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- Membre : Genesis

Tony BANKS - Six Pieces For Orchestra (2012)
Par MARCO STIVELL le 28 Avril 2012          Consultée 1889 fois

Tony Banks nous avait quelque peu fait languir depuis le dernier album de Genesis en 1997. On aurait dit que l'artiste croyait encore à la légitimité d'une carrière solo quand il était encore avec son groupe mythique, et quand ils n'ont plus rien dit, lui-même n'a plus rien cherché à dire de son côté non plus. Certains fans disent que son nom est indiscutablement lié à Genesis, et que sa carrière solo est superflue. De mon côté, j'équilibre un peu plus la balance, j'avoue aimer A Curious Feeling et Strictly Inc. autant qu'un quelconque album de Genesis. Seulement voilà, ces chefs-d'oeuvre semblent ne pas avoir à espérer de successeur, et plus le temps passe, plus cela nous est confirmé.

Tony aura publié un seul album solo depuis Calling All Stations par Genesis, le mitigé Seven dans une veine plus classique en 2004. On savait la reformation de Genesis en 2007 exceptionnelle, et du coup on avait espéré que cela déciderait Tony à sortir de sa retraite anticipée. Macache bono. Si quand même, début 2012 on nous annonce qu'un deuxième album classique, sobrement intitulé Six Pieces for Orchestra, doit voir le jour en avril. Un frère de Seven, l'idée n'est au premier abord guère des plus réjouissantes sans forcément être alarmante non plus, en fait on essaie surtout de se dire que Tony peut s'être amélioré. Et puis même si ce n'est pas un album de chansons, c'est une oeuvre de Tony Banks, donc... On y croit.

Manque de bol, on pourrait dire rebelote. Déjà le coup du «Six Pieces for Orchestra», si j'étais méchant, je dirais que c'est un peu mesquin. Si les plus beaux mots de Tony sont ses notes, il s'est toujours arrangé pour fournir un bel effort dans ses textes, ses titres de chansons ou d'albums. Même Seven, au moins ne laissait pas soupçonner que cela mentionnait le nombre de chansons, il avait sa part de mystère (en faisant abstraction du «a suite for orchestra»). Ici, le titre témoigne déjà d'un manque de consistance, de personnalité. Et je ne parle pas de la pochette, celle de Seven avait encore sa poésie... Enfin.

Paul Englishby est l'orchestrateur de cette musique, jouée par le City of Prague Philharmonic Orchestra. Le disque, à l'inverse de Seven, n'a pas été pensé d'abord au piano mais directement pour l'orchestre. Tony voulait quelques instruments solistes (c'est bien la seule réelle distinction par rapport à Seven, tout comme l'absence du piano ici) et il est intéressant de remarquer qu'il a procédé différemment pour les deux pièces concernées. «Siren» a vu sa mélodie se former en même temps que le reste de l'écriture, alors que pour «Blade», Tony a d'abord réalisé un travail de forme avant d'en composer le «chant». Il nous dit que c'est ainsi qu'on été construites la plupart des chansons de Genesis, détail fort alléchant. Il y avait aussi dans notre once d'espoir, cette histoire d'instruments solistes. Charlie Siem est certes l'une des pointures parmi les jeunes talents du violon, mais en tant que fan de Genesis et consorts, on connaissait mieux Martin Robertson qui est un vieil ami de la famille et a souvent accompagné Anthony Phillips ainsi que Tony lui-même.

Commençons donc par ces deux pièces originales. La valse «Siren» est peut-être la pièce la plus remarquable de l'opus, la plus «évidente», mais peut-être aussi parce qu'elle est en première position. On y retrouve les thèmes féériques chers au Tony Banks classique, des effets adorables de flûtes et de glockenspiel ainsi que de fières montées de cuivres. Cependant, on ne fondra pas non plus pour cette ouverture. Le saxophone de Martin Robertson y est de rigueur très propre, mais en matière de ce solo pour cet instrument, on est encore loin d'une merveille comme «Le Vieux Château» de Moussorgski. Idem pour «Blade», du haut de ses dix minutes on écoutera gentiment ce violon habité, ces cuivres assénés et ces cordes en cavalcade.

C'est en réalité le problème pour tout le disque en fait. Agréable est le mot qui lui convient, mais on a la désagréable sensation que Tony aligne les idées sans en être totalement convaincu, et à aucun moment on ne criera au génie en tant qu'auditeur. L'impression est celle d'un gros travail (l'orchestre est en particulier expressif) mais qui ne mène pas très loin. Ces images de séductrice, de héros, de quête ou de voyage se veulent passionnées mais ne sont pas passionnantes. Un morceau comme «Still Waters» fait se côtoyer le joli (la harpe, les percussions, la fin avec violoncelle et hautbois) avec le maladroit (les montées de cuivres). «City of Gold» dévoile elle aussi ses sentiments épris sur plus de dix minutes, mais le plus efficace reste son introduction fragile. Tout comme sur Seven, les pièces douces et axées sur les nappes de cordes telles que «Wild Pilgrimage» et «The Oracle» se révèleront plus convaincantes. Cette dernière pourra même à certains moments rappeler l'instrumental «Forever Morning» du premier album solo de Tony.

Ce disque se situe au niveau exact de Seven, agréable mais moyen. Le plus regrettable est d'attendre de nombreuses années mais qu'au final on fait du surplace. A moins d'un miracle, Tony restera avant tout un grand compositeur de rock progressif et de pop. Il avait certes le droit de faire autre chose, mais décidément on ne peut que désirer un album de chansons à l'avenir...

Un 3/5 poli, once more.

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   MARCO STIVELL

 
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- Tony Banks (composition)
- Paul Englishby (direction de l'orchestre)
- The City Of Prague Philharmonic Orchestr
- + Martin Robertson (saxophone alto)
- Charlie Siem (violon)


1. Siren
2. Still Waters
3. Blade
4. Wild Pilgrimage
5. The Oracle
6. City Of Gold



             



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