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NINE INCH NAILS - Pretty Hate Machine (1989)
Par UDUFRU le 2 Février 2005          Consultée 7380 fois

« Nine Inch Nails is Trent Reznor ». Voilà une assertion, imprimée en blanc sur noir dans un livret dépliable au design minimaliste et suranné, qui a le mérite d’annoncer la couleur : NIN (pour plus de commodités) n’est pas et ne sera jamais un groupe à proprement parler, mais plutôt une entité dont l’intégralité du système nerveux est contrôlée par l’enfant prodige de l’indus. Car il fait tout, ce garnement : production, composition, programmation, arrangement, écriture, mixage, sans parler de l’interprétation instrumentale et vocale… une omnipotence qui pourrait laisser dubitatif le mélomane nonchalant dont les oreilles curieuses n’ont pas encore été exposées aux œuvres du Pape incontesté de la musique industrielle.

Et pourtant, ce premier album, ou halo 2, devrais-je dire en fan accomplie (chaque disque de NIN formant un halo autour de la personnalité torturée et un tantinet mégalomane de l’Américain, et celui-ci étant précédé d’un single qui fait figure de halo 1) est une franche réussite, qu’il convient cependant, afin de l’apprécier à sa juste valeur, de replacer dans son contexte : la fin des années 80, décennie des synthés cheap et des boîtes à rythmes par excellence. Une fois cette gymnastique de l’esprit réalisée, l’on peut déguster cet album comme un fruit encore vert, mais à la saveur étonnante d’originalité.

Cette jolie machine de haine démarre sur les chapeaux de roue avec un « Head like a Hole » pêchu qui préfigure (de loin par temps de brouillard) l’ébauche du commencement d’un début de style indus metal qu’adoptera bientôt NIN dans le halo 5, « Broken ». Les synthés sont à l’honneur (Reznor étant pianiste, en plus d’ingénieur du son), mais le refrain laisse la part belle, bien qu’encore trop discrète, aux guitares, qui vont prendre une place prépondérante au cours de la discographie du « groupe ».

Le reste de l’album sonne un peu moins rock et nettement plus glamour, ce qui n’entache pas, bien au contraire, la qualité des compositions. « Terrible Lie », où Trent Reznor s’adresse à Dieu sur un mode des plus accusateurs, vaut à elle seule l’écoute de cet album ainsi que la lecture attentive des paroles, dont on ne peut renier l’impact fort contenu dans le fond, mais aussi la forme.
Car la voix du leader de NIN, légèrement rauque et pour le moins sexy, ensorcelle l’auditeur assidu par les émotions qu’elle laisse filtrer librement, sans complexe, dans des titres aussi sublimes que « Something I can never have », balade dépressive que vous avez pu entendre dans la BO du film « Tueurs Nés » d’Oliver Stone. Les paroles, aussi désespérées que poétiques, n’ont pas finies de faire rouler sur mes joues de grosses larmes de mélancolie et d’admiration mêlées !

Quelques minutes après, on assiste à un retournement de situation avec le ô combien évocateur titre « Sin », qui se fait l’émissaire d’une longue tradition que développera la formation au cours de sa tumultueuse existence : la chanson interdite au moins de 18 ans ! Il est trivial de deviner qu’elle fut un véritable tube dans les milieux gothiques et plus généralement underground des années 90, mais elle porte hélas un peu trop les stigmates de son époque…
L’opus se conclue par le très joli et presque optimiste « Ringfinger », dont le final porte déjà la signature de NIN : un jeu de saturation guitaristique dont l’apogée sera atteinte dans le halo 8, « The Downward Spiral », probablement LE chef-d’œuvre de la formation, s’il ne fallait en garder qu’un.

Voici donc un album qui, en son temps, a du augurer du meilleur pour les amateurs d’expérimentations sombres mais cependant indisposés au metal extrême qui commençait à fleurir dans les contrées septentrionales. NIN a fait preuve d’un certain avant-gardisme, toutefois marqué au fer rouge des eighties par un son de clavier encore un peu kitch. Malgré tout, l’esprit est là, et la dépression teintée de haine de l’homme-orchestre de l’indus s’exprime avec un clarté qui n’a d’égale que sa touchante sincérité.
Il est ardu de noter un tel classique du genre, dont l’évaluation dépend entièrement de la capacité à débusquer le talent caché derrière le masque froid de la musique de synthèse. Sachez cependant, si vous êtes resté totalement hermétique à ces quelques 50 minutes de retour aux racines de l’indus, que les halos suivants se détachent considérablement des sons artificiels pour entrer dans une dimension bien plus instrumentale, donc plus crue, plus violente, plus saturée aussi ! Et on ne saurait s’en plaindre, n’est-ce pas ?

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- Trent Reznor (tout ou presque)


1. Head Like A Hole
2. Terrible Lie
3. Down In It
4. Sanctified
5. Something I Can Never Have
6. Kinda I Want To
7. Sin
8. That's What I Get
9. The Only Time
10. Ringfinger



             



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