Recherche avancée       Liste groupes



      
INDUS  |  STUDIO

Parallhit
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Marilyn Manson
- Style + Membre : How To Destroy Angels
 

 Le Site Officiel (291)
 Ninnews (743)

NINE INCH NAILS - Ghosts I-iv (2008)
Par NEBEL le 18 Janvier 2011          Consultée 1773 fois

En 2008, Trent Reznor surprend tout le monde en annonçant qu’un nouvel album est en préparation, moins d’un an après la sortie du glacial Year Zero. Nous voilà donc partis pour un nouveau Halo, le vingt-sixième plus précisément.

Ce Ghosts I-IV est particulier car radicalement différent des précédents albums de NINE INCH NAILS. Premier point qui saute aux yeux, ou plutôt aux oreilles : l’absence totale de chant. L’intégralité des trente-six pistes composant cet album est donc instrumentale, il faudra par conséquent se passer des lignes de chant torturées et magistrales auxquelles Trent Reznor nous avait habitués. Venons-en à notre deuxième point : il s’agit de l’album le plus long jamais composé par l’artiste, devançant même The Fragile. Ghosts I-IV brise donc les conventions établies par son géniteur et nous propose cette fois une longue succession de plages atmosphériques, conçue comme une "bande-sonore pour les rêveries", comme le dit Reznor lui-même.

Le troisième et dernier point mérite bien un paragraphe à lui tout seul : désireux de briser les liens qui le retenaient avec le label Interscope Records, avec lequel il n’était pas en très bons termes (1), Trent Reznor a décidé d’éditer son album sous une licence Creative Commons et de le distribuer directement depuis son site officiel.
Le choix est laissé entre plusieurs versions : l’album en téléchargement pour 5$, un double CD pour 10$, une édition de luxe à 75$ et un coffret pour milliardaires à 300$, maintenant épuisé. Enfin, pour ceux qui désireraient juste se faire une idée de l’album, il est possible d’en télécharger gratuitement les neuf premières pistes.
Saluons donc cette initiative respectueuse de l’auditeur, qui n’a plus à hésiter entre pirater l’album et se ruiner pour l’acquérir. Quand on voit les tarifs honteux pratiqués par certaines enseignes, on ne peut que souhaiter une généralisation de ce modèle.

Forces Parallèles étant dédié à la musique et non à l’économie, refermons cette (longue) parenthèse pour nous concentrer sur ces trente-six fantômes, divisés en quatre sections (I, II, II et IV) pour une raison qui m’échappe.
Force est de reconnaître que Ghosts I-IV est l’archétype même de l’album difficile à cerner, et encore plus à chroniquer, de par sa longueur et son absence de temps forts. Il est donc nécessaire de l’apprécier tel qu’il est, une bande-sonore atmosphérique qui appelle à la rêverie. Inutile d’essayer d’isoler une piste précise, mieux vaut se laisser porter par un flot continu, un style ambiant qui sera d’ailleurs amplement repris sur la bande originale du film The Social Network.

Le disque reprend l’aspect le plus calme et onirique de l’œuvre de Trent Reznor : samples triturés dans tous les sens et empilés méthodiquement, guitares saturées, rythmiques entêtantes, piano minimaliste. Bref une formule maintes fois éprouvée, ici épurée de toute fulgurance électronique. Ne cherchez ni l’hystérie ni la sensibilité écorchée de The Downward Spiral, vous ne les trouverez pas. Ghosts I-IV est d’une parfaite neutralité. Une neutralité qui repose, rassure, parfois. Mais ce caractère équanime est tout aussi susceptible de lasser l’auditeur trop impatient : s’il constituera un véritable rêve éveillé pour certains, d’autres le trouveront beaucoup trop austère.
Je me situe personnellement entre ces deux extrêmes, attentif à ses qualités mais incapable de l’apprécier sur la longueur : plus d’une heure et cinquante minutes !
On trouve ici et là quelques perles, qu’elles soient douces et apaisantes (pistes 9, 13, 22, 28, 36) ou plus noires (pistes 20, 24, 26, 32), mais il est clair que ces deux énormes disques auraient certainement gagné à être élagués.

Ghosts I-IV est donc une étrangeté dans la discographie du surdoué Trent Reznor : un album à part, mais certainement pas majeur, qui fait tout de même regretter le bon vieux temps de The Downward Spiral et The Fragile…


1 : Je vous invite à lire cette interview de Trent Reznor, qui en dit long sur la bêtise et le manque de respect de certains acteurs de l’industrie du disque :
http://www.heraldsun.com.au/entertainment/music/q-a-with-trent-reznor-of-nine-inch-nails/story-e6frf9hf-1111113550202

A lire aussi en INDUS :


David BOWIE
1. Outside - The Nathan Adler Diaries : A Hyper Cycle (1995)
Le premier volet d'une trilogie inachevée




EINSTüRZENDE NEUBAUTEN
Tabula Rasa (1993)
Pourquoi s'arrêter en bon chemin ?


Marquez et partagez





 
   NEBEL

 
  N/A



- Trent Reznor (tout)
- Atticus Ross (production, programmation)
- Alan Moulder (production, mixage)
- Alessandro Cortini (percussions)
- Adrian Belew (guitare)
- Brian Viglione (guitare, basse, dulcimer)


1. Ghosts I
2. Ghosts Ii
3. Ghosts Ii
4. Ghosts Iv



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod