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 Excaliburtrilogy (1496)

Alan SIMON - Excalibur Iv – The Dark Age Of The Dragon (2017)
Par GEGERS le 10 Mars 2018          Consultée 663 fois

Étalée sur 20 ans, la saga Excalibur constitue une matière musicale riche pour les amateurs de musiques celtisantes. Il y a le premier volet, période « bleue », qui fait la part belle au rock, et se voit ancré profondément dans la culture bretonne. Le deuxième, ou période « rouge », se fait résolument folk et lorgne du côté des Îles britanniques. Le troisième volet, période « verte », est pour sa part volontairement tribal, indéniablement international, la musique d'Alan SIMON dépassant le cadre du celtisme pour épouser l'Homme, sans frontières ni barrières. L'histoire aurait pu s'arrêter là, et c'est bien le hasard qui permet au barde breton de faire de son projet pharaonique une quadrilogie, chose rare en musique où la trilogie est reine. Sollicité pour monter une nouvelle tournée Excalibur, Alan SIMON pose une condition : que celle-ci soit accompagnée d'un nouvel album. A la grande surprise de l'artiste, le promoteur accepte de financer ce quatrième volet, épisode de luxe pour une saga sans âge, sans réels début ni fin.

Il y a un concept, bien sûr, mais celui-ci sert surtout de prétexte à l'écriture de titres porteurs de réflexions générales sur l'amour et l'existence, sur le sens de la vie. Merlin, retenu captif par la féé Morgane, se libère de son sort après 1000 ans, pour se retrouver dans notre monde contemporain. Tout d'abord émerveillé, il réalise rapidement la perte des valeurs chevaleresques, pourtant bravement défendues par le Roi Arthur à sa table ronde. En rage, Merlin décide de jeter son sort le plus puissant à la face du monde en ramenant à la vie un puissant dragon. Il est néanmoins facile de faire abstraction de l'histoire, qui n'est finalement présentée qu'en filigrane, pour aborder les morceaux individuellement et prendre l'album comme une collection de titres qui évoluent cette fois vers une tendance légèrement plus pop.

L'introduction, symphonique mais peut-être moins porteuse d'un souffle épique que sur les précédents albums du projet, permet surtout et avant tout d'introduire Alan Stivell, qui participe pour la première fois au projet et déclame des vers en breton, français et anglais, griot breton personnifiant un Merlin solennel. Comme dans le deuxième volet de la saga, une part belle est ici laissée aux ballades folk, exercice parfaitement maîtrisé par Alan Simon, qui œuvre d'ailleurs au micro sur l'une d'entre elles, la très réussie « You Don't Know ». Autre nouveau venu, le chanteur du groupe Saga Michael Sadler se fait pour sa part impérial dans « Alone », ballade délicate et grandiloquente à la fois, sur laquelle intervient déjà l'instrument-star de cet album : le saxophone de John Helliwell (SUPERTRAMP). L'instrument, très présent sur l'ensemble de l'album, plus encore que sur le précédent volet, nous « gâche » un peu la fête, apportant des sonorités jazzy là où l'on aurait préféré entendre des réminiscences celtiques. Lorsqu'Alan SIMON se fait résolument prog sur des titres tribaux tels que « The New Times », « Stonehenge », c'est encore le saxophone qu'il convoque, réduisant à notre avis leur impact.

Alors que les précédents volets se faisaient le témoignage d'un certain amour courtois, Alan SIMON assume ici parfaitement un côté romantique très prononcé, que l'on retrouve sur nombre de ballades aux sonorités pop. « I'm Not The Only One », malgré un sympathique refrain porté par la voix de Jesse Siebenberg (SUPERTRAMP), nous semble quelque peu trop mièvre pour convaincre pleinement. Il en va de même pour « Forget Your Sorrow » et « You Are The Sunshine », interprétés par le même chanteur. Ces titres nous semblent peu à leur place dans un album foisonnant de bonnes idées. On les retrouve sur l'excellent instrumental très rock « The Fifth Season » (il aurait fallu plus de titres de cet acabit), sur lequel un violon et la guitare de Martin Barre (JETHRO TULL) s'engagent dans un duel endiablé. Autre bonne idée, ce titre rock symphonique grandiloquent qu'est « I Will Be Forever », même si on aurait bien pris un solo de guitare supplémentaire à la place des lignes de saxophone. Néanmoins, quel splendide refrain.

Splendide, l'adjectif est également adapté pour caractériser deux aspects majeurs de l'album ; les titres folk, de très grande qualité, à l'image de « Dreamers », porté par une performance vocale remarquable de Bernie Shaw (URIAH HEEP), ou « The Passion », ballade aux accents médiévaux qui bénéficie de la présence de Sonja Kristina (CURVED AIR). Et puis, il y a bien sûr ces ballades celtiques dont la beauté pure est transportée par l'interprétation bouleversante des chanteuses qui leur donnent corps et vie. Sur « The Last Lament of a Fairy » et « There is Someone », la chanteuse australienne Siobhan Owen se fait bouleversante de puissance et de délicatesse mêlées. Quelle interprétation sur des mélodies limpides et magnifiques ! Sur « Silver Moon », c'est cette fois Moya Brennan du groupe CLANNAD qui se fait déesse celte, dotée d'un vibrato porteur de spiritualité. Et ce violon... du grand art !

Ultime (vraiment?) volet de la saga, ce quatrième chapitre est une synthèse parfaite de l'identité Excalibur. La contrepartie, c'est que sa trop grande hétérogénéité peut parfois laisser un goût d'inachevé, et si, à titre personnel, nous avons été quelque peu agacé par la prédominance du saxophone, l'album se révèle être un savant travail d'alchimiste et d'équilibriste, le genre de tour de force que seul Alan Simon semble capable de réaliser. La force de cet album est qu'il est inédit dans le paysage musical actuel, de par son audace, son casting et son contenu, intemporel. Les amoureux d'Excalibur trouveront leur compte à l'écoute de cet album un poil plus pop que ses prédécesseurs, mais celtique jusqu'au plus profond de son âme.

3,5/5

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   (2 chroniques)



- Michael Sadler (chant)
- Bernie Shaw (chant)
- Moya Brennan (chant)
- Sonja Kristina (chant)
- Maite Itoiz (chant)
- Siobhan Owen (chant)
- Roberto Tiranti (chant)
- Alan Stivell (chant, harpe)
- Jesse Siebenberg (chant, basse, guitare, batterie)
- Alan Simon (chant, guitare)
- Massimo Palermo (basse)
- Martin Barre (guitare)
- Paolo Ballardini (guitare)
- Basile Leroux (guitare)
- Guido Carli (batterie)
- Claudio Fossati (batterie)
- Marco Fadda (batterie)
- Bohemian Symphony Orchestra Prague (orchestre)
- John Helliwell (saxophone)
- Siobhan Owen (harpe)
- Konan Mevel (flûte)
- Daniela Piras (flute)
- Louis Marie Sevéno (violon)


1. The Wings Of The Dragon
2. Alone
3. Stonehenge
4. I’m Not The Only One
5. Calling For You
6. Don’t Be Afraid
7. Silver Moon
8. Dreamers
9. The Last Lament Of A Fairy
10. The New Times
11. Forget Your Sorrow
12. The Fifth Season
13. The Passion
14. I Will Be For Ever
15. Behind The Mist
16. You Don’t Know
17. You Are The Sunshine
18. There Is Someone
19. Dun Angus Ii



             



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