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- Style : Yes
- Membre : Keith Emerson , King Crimson, Asia, Atomic Rooster, Black Sabbath, P. P. Arnold
 

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EMERSON, LAKE & PALMER - Love Beach (1978)
Par MARCO STIVELL le 26 Juillet 2012          Consultée 1669 fois

Love Beach ou l'album de la honte... Cette chronique le sera aussi sûrement, parce que hein, franchement, mettre 3/5 à Love Beach quand on est censé aimer le rock progressif... Pourtant on est dans le même cas qu'un Tormato ou qu'un And Then There Were Three, eux aussi sortis en 1978, "l'annus horribilis du prog" selon Aymeric Leroy : il n'est plus question de vénérer le prog, mais la Musique de manière globale, et là on se rend compte qu'au fond, il n'y avait pas franchement à rougir. Certes, les ELP eux-mêmes détestent cet album sorti pour raisons contractuelles, reconnaissent qu'ils étaient un groupe fatigué à ce moment-là, vidé par l'expérience Works (deux albums dont un double et une tournée avec un orchestre qui s'est soldée par un véritable désastre financier). Pourtant, et ce n'est pas la première fois que j'essaierai de tempérer le raisonnement de mes amis fans de rock progressif, Love Beach quand on l'écoute, il n'y a pas forcément à rougir non plus !

Quoique quand on regarde la pochette... Palmer reconnaîtra lui-même que ça faisait très copiage des Bee Gees et d'autres groupes disco en vogue à l'époque, mais je doute que la gent féminine, jusque là peu sensible au prog, ait fondu sur les poils du torse d'Emerson. La seule marque de vérité, c'est cette photo des cocotiers des Bahamas où le groupe se prélasse entre deux sessions d'enregistrement (ce brave Keith y possède une maison), comme le fera Dire Straits un an plus tard pour son excellent Communiqué. Le titre Love Beach est lui aussi très typé fin des seventies, à l'époque on pensait simple, direct et exotique. Exit donc les bizarreries du passé, place à la musique "facile".

La première partie est ainsi majoritairement consacrée à des chansons courtes. "All I Want Is You" est un peu le "Jérusalem" de l'album toutes proportions gardées, c'est simplement pour le côté "hymne". On y reconnaîtra la tendance pompière habituelle (mais marrante), et celle de Palmer a en mettre de partout quand il ne titille pas la syncope -rythmique hein, pas cardiaque-. "Love Beach" a un ton rock et accrocheur, Lake conserve son lyrisme mais n'en fait pas trop, au début du moins car les "I'm gonna make love to you on love beach !" de fin sont maladroits pour rester poli. Et je vous assure, toutes les paroles sont écrites de la main de Peter Sinfield, pour la toute dernière fois !

Emerson joue avec les synthés Polymoog sur "Taste of My Love" où l'on ressent un jeu plus bluesy, tout comme sur "The Gambler" qui le mèle carrément avec des escapades... reggae ! L'harmonica, les choeurs féminins soul, c'est une vraie fête à laquelle on prend goût, même quand on a été bercé à Foxtrot et In the Court of the Crimson King. Allez, pour se racheter ils ont mis un petit solo de Moog, le dernier avant longtemps ! "For You" oppose sa récréation emersonienne son synthé baroquisant à une ballade soul au petit piano et effets mélodramatiques. C'est finalement "Canario" qui remporte les faveurs, y compris celles des grincheux. En effet, ce titre instrumental inspiré de la "Fantaisie pour un Gentilhomme" de Joaquin Rodrigo aurait pu officier sur Brain Salad Surgery qu'on n'y aurait vu que du feu. En tout cas, il en a le calibre avec son thème royal, sa variation bluesy, son pont au jeu monstrueux sur la rythmique et ses quelques douceurs sucrées.

Et en deuxième partie qu'est-ce qu'on a ? Un morceau de vingt minutes. Noooooon ? Si !!! Mais ne vous méprenez pas, "Memoirs of a Officer and a Gentleman" qui raconte les déboires et victoires en amour comme à la guerre d'un soldat de la Seconde Guerre Mondiale, est plus un collage de chansons qu'une réelle suite comme a pu l'être le génial "Karn Evil 9". Elle est aussi très différente musicalement, le groupe a bien perdu de sa folie. Bien sûr, la fiesta déjantée de claviers est présente sur le final "Honourable Company (a March)" mais le tout est globalement plus sage. Le petit glockenspiel sur cette même partie le confirme, de même que les très beaux "Prologue" / "The Education of a Gentleman" qui laissent une large place à des piano-voix sobres faisant penser à du Elton John, voire quelques interludes acoustiques comme on n'en avait pas eu depuis "The Sage" sur Pictures at an Exhibition. Seul "Letters from the Front" révèle une certaine folie, c'est un rock bluesy bien délirant à la ELP, où Emerson a eu le bon ton de rajouter un peu de piano Wurlitzer. Certes on est loin du montre de 1973, mais rien de dégueulasse là dedans, au contraire.

Un peu comme cet album dans son entièreté, pas brillant, pas toujours abouti mais agréable d'écoute, et qui permet au groupe de partir en hibernation sur une meilleure note que si ça avait été sur Works volume 2.

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   MARCO STIVELL

 
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- Keith Emerson (piano, synthétiseurs)
- Greg Lake (chant, basse, guitares, harmonica)
- Carl Palmer (batterie, percussions)


1. All I Want Is You
2. Love Beach
3. Taste Of My Love
4. The Gambler
5. For You
6. Canario
7. Memoirs Of An Officer And A Gentleman



             



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