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The ENID - Six Pieces (1980)
Par MARCO STIVELL le 19 Septembre 2011          Consultée 966 fois

En 1979 avec Touch me, THE ENID venait de signer un contrat des plus alléchants avec Pye Records, mais hélas, l'entreprise tourne au vinaigre car suite à une très mauvaise gestion, la maison de disques ferme un an plus tard (source : Big Bang). Le groupe a juste le temps de publier son quatrième bébé, le dernier de sa période classique, Six Pieces.

En bon concept-album des familles, mais bien loin de narrer une histoire, Six Pieces comporte ainsi que le dit son nom, six morceaux, six pièces, qui ont chacune pour vocation de dépeindre la personnalité d'un membre du groupe. A l'époque, celui-ci est composé toujours des mêmes membres, sauf la section rythmique, Martin Russell ayant remplacé Terry Pack, et Robbie Dobson le batteur du premier album reprenant les fûts. Chacun a droit à son morceau donc, "The Punch and Judy Man" serait William Gilmour, compositeur prolifique et androgyne, "Once she Was" serait Martin Russell le juste, "The Ringmaster" serait Robbie Dobson l'esprit frappeur et imaginatif, "Sanctus" serait Robert John Godfrey le saint patron, "The Hall of Mirrors" serait Stephen Stewart le doux et réservé, enfin "The Dreamer" est dédié à Francis Lickerish le rêveur. Autant de personnalités qui tendent à nous faire croire que chacun est plutôt facile à vivre et possède une personnalité positive. Hélas avec Six Pieces, le groupe est au bord de la rupture. Les membres s'en iront un à un après sa sortie, laissant Stewart et Godfrey seuls, preuve d'une fin difficile pour un groupe qui même durant sa période faste n'aura connu que des déconvenues.

"The Punch and Judy Man" reste dans la bonne lignée de la musique du groupe, alliant rock et musique symphonique aussi légère que délibérément pompeuse. Le titre se divise ainsi en décollages rock bien appuyés par les claviers virevoltants et un rythme proche du ska (mais en métrique impair) et rêverie symphonique, par deux fois au moins pour chaque aspect. On n'a qu'à dire que certains moments évoquent la masculinité de William, et d'autres sa douceur féminine... Le tout reste amusant et très bien mené. "Once she Was" reprend en intro et conclusion le doux thème du mythique "Scarborough Fair" (repopularisé par Simon & Garfunkel) et présente des claviers cristallins, plutôt douceureux. C'est dans ces moments-là qu'on se dit que l'on doit profiter de la présence de William Gilmour, qui n'est plus là pour longtemps. Mais il y a aussi dans ce titre des ambiances plus tendues, avec timbales et grandeur symphonique. On n'a qu'à dire que tout cela signifie bien l'alternance dont fait preuve Martin Russell pour ce qui est de conserver le bon et le moins bon de tout ce qu'il peut juger. Et le morceau se finit de manière gracile. "The Ringmaster" est beaucoup plus barré, nerveux, mais joue toujours sur un certain humour, le même que Touch me, et dans une moindre mesure, Aerie Faerie Nonsense. Un humour assez bordélique d'ailleurs car l'humeur est assez éparse, les guitares et claviers font un peu n'importe quoi, la basse se fait tour à tour rythmique et mélodique... Un peu comme "Albion Fair" sur le précédent album on ne sait pas où le titre veut aller, mais la marque THE ENID est tellement prenante qu'on apprécie, as usual. On n'a qu'à dire que ce "The Ringmaster" évoque pleinement la "frappe" de Robbie Dobson et son imagination fertile.

Godfrey a été sympa de laisser la première face aux musiciens les moins "présents" de THE ENID. La seconde est aux pères fondateurs, lui en premier (étonnant qu'il ne soit pas à la fin). "Sanctus" est une nouvelle alternance entre mini-décollage fou et (surtout) ambiance éthérée qui n'est pas sans rappeler "The Lovers", le romantisme étant ici moins "léché". On n'a qu'à dire que tout est fait pour évoquer la personnalité "simplissime" de Robert John Godfrey, "sa Toute Puissance". "The Hall of Mirrors" joue quant à elle sur un registre doux, passionné. La guitare de Stephen plâne gentiment sur les claviers voluptueux, presque lancinants. Si ces parties-là représentent le Stephen Stewart de l'extérieur, celui que tout le monde voit, la partie du milieu elle, plus torturée évoque les sentiments intérieurs du guitariste. On n'a qu'à dire que tout est une fois encore superbement réalisée. "The Dreamer" possède une intro trompeuse, tribale et tourmentée. En fait, le titre est très doux, avec un romantisme toujours aussi bien enveloppé dans ces claviers majestueux. Développé sux dix minutes, le section rythmique y est de moins en moins présente, et la guitare aussi d'ailleurs. "On n'a qu'à dire" que Francis Lickerish s'est effacé au profit de ses petits camarades, qui dépeignent ses rêves les plus fous et passionnés avec... passion.

Un concept osé, trop en contradiction avec la séparation progressive du groupe à l'époque, mais néanmoins très réussi. Avec Six Pieces, la page se tourne.

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   MARCO STIVELL

 
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- Robert John Godfrey (claviers)
- Francis Lickerish (guitares)
- Stephen Stewart (guitares)
- Martin Russell (basse)
- William Gilmour (claviers)
- Robbie Dobson (batterie, percussions)


1. The Punch And Judy Man
2. Once She Was
3. The Ringmaster
4. Sanctus
5. The Hall Of Mirrors
6. The Dreamer



             



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