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ARCHIVE - You All Look The Same To Me (2002)
Par SUNTORY TIME le 30 Mars 2010          Consultée 3285 fois

Tout d’abord ce logo, énorme, en lettres blanches marquées ça et là de multiples imperfections. Ensuite ces visages, tel une sorte de trombinoscope de lycée anglais. Et pour finir ce titre étrange, You All Look the Same to Me, que l’on peut traduire par « Vous êtes tous les mêmes pour moi ». Qu’en penser ? C’est direct, agressif même, ou alors c’est un message d’égalité. A vous de juger, chers lecteurs. Si vous connaissez ARCHIVE, que vous avez adoré le Trip-Hop de Londinium, ou même la Pop sophistiquée de Take My Head, alors faites attention. L’album que vous avez entre les mains est hautement combustible, dangereux pour qui ne s’y est pas préparé. Et comme je ne veux pas être poursuivi pour non prévention de risques liés à son écoute, je préfère assurer mes arrières. Après avoir bien pris note de ces quelques recommandations de sécurité, vous pouvez insérer le disque dans votre lecteur.

Tout commence par des arpèges de guitare, puis une voix jusque là inconnue, celle de Craig Walker, une voix grave et délicate. Bye-bye les voixs féminine de Roya Arab puis de Suzanne Wooder, exit le rap de Rosko John, le ARCHIVE nouveau sera masculin. Les claviers ainsi que l’harmonica font leur apparition sur ce premier morceau décidément très lent et mélancolique, avec ces « Again » répétés en échos. On pense à PINK FLOYD qui aurait rajouté l’harmonica dans son immense palette sonore… A cette idée, on regarde le maigre livret de l’album, ce qui est dit de « Again », ce premier morceau… Nom de Dieu, 16 minutes et 19 secondes !!!!! En ce début de 21ème siècle ou le Rock Progressif semble mort et enterré pour le grand public, il fallait oser une chanson de ces dimensions ! La tension monte, une mélodie répétitive débarque, accompagnée d’une rythmique lourde et sinistre, puis après un nouveau solo d’harmonica, Walker se met à rugir entre rage et douleur. Le rythme se poursuit longuement, avant une légère accalmie, puis les guitares se déchainent alors emmêlées aux hurlements de plus en plus désespérés du chanteur… puis la chanson s’évanouit comme elle avait commencé, par des arpèges délicats.

Voilà tout nos a priori sur ARCHIVE éparpillés aux quatre vents. Et pourtant c’est bien le même groupe ! Enfin, le même combo devrais-je dire, avec les talentueux Darius Keeler et Danny Griffith aux manettes. Après l’écoute de ce « Again » particulièrement marquant, on corrige en précisant que le ARCHIVE nouveau est masculin ET progressif. Une fois passé ce quart d’heure de stupeur, on peut s’intéresser aux autre titres.

« Numb » est un long crescendo ou Walker cite une seule et même phrase indéfiniment alors que la basse se fait de plus en plus forte, de plus en plus pesante, jusqu’à l’explosion de guitare et de synthé. Un excellent morceau qui doit prendre une dimension extraordinaire en live ! « Meon » et « Goodbye » sont plus calmes mais restent relativement longs (plus de 5 minutes), on retrouve une nouvelle voix sur « Meon », une certaine Maria Q. qui aura un grand rôle dans le groupe par la suite. Le très court mais très beau « Now and Then », aussi chanté par Maria Q. est davantage le final de « Goodbye » qu’un morceau à part entière. Idem pour le tout aussi court « Seamless », instrumental glauque qui fait office d’introduction au monstre qui suit.

« Finding it so Hard » est l’autre longue pièce de l’album, dépassant « Again » d’une minute si on y inclut « Seamless » en intro. Et si vous aviez trouvé « Again » flippante, alors vous risquez de sortir traumatisés de l’écoute de cet effroyable morceau, avec ses beats infernaux, stressants, terrifiants (les adjectifs me manquent). Si la tension monte petit à petit dans la première partie, la suite est un déchainement électrique de gémissements, de synthés stridents et de guitares ultra-saturées. Si « Again » fleure bon le PINK FLOYD style « Animals », « Finding it so Hard » fait penser à du RADIOHEAD qui aurait abusé de toutes les substances illicites possibles ! Le final se fait plus calme, mais la douleur est encore palpable, et Maria Q. achève de manière particulièrement poignante ce morceau génial, cauchemardesque, supérieur à « Again » selon moi.

Le fin de l’album est beaucoup plus posée, et permet à l’auditeur de reprendre son souffle après le quart d’heure dévastateur de « Finding it so Hard ». « Fool » est planante avec ses claviers floydiens, quant à « Hate », la musique paisible contraste avec les paroles agressives de Walker, et fait dans l’originalité avec son solo de… trompette. « Need » clôt l’album de manière surprenante, car il s’agit d’une petite ballade acoustique, où WALKER chante juste accompagné d’une guitare.

L’arrivée de Craig Walker au chant a eu un effet plus que positif sur la musique du combo KEELER/GRIFFITH, qui ne savait plus quelle direction prendre après un Take my Head qui a déçu les fan de Londinium. Pas sur que YALTSTM réconcilie ces derniers avec ARCHIVE, mais désormais le collectif bénéficie d’une énergie nouvelle. Grâce à cet album, ARCHIVE va trouver son rythme de croisière, et rester dans cette voie de l’électro/prog jusqu’à nos jours. Craig Walker est une personnalité très charismatique, et sa voix assez particulière (on aime ou pas …) va être la marque de fabrique pendant quelques années. Quelques années qui vont sortir ARCHIVE de son marasme, le dévoilant au grand public grâce à une version raccourcie de « Again ».

You All Look the Same to Me est un album éprouvant, mais une fois apprivoisé, on ne peut qu’admettre que c’est une tuerie, un coup de maître presque parfait, s’il n’y avait pas eu cette rythmique trop lourdingue qui a tendance à gâcher l’esthétique des titres comme « Again », « Meon » ou « Goodbye ». Un croisement surprenant entre Rock Progressif et Electro virulente, inégalé jusqu’à Controlling Crowds, 7 ans plus tard.

Note réelle : 4,5/5

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   SUNTORY TIME

 
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- Darius Keeler (claviers)
- Danny Griffiths (claviers, effets, samples, basse)
- Craig Walker (chant, guitare accoustique)
- Maria Q. (chant, chœurs)
- Steve Harris (guitares)
- Smiley (batterie)
- Alan Glen (harmonica)
- Carl Holt (trompette)


1. Again
2. Numb
3. Meon
4. Goodbye
5. Now And Then
6. Seamless
7. Finding It So Hard
8. Fool
9. Hate
10. Need



             



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