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MATMATAH - La Ouache (1998)
Par BARZ le 25 Février 2005          Consultée 13317 fois

Souvenez-vous : 1998. La France allait merveilleusement bien. La Coupe du Monde de foot. Même ceux qui n'aiment pas le foot étaient contents. Alors on faisait la fête en 1998, on guinchait, on allait à des concerts de rock en plein air et on écoutait des musiques venues de Bretagne. En 1998 une partie de la France dansait sur "La Tribu de Dana" de Manau, et l'autre partie sur "Lambé An Dro" ou "Emma" de Matmatah.
Si vous avez entre 16 et 50 ans et que vous n'avez jamais entendu parler de Matmatah, c'est que vous n'étiez pas en France en 1998. Matmatah étaient partout, des centaines de concerts, des milliers de radiodiffusions, des centaines de milliers d'albums vendus...

J'en viens alors au disque lui même. "La Ouache". Késako? Ce serait une sorte d'énergie incroyable qui vous permet de vous défouler comme des dingues sur scène, de vous donner à fond. Il me semble. D'après l'unique phrase du premier morceau "Anter-ouache/Ouache" : "Please call my Energy : Ouache...". Premier morceau qui par ailleurs pose tout de suite les thématiques du disque : musique rock, beaucoup d'énergie, et une petite sonorité bretonne amenée ici par le choeur "Lanana Nagalanaleno Lanana Nagalanano", c'est joli, mais la musique est quand même beaucoup plus agréable.
Arrive alors "Emma", un des tubes de l'album. "Emma" est une chanson dans son plus simple appareil : couplet, refrain, ... , pont, ... , choeurs. Les paroles sont drôles et faciles à retenir ("Emma t'es froide comme le carrelage de mes W-C"). Bref, la chanson qui ne peut que fonctionner, et c'est le cas. Prenante, l'air reste collé dans la tête, ça parait trop parfait.
Et le disque enchaîne sur "Lambé An Dro", et là c'est pareil, c'est festif, "viens donc faire un tour à Lambé", Stan chante une fois chaque vers, il suffit de répéter après, alors quoi de mieux pour apprendre une chanson? Musicalement, le riff colle impeccablement, trotte encore dans la tête un peu, ça s'énerve sur la fin, encore une fois, irréprochable.

C'est alors que le disque devient intéressant. Non pas que les morceaux précedents soient d'un intérêt négligeable, mais leur perfection devient un peu gênante quand on prend du recul, 7 ans plus tard... Le reste du disque, donc, est plus intéressant car le groupe prend un peu plus de risques et tout, ou presque, se joue dans les paroles.
Tout d'abord, 4 chansons se démarquent du reste car toutes extremmement personnelles et chacune interprétée par un membre différent du groupe.
"Troglodyte", de Stan, est à la fois un message d'espoir et un message pessimiste sur l'intégration des immigrés en France, la musique est sobre, le tout colle très bien.
"Dernière journée en mer", de Sammy, nous conte merveilleusement bien le dernier contact avec la mer d'un marin, c'est extremmement intimiste, doux. Une chanson magnifique.
"An Den Coz", d'Eric, est aussi un morceau très personnel, le plus à part de l'album, celui qui ressemble le moins au reste, il n'en est pas moins le plus classe, et la voix d'Eric différe nettement de celles de Stan et Sammy et apporte une autre dimension au disque.
Enfin, "La complainte de Fanch" est une amère critique sociale, sur ce que deviennent les hommes ("Si 2000 ans de progrès étaient une erreur") et ce qu'ils produisent ("Maintenant y'a des vélos dans les salles de bain").

"Kerfautras", "La fille du Chat Noir" et "Derrière ton dos" sont toutes trois ancrées dans la tendance festive des premières chansons, avec une certaine amertume relevée d'humour. Musicalement : du rock bien calé avec une guitare en accords, l'autre en arpèges, c'est simple et agréable, sans être pour autant sensationnel.

"Les moutons" et "Ribette's" de leur côté rentrent dans le domaine musique d'inspiration bretonne, le premier étant tiré d'un chant traditionnel un peu amélioré, le résultat est délirant et fait penser à "Lambé An Dro", le second est instrumental et la guitare joue un air qui pourrait très bien correspondre à un air de cornemuse ou de bombarde en plein Fest-Noz, c'est un beau morceau rock, très dynamique.

J'en arrive au morceau le plus célébre du groupe, à cause de son engagement et des déboirs avec la justice qu'il a causé : "L'apologie". La chanson fait l'éloge de la consommation du cannabis. La musique est un peu reggae (percus, flûte), à part pour le refrain. Il y a donc eu un procès à la suite de cette chanson, mais cela ne rentre plus dans mon domaine...

Le premier album de Matmatah est donc arrivé comme une bombe festive dans la bonne humeur française et c'est bien normal car porté par des chansons incroyablement efficaces. Malheureusement, tout parait trop clean, trop parfait, peaufiné, et pour du rock c'est louche. Il faudra attendre le deuxième album pour que le groupe prenne des risques et fasse enfin du rock moins accessible mais plus intéressant...

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   (3 chroniques)



- Sammy (guitare, chant)
- Stan (guitare, chant, oud, flûte)
- Eric (basse, chant, guitare acoustique, piano)
- Fanch (batterie, chant, percussions)


1. Anter_ouache/ouache
2. Emma
3. Lambé An Dro
4. Troglodyte
5. Kerfautras
6. Dernière Journée En Mer
7. L'apologie
8. La Fille Du Chat Noir
9. An Den Coz
10. Derrière Ton Dos
11. Les Moutons
12. La Complainte De Fanch
13. Ribette's



             



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