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Calvin RUSSELL - Sounds From The Fourth World (1991)
Par ERWIN le 18 Octobre 2009          Consultée 3177 fois

Le deuxième album de Calvin Russell est celui de la consécration. Le Texan, contre vents et marées, blindé en quasi permanence car plus porté que Lemmy sur le bourbon, amateur et vendeur de substances illicites, va imposer son style bluesy… la gueule ravagée par plus de dix années passées derrière les barreaux des prisons des USA et du Mexique ! Bref, le gendre idéal !
Ce Sounds From The Fourth World à l’hallucinante pochette crépusculaire ornée de l’homme au feutre n’est pas un disque pour fillettes. La beauté des mélodies, la magnificence des paroles, la dramatique voix de Calvin noyée dans l’alcool, ses doigts pourtant agiles qui courent sur le manche de sa guitare en font une œuvre majeure de ces années 90.

« Crossroads » est cette envoutante mélodie sans âge ni repère, juste une rythmique rampante et entêtante, hypnotique, qui soutient des paroles d’une poésie que l’on ne soupçonnerait pas dans la bouche d’un être humain aussi laid, aussi mal dans sa peau… Le « Crossroads », ce symbole du Blues si prégnant, le lieu du serment de Robert Johnson… Qui aura payé un tribut plus lourd que Calvin Russell à cette musique ? Qui décidément doit être celle du diable, si la musique classique est celle des anges. Cette chanson donc, immuable et intemporelle, inéluctable, comme une dernière marche vers le destin que nous connaîtrons tous… Pourtant l’esprit du morceau n’est pas si macabre, et la guitare est même porteuse de sonorités évoquant plus l’espoir que l’anéantissement… Une merveille ciselée par les mains et l’esprit d’un orfèvre de génie.

A peine moins exceptionnelle, « One meat ball » narre les vicissitudes de la vie d’un pauvre hère, affamé et pauvre comme Job…Vous avez dit autobiographique ? On imagine sans peine le pauvre Calvin titubant, faisant la manche pour s’offrir un peu de nourriture. Les deux versions proposées ici ont le mérite de présenter les deux registres les plus souvent pratiqués par le Texan, l’un assez rock’n’roll, presque hard rock par moments, l’autre plus acoustique. Malgré ma passion pour le gros son, j’avoue une nette préférence pour la version soft, infiniment plus triste, et dont le saxophone velouté résonne encore longtemps après la fin de la chanson.

Du gros son ? Il y en a pas mal sur cet album. « Maybe someday » d’abord, que ne renieraient pas les southern bands les plus musclés type Molly Hatchet ou Blackfoot. Le rythme lent et syncopé de « Rockin the republicans » ne cache pas sa force latente, nouvelle accusation portée contre le gouvernement américain. Si le dicton « nul n’est prophète en son pays » s’applique à quelqu’un, notre bon taulard doit être celui-ci ! Totalement inconnu dans son pays excepté pour son casier judiciaire aussi long que « Guerre et Paix », c’est la France qui aura recueilli Calvin Russell et lui aura donné sa chance. Il n’a d’ailleurs de cesse de tourner dans l’hexagone, avec dévotion. En tout état de cause, mieux vaut pour lui ne pas rester aux USA, vu la politique extrêmement conservatrice en matière de possession d’herbe de la plupart des Etats.
« Baby I love you » ou comment un germe d’espoir nait dans l’esprit d’un homme désespéré, pour une jolie comptine d’amour au refrain plus insouciant.
« Down down down » est une chanson qui me rappelle celle que notre bon Lucky Luke chante à la fin de ses aventures : « I’m a poor lonesome cow boy », sur un thème presque optimiste, Calvin narre une autre portion de vie.

Une vision du désespoir, ce quatrième monde au goût acre de poussière… On y retrouve tous les ingrédients de l’envers du rêve américain : la prison, l’alcool, la drogue, la pauvreté, la saleté, la solitude, la violence… « Le dormeur doit se réveiller » ? Merci Calvin, pour tant de vérités, même si elles ne sont pas toujours bonnes à dire. La réalité est souvent décevante.

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   ERWIN

 
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- Calvin Russell (chant, guitare, harmonica)


1. You’re My Baby
2. Last Night
3. One Meat Ball
4. Crossroads
5. Maybe Someday
6. Rockin The Republicans
7. Baby I Love You
8. Love Stealer
9. You Don’t Know
10. Down Down Down



             



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