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- Membre : Alan Simon
 

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SUPERTRAMP - Even In The Quietest Moments... (1977)
Par ELLIOTT le 16 Février 2008          Consultée 13087 fois

A l’entame de cette deuxième moitié des 70’s, Supertramp semble avoir définitivement tourné le dos aux modes et poursuit son bonhomme de chemin. Après la Californie, le quintette part, fin 76, s'isoler sur les hauteurs du Colorado pour travailler son cinquième album, le troisième sans changement de line up. L’heure est à la stabilité et cette douce tranquillité se retrouve dès la pochette. Après l’emprisonnement dans l’espace, traduisant la schizophrénie latente de "Crime of the century", après le bain de soleil près des usines de "Crisis ? What crisis ?", tout en ironie, voici le piano sur les sommets enneigés du Mont Caribou pour illustrer ce "Even in the quietest moments…" La chaleur et la glace, un autre de ces contrastes que le groupe affectionne. Notons au passage que la mise en scène de la pochette est réalisée sans trucage et que la partition posée sur le piano est, en fait, celle de "The star spangled banner".

Plus léger (d’aucuns diront futile), moins torturé à de nombreux égards que ses prédécesseurs (à l’exception de "Fool’s overture"), l’album est empli d’une espèce de candeur qui, aujourd’hui encore, constitue sans doute sa plus grande force. La "faute" au tubesque "Give a little bit" qui ouvre les débats. Une ritournelle pop-folk qui, outre le fait d’être à l’origine de l’histoire d’amour entre le groupe et la France, va désormais s’inscrire comme l’un des incontournables du répertoire du groupe. Une bonne chanson taillée pour les ondes radio et la scène, le genre à vous redonner le sourire en n’importe quelle circonstance. Mais pas une grande chanson. Pour en trouver, il faut laisser les quelque quarante-quatre minutes défiler. Chacun des deux leaders en signe au moins une dans un opus qui, avouons-le, s’avère, dans son ensemble, comme étant le moins passionnant du carré magique qu’il constitue avec "Crime of the century", "Crisis ? What crisis ? " et "Breakfast in America".

Il y a, dans l’album, un semblant de désuétude parfaitement assumé comme le montre ce sympathique "Lover boy" dont Rick Davies reconnaîtra volontiers le côté "ringard", au sens noble du terme. Roger Hodgson n’est pas en reste puisque son "Babaji" (ode à une espèce d’avatar shivaïque) reste, dans le texte, bien estampillé 70’s. Il signe malgré tout une pop song néo baba qui tient la route et qui doit beaucoup à la basse de Dougie Thompson. Car voilà un musicien aussi discret qu’efficace, dont le jeu n’est pas sans rappeler celui, très chantant, d’un Paul Mc Cartney. Et là où Franck Farrell (ndlr : son prédécesseur) péchait souvent par trop de lourdeur, Thomson donne aux compos de la paire créatrice toute la fluidité qui leur est nécessaire (l’exemple de "Goodbye stranger" sur l’album suivant sera encore plus parlant).
On oppose souvent les personnalités de Rick Davies et Roger Hodgson. A l’un le timbre haut perché, les arrangements éthérés, la philosophie (le titre éponyme), à l’autre les tons graves, la structure, le réalisme (le magnifique "From now on", admirablement construit, et son solo de sax – l’un des plus beaux jamais interprétés par John Helliwell, mais aussi la ballade piano-voix "Downstream", enregistrée en une seule prise).
Sur ce disque, les choses vont même plus loin puisque Hodgson y déploye lui-même deux facettes bien distinctes. L’une au travers de laquelle il "recherche", comme il le dit lui-même ("Babaji" mais aussi le très pur "Even in the quietest moments…" où l’on croirait presque ressentir la délicatesse des arpèges du premier album). Et cet autre aspect, où il regarde en arrière, évoque la chute de l’Empire britannique et se pose en historien du présent par le biais de cette mini symphonie, largement dominée par le synthé Oberheimer, qui clôt le disque. Une pièce lumineuse de près de onze minutes pendant longtemps baptisée "The string machine epic" et que l’on connaît depuis sous le nom de "Fool’s overture".
Dans ce qui, rétrospectivement, apparaît comme un album de transition, "Fool’s overture" est un élément clé qui, musicalement, pioche des ingrédients du passé ("A soapbox opera") et annonce la suite ("Child of vision"). Incluant un extrait du discours du 4 juin 1940 de Winston Churchill, des sons de cloches, de foule, de tempête, la lecture du premier vers d’un poème de William Blake ("Jerusalem") et un micro extrait de "Dreamer" (à 8’49’’), le morceau est aussi étoffé que "Give a little bit" peut être dépouillé, qu’il s’agisse de sa conception ou de son message.

En allant ainsi de la simplicité à la sophistication, l’architecte Supertramp continue d’aménager son espace, bâtit son œuvre même si sa réalisation de 1977 n’est pas, en dépit de ses qualités, la meilleure. Et si "Crime of the century" était son temple d’Artémis, il retournera, d’ici quelques mois, en studio pour accoucher de ce qui deviendra son colosse de Rhodes.

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   ELLIOTT

 
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- Roger Hodgson (chant, claviers, guitare)
- Rick Davies (chant, claviers)
- Dougie Thomson (basse)
- John A. Helliwell (instruments à vent, chœurs)
- Bob C.benberg (batterie, percussions)


1. Give A Little Bit
2. Lover Boy
3. Even In The Quietest Moments
4. Downstream
5. Babaji
6. From Now On
7. Fool's Overture



             



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