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FOLK NEW-AGE CELTIQUE  |  STUDIO

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- Style : Gilles Servat , Pibrock, Bernard Benoit
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 Musique Progressive Bretonne (192)

Dan AR BRAZ - Les Îles De La Mémoire (1992)
Par MARCO STIVELL le 4 Juin 2011          Consultée 1859 fois

En 1992, Dan AR BRAZ n'a plus rien à prouver depuis longtemps, et l'on pourrait aussi craindre au premier contact de cette dernière publication, qu'il n'ait plus rien à dire également. Il faut dire que Les Îles de la Mémoire n'apporte pas grand-chose en termes de matériel neuf, mis à part deux ou trois inédits. Au vu des crédits, Dan continue son petit bonhomme de chemin dans des albums très folk, posés et l'on ne saurait s'en plaindre, tant c'est toujours bien fait. Simplement on peut rester facilement dubitatif devant cette volonté de se revisiter soi-même sans arrêt, car la recette de ce nouveau disque est bien là : reprendre des thèmes des disques de la période Hexagone (Douar Nevez, Alle Dire à la Ville, The Earth's Lament et Acoustic) en ajoutant une poignée d'inédits. Cependant encore une fois, cela reste si bien fait qu'on ne peut s'empêcher de tomber sous le charme, comme auparavant.

Dan est de nouveau tout seul aux guitares (pas de chant ici) accompagné par son fidèle Martin Allcock aux nappes et basse, on note aussi la présence de Ronan Le Bars au tin whistle sur "Naissance de Dahud". Rien d'original donc jusque là et l'essence folk new-age des derniers albums transparait sur presque tous les titres, à tel point que Les Îles de la Mémoire nous fait songer à un Songs en instrumental, chaque pièce sonnant comme une chanson avec des couplets-refrains. J'ai dit presque tous les titres, cela signifie qu'il y a un os quelque part. En effet, bien que le morceau soit magnifique, "The Earth's Lament" et son ambiance jazzy plaintive ont un peu de mal à se fondre dans le reste, qui est très lumineux et serein. Ce n'est qu'un mince détail à regretter, et encore à moitié.

On déguste donc une nouvelle fois chacune des plages présentées comme un bon chocolat au lait. Rien de novateur dans ces reprises, les instrumentations et structures sont la plupart du temps respectées. On note juste pour "Wild Hopes" et "Naissance de la Ville" l'absence de cornemuses, ou encore une différenciation de "From Dawn till Dusk" avec sa version originale sur Allez Dire à la Ville, "L'Aurore, le Nucléaire et le Crépuscule" qui comportait une partie très rock peu marquante. Dan dit lui-même préférer cette reprise dans le livret de l'album. Un livret dans lequel on trouve des notes brèves mais plus ou moins intéressantes concernant chaque titre. Si certaines ne nous apprennent rien en temps que fans (les albums sur lesquels on trouve les version originales des morceaux présentés ici), on découvre par exemple que l'arpège de "Naissance de la Ville", écrit au milieu des années 70 en Espagne, était l'idée de départ pour Douar Nevez, ou un Dan nostalgique pour "Ten Years Already" ("Dix Années Déjà"), parlant de pages de vie difficiles à tourner. Et Dieu sait qu'il a raison, quelque soit le contexte... Serait-ce une allusion à Alan Stivell ?

Non content de nous offrir ces petites pépites qui trouvent pour la plupart une place de choix dans une unité des plus délectables, Dan nous propose trois inédits d'une qualité que l'on ne saurait ignorer et qui se mélangent très bien avec le reste. L'ajout particulièrement heureux reste celui du morceau "Anne de Bretagne", extrait illustrant une pièce de théâtre du même nom par Michel Liard et publié à la base sur un single du même nom en 1983, introuvable dans le commerce. "No One (for Michou)", au départ chanson, est dédié à une danseuse qui est selon les dires du guitariste, "partie pour les îles", formule magnifique pour que la peine soit moins lourde à porter... Enfin, "The Island Near the Sun" clôt le tout par une mélodie et un arrangement plus naïfs, mais terriblement attachants.

Si Les Îles de la Mémoire n'apporte pas grand-chose sur le plan nouveauté, il est difficilement critiquable sur ce point une fois qu'on l'a écouté, et bien entendu encore et encore réécouté pour le simple plaisir de se détendre sur ces plages rêveuses, contemplatives. L'alliance guitares acoustiques (en arpèges "ouverts", parfois survolés par l'électrique) / synthés et toujours aussi forte, allant de pair avec la beauté de toutes ces compositions folk aux intonations celtiques. Je suis tenté de dire que c'est l'album le plus beau depuis Septembre Bleu et quelque part on pense que la boucle est prête d'être bouclée, qu'à moins de faire un album reprenant les morceaux électriques (chose qui serait cette fois superflue), Dan va retourner vers la création, ou en tout cas du nouveau matériel.

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
  N/A



- Dan Ar Braz (guitares acoustiques, classiques et électriques)
- Martin Allcock (claviers, basse)
- Ronan Le Bars (tin whistle)


1. No One (for Michou)
2. Vers Les Îles
3. Wild Hopes
4. Naissance De La Ville
5. The Earth's Lament
6. L'ennui Du Roi
7. Anne De Bretagne
8. Naissance De Dahud
9. From Dawn Till Dusk
10. Ten Years Already
11. The Island Near The Sun



             



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