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FOLK SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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Alan SIMON - Excalibur - La Légende Des Celtes (1998)
Par MR. AMEFORGEE le 20 Décembre 2004          Consultée 11584 fois

On ne présente plus la légende du Roi Arthur et de ses chevaliers de la Table Ronde, ainsi que la plus célèbre des épées, Excalibur, tirée de l’enclume et confiée à Arthur par les Dames du Lac. La littérature, puis bien plus tard le cinéma (merci Walt Disney :-) ), n’ont jamais manqué de s’en inspirer.

C’est tout naturellement qu’Alan Simon a ramené la légende au pays pour en faire un concept album ambitieux de musique celtique, réunissant pour l’occasion de nombreux « seigneurs » du genre, tels que les groupes Tri Yann, Fairport Convention ou Bohinta, ou des artistes tels que Dan Ar Braz, Roger Hodgson (ex-monsieur Supertramp), Carlos Nùñez, Gildas Arzel, Angelo Branduardi, Didier Lockwood, Nikki Matheson, Denez Prigent, ou encore Gabriel Yacoub. Outre ce casting digne d’une superproduction hollywoodienne, le bonhomme n’a pas lésiné sur les moyens, puisqu’il s’octroie également le concours de l’Orchestre Symphonique de Prague, des Chœurs Bulgares « Philippopolis » et du Bagad de St-Nazaire… Rien que ça.

Je l’affirmerai avant d’entrer dans les détails : cet album est excellent. Car riche, varié et grandiose. D’un point de vue narratif, les morceaux suivent la progression chronologique de la légende, se présentant en quelque sorte comme des tableaux qui mettraient en scène tel ou tel personnage clé à tel moment précis de l’histoire, débutant, après une introduction majestueuse, sur les frasques de Uther Pendragon, pour aller jusqu'à la mort du roi Arthur et la longue procession qui le mène sur l’île d’Avalon, plongée dans un brouillard éternel. Précisons d’emblée qu’il ne s’agit pas d’un « opéra », même si à chaque personnage correspond plus ou moins une voix (Tri Yann pour Uther, Roger Hodgson pour Arthur, Nikki Matheson pour Guenièvre, Elaine Furey pour Morgane, etc.) : il n’y a pas d’interraction entre les interprètes. C’est pourquoi le terme de « tableau » me semble plus approprié.

D’un point de vue musical, Excalibur se présente sous différentes facettes : instrumentaux qui mêlent habilement le symphonique, la musique de chœur et l’électricité du rock, avec prédominance de tels ou tels éléments suivant les morceaux :
Ouverture symphonique alliée à la profondeur des chœurs (Dihun), danse celtique jubilatoire, rehaussée par la puissance du rock (Castel Rock), passages métissés avec éléments de guitares électriques qui croisent le fer avec l’orchestre (Celtic Dream, avec ses percussions presque tribales, qui d’ailleurs n’est pas sans me rappeler ce que peut faire Era dans ce genre-là ; l’héroïque Excalibur, mené par la guitare lyrique de Dan Ar Braz), interludes solennels où se mélangent les instruments païens du folk et les accents presque religieux des chœurs (Ad Libitum, avec la participation de Carlos Nùñez à la flûte baroque ; the Quest) et enfin conclusion contemplative qui se perd dans les brume du silence, sur la plainte d’une lointaine cornemuse (Vers l’Île d’Avalon).

Et de l’autre côté, nous trouvons les chansons (en français, en anglais ou en breton), qui forment la trame de l’histoire. Ces dernières présentent parfois les atours chatoyants du rock : l’excellent et sulfureux Pour l’Amour de la Reine, interprété par Tri Yann ; l’épique The Gest of Gauvain, où on appréciera la voix grave du chanteur de Fairport Convention ; le lyrique, presque « pop-folk », The Will of God, chanté par Roger Hodgson. Ou alors, elles arborent l’esthétique paisible de la ballade : le grandiose The Elements, interprété avec sensibilité par la voix plutôt claire de Roger Hodgson, ou bien son pendant féminin, Morning Song, tout aussi intéressant grâce au chant de Nikki Matheson. Mais la ballade peut également prendre les accents vénéneux de la conspiration (Morgane, par Bohinta), se teinter d’une couleur crépusculaire de fin de règne, quasi hypnotique (Camlann, par Bohinta encore), ou s’imprégner de la mélancolie de la complainte (Davet Ar Baradoz, par Denez Prigent, Perceval par Gabriel Yacoub, ou l’Appel de Galahad par Angelo Branduardi).
Les instruments traditionnels, cornemuses, flûtes, harpes, bouzouki, etc. se partagent la vedette avec l’orchestre symphonique et confèrent une grande richesse mélodique aux morceaux. Au final, on ne sait plus très bien si l’on se trouve dans un album de folk-rock ou une b.o. de film. Un entrelacement des deux sans doute.

Ajoutons aussi la participation de l’acteur, Jean Reno, qui, dans le rôle de Merlin, fait office de narrateur entre les morceaux. Ceux qui connaissent le film éponyme de John Boorman, reconnaîtront sans doute quelques formules présentes dans le film, la raison étant que les deux projets s’appuient sur le même livre : « la Mort d’Arthur » de Sir Thomas Malory.

Au premier abord, on aurait pu craindre à un gros pavé indigeste ou à une manœuvre purement commerciale (un gros casting, un album sur le mythe de la Table Ronde ou sur Tolkien, c’est toujours assez vendeur), mais finalement le résultat se révèle vraiment enthousiasmant, du moment que l’on apprécie les arrangements grandiloquents et le mélange des genres, même si tout cela reste bien entendu sous la férule de la musique celtique. Excalibur, en album très ambitieux, se montre donc à la hauteur des espérances et prouve que ce genre de superproduction, bâti autour d’un des grands mythes fondateurs de la littérature européenne, n’est pas l’apanage exclusif des groupes de métal symphonique et des comédies musicales franco-canadiennes. Les artistes de la sphère celtique, toujours prêts à se lancer dans de nombreuses collaborations, ont signé ici un vrai joyau. Excalibur, un album de légende, donc.

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1. Dihun
2. Pour L'amour De La Reine
3. The Elements
4. Castel Rock
5. Morning Song
6. Celtic Dream
7. Ad Libitum
8. Morgane
9. The Gest Of Gauvain
10. Davet Ar Baradoz
11. La Complainte De Perceval
12. The Quest
13. The Will Of God
14. Camlann
15. L'appel De Galahad
16. Excalibur
17. Vers L'Île D'avalon



             



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