequel l’accordéon apporte encore une belle enveloppe.

Changement de décor avec "Don’t Go Confessing Your Love", un mélodieux Country Rock reflétant le soleil de la Californie, un titre dans la ligne de mire des EAGLES ou de POCO. On reste sur la même tendance avec "Here Tomorrow, Gone Today", le fiddle apportant encore une petite touche oscillant habilement entre gaieté et mélancolie.

Au rayon des relatives déceptions, "Walking In My Sleep" un mid-tempo avec pedal steel, a du mal à accrocher l’oreille, la ligne mélodique ne tilte qu’à de trop brefs moments.

Si l’album s’achève sur une bonne note avec un bonus enregistré en public "If You Could Say What I'm Thinking", une balade mid-tempo qui pourrait s’insérer dans un album de Buffalo Springfield, c’est "Cajun Girl" qui décroche la timbale du meilleur titre. Fats Kaplin, virevoltant à l’accordéon à boutons et au washboard, nous entraîne sur les bords des bayous dans une folle farandole entre Square Dance et Zydeco.

Avec cet album que personne n’attendait, Craig Fuller, auteur de de dix des douze titres, bouclait la boucle de l’aventure P.P.L en studio. Aujourd’hui, il ne reste plus aucun membre de la formation d’origine. Mike Reilly ayant pris sa retraite l’an passé est venu exceptionnellement en 2022 pour une tournée croisière, évènement financièrement avantageux et très mode. Avec All In Good Time, PPL livre un album cohérent, bien écrit. Les trois vieux briscards (Fuller, Reilly, Wright) semblent avoir plongé dans une fontaine de jouvence, entraînés par la virtuosité et l’inventivité de Fats Kaplin. Assurément, le meilleur album du band, un chant du cygne qui frise le 4.


*Fats Kaplin est toujours très demandé comme sessionman. Il a enregistré auprès de Seasick Steve, Jack White, Tinariwen et Mary Gauthier.

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- Mike Reilly (basse, chant)
- Craig Fuller (guitares, mandoline, chant)
- Curtis Wright (guitares, chant)
- Rick Schell (batterie, percussions, chant)
- Fats Kaplin (pedal steel, mandoline,dobro, accordéon, violon, w)


1. Gettin' Over You
2. I Sure Do Miss You Now
3. Don't Go Confessing Your Love
4. Walking In My Sleep
5. Nothing Like The Lonely
6. Here Tomorrow, Gone Today
7. Meant To Be
8. That Changes Everything Again
9. One Of Those Things
10. Cajun Girl
11. The Cost Of Doing Business
12. If You Could Say What I'm Thinking



             



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