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- Membre : Tri Yann, Fleetwood Mac, Supertramp, Angelo Branduardi , Midnight Oil, Zucchero, Fairport Convention, Cécile Corbel , King Crimson, Jethro Tull, Barclay James Harvest, Ange, Pat O'may
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 Excaliburtrilogy (1424)

Alan SIMON - Gaïa (2003)
Par GEGERS le 18 Août 2011          Consultée 2282 fois

Comme l'impression que la Terre ne tourne plus rond, qu'une force insidieuse et sournoise pèse sur l'un de ses flancs, déstabilisant encore plus le faible équilibre qui lui permet pour quelques temps encore de pivoter sur son axe. Serait-ce cet océan de détritus, bien calé dans le Pacifique nord, ou cette tentative stérile des hommes politiques de rationaliser la sauvegarde d'un écosystème, qui n'a jamais eu besoin de ces fourmis en col blanc pour s'autoréguler ? A l'heure où les néo-païens de tous poils se rassemblent en conglomérats qui tiennent plus du folklore pour touristes que d'un réel et utile hommage rendu à la terre nourricière, des hommes comme Alan SIMON préfèrent célébrer les racines et les ramifications de l'arbre de la vie, comme un dernier salut avant le cataclysme à la destruction salvatrice.

Pour Exxon et Texaco, le Breton a sans doute l'allure de la petite fourmi qui s'élève au-dessus du troupeau pour les pointer du doigt, cheveux longs en bataille et barbichette accusatrice. L'homme le sait bien, et n'a pas fait de son projet pharaonique Gaïa un manifeste partisan ou revendicatif. Alan SIMON livre un album militant, paradoxalement, par son absence de militantisme forcené. Entouré d'une armée de chanteurs et de musiciens de tous horizons et de toutes cultures (350 ont participé à l'enregistrement de l'album), l'artiste a décidé de s'adresser à la terre elle-même, et de préférence sans intermédiaires, merci.

Le résultat est donc cet album-hymne, pavé éclectique de plus d'une heure, mêlant constats d'échec, célébrations grandiloquentes et méditations désabusées. Les figures de proue sont célèbres ou anonymes, et s'unissent en une seule voix pour magnifier cet ensemble hétéroclite, mais néanmoins parfaitement construit. En effet, seul Alan SIMON semble à même de faire se côtoyer le rock hardi de Midnight Oil (« No man's land », qui colle parfaitement au style d'un groupe qui n'a eu de cesse de mener des actions en faveur de l'environnement), la voix chaude et empreinte d'une profonde tristesse de Cesaria Evora (« Jangadero »), celle profonde et rugueuse de Zucchero (la magnifique « World ») et le chant diphonique du Kalmouke Okna Tsahan Zam. C'est toute la richesse de la terre que le Breton nous présente ici en format CD, lui qui n'a eu de cesse de parcourir le monde pour enregistrer ces témoignages d'une valeur inestimable. Entre musiques du monde, jazz, blues, classique, rock et folk, Gaïa est une épopée d'une très grande beauté sur une écorce terrestre qui vibre au son des voix unies de Mick Fleetwood (Fleetwood Mac) et du regretté Billy Preston sur « Where is the way », au son de l'intemporalité musicale d'un Angelo Branduardi dont la délicatesse d'interprétation n'a d'égale que son immense talent (« Birds island »), ou au son des délectables sonorités folk-rock d'« On the road », sur laquelle la voix de Justin Hayward (chanteur des Moody Blues) provoque une irrépressible chair de poule.

Des réserves ? Aucune. Même si Alan SIMON présente lui-même son album comme « un projet d'homme plus qu'un projet d'artiste », Gaïa reste une ode musicale d'une très grande beauté. Ceux qui connaissent le Breton pour son célèbre opéra-rock Excalibur trouveront leur bonheur à l'écoute des pièces les plus accessibles (les folk-rock « Love calls love » par Roger Hogdson et les frères Siebenberg de Supertramp), « Spailpin a ruin » et ses accents celtiques prononcés, ou « Wonderful Dreams » qui laisse à penser que James Wood aurait aisément pu être John Lennon à la place de John Lennon. Les autres apprécieront la découverte d'un album aux tons variés et riches, reliés entre eux par une thématique commune des plus empathiques. Reste le regret que le fameux « Concert pour la planète », spectacle initialement prévu pour être donné dans l'Himalaya en support de l'album, n'ait pu encore voir le jour, même si les espoirs restent de mise pour une interprétation live de l'album dans la chaîne de montagne asiatique en 2013... Et en attendant, elle tourne encore...

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   GEGERS

 
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- Alan Simon
- Midnight Oil
- Cesaria Evora (chant)
- Angunn (chant)
- Jean Reno (voix)
- Jane Birkin (voix)
- Zuchhero (chant)
- Manu Dibango (chant)
- Justin Hayward (chant)
- Okna Tsahan Zam (chant)
- Angelo Branduardi (chant)
- Billy Preston (chant)
- + Divers Instrumentistes


1. No Man's Land
2. Jangadero
3. Incantation
4. World
5. Lost Horizon
6. Peace On Earth
7. Wema
8. On The Road
9. Edjin Dunn
10. Love Calls Love
11. Maria De Santiago
12. Spailpin A Ruin
13. Bird Island Intro
14. Bird Island
15. Nadie Oro
16. Wonderful Dream
17. Nani Maiya Bala
18. World
19. Where Is The Way
20. Wish



             



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