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- Style : Déportivo
- Membre : Gaëtan Roussel , Tarmac, Lady Sir

LOUISE ATTAQUE - A Plus Tard Crocodile (2005)
Par GEGERS le 17 Septembre 2011          Consultée 1950 fois

« Louise : 1994 – 2007. Les paroles nées d'existences les plus brèves sont celles qui résonnent le plus longtemps en nos cœurs ».

Voilà l'épitaphe que j'ai voulu voir gravé sur la pierre tombale de cette chère Louise, partie bien trop tôt. La douleur persiste, mais il me faut sagesse garder, et me rappeler des bons moments en sa compagnie. La tristesse de la perte d'un être ne vaut que par l'intensité de son amour pour lui, dit-on. Un lieu commun... Ce genre de phrase préfabriquée, Louise a toujours réussi à les éviter. Louise était avant tout une originale, une curieuse insatiable, impossible de la ranger dans une de ces satanées cases qui régissent pourtant notre existence. Bordel, qu'elle me manque.

Il y a eu la richesse d'une première rencontre. Louise arrive de nulle part, cheveux en bataille, ébouriffée par cette tempête qu'elle avait elle-même provoquée. Une bourrasque bienfaisante, comme un air de renouveau. Une présence curative, là ou bien d'autres de sa génération ne proposaient que des placebos. Reconnaissable entre mille, Louise s'est rapidement envolée, sans pour autant se départir de sa timidité touchante, preuve d'une grande dignité et d'une volonté de laisser ses mots parler à sa place et s'installer durablement dans les esprits. Louise a gagné son pari, et a touché beaucoup de gens. Elle a reçu un tas de lauriers pour son tour de force, mais Louise ne voulait pas de récompense pour son acharnement.

Puis elle s'est éclipsée une première fois, je m'en souviens bien. Son absence avait alors creusé un profond sillon dans mon âme encore malléable à souhait. Heureusement, son absence fut brève, et elle n'avait pas tardé à refaire surface, plus mûre, moins fofolle, et bien plus mordante. Elle avait vécu les sommets, et en avait goûté les laxatives aspérités. Elle n'avait pas changé, non. Elle avait grandi. Et bordel, qu'il faisait toujours aussi bon boire ses paroles, qui claquaient merveilleusement au palais, à la manière d'un hydromel divin.

Sa seconde absence fut en revanche bien plus inquiétante. Peu de nouvelles, si ce n'est quelques délires schizophrènes qui firent voler en éclats sa sagesse d'esprit. Louise faisait parler d'elle, toujours, mais sous couvert d'une fausse identité, comme si elle n'assumait plus. Il était question d'aéroports, et de dragons chinois... Un dédoublement de personnalité en somme. Et finalement, cinq longues années après son dernier manifeste, Louise a redonné de ses nouvelles. Mais était-ce vraiment elle ? Je ne pourrais l'assurer. Le son de sa voix n'avait pas changé mais ses intonations, elles, ne ressemblaient quasiment en rien à ses déclarations passées. Miteuse, Louise donnait l'impression d'avoir parcouru l'Asie et le Maghreb sur des chemins accidentés et usés, deux adjectifs également adaptés pour la décrire. Bardée d'implants électroniques, Louise ressemblait à un zombie désarticulé, ayant perdu toute cohérence des mouvements. Ses cordes vocales étaient toujours fonctionnelles, mais ne parvenaient plus à proposer des sons audibles, ou donnant au moins envie de lui accorder un peu d'attention. Non, décidément, Louise n'était plus que l'ombre d'elle-même, et ne mettait aucun goût à la tâche. Ou alors pensait-elle bien faire ? Non, Louise s'était alors trompée d'identité, elle aurait du une nouvelle fois changer de nom, histoire de ne pas souiller sa mémoire.

Mais le mal fut fait, et Louise n'a pas tardé avant de disparaître. Tombée en décrépitude, Louise n'avait pas d'autre choix que de se terrer, de se faire oublier. Finalement, c'est dans l'indifférence générale qu'elle a rendu les armes. Une existence brève et flamboyante, comme une étoile filante. Louise a vécu, et elle a bien vécu. Que faire de plus que saluer sa mémoire, en laissant de côté sa fin de vie difficile. So long, Louise.

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- Gaëtan Roussel (chant, guitare)
- Arnaud Samuel (violon, piano)
- Robin Feix (basse)
- Alexandre Margraff (batterie)


1. La Traversée Du Désert
2. Revolver
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4. Sean Penn, Mitchum
5. Si L'on Marchait Jusqu'à Demain
6. Salomé
7. Si C'était Hier
8. Oui, Non
9. Nos Sourires
10. Depuis Toujours
11. A L'envers
12. Manhattan
13. See You Later Alligator
14. La Nuit
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