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ANATHEMA - Serenades (1993)
Par KID66 le 21 Décembre 2012          Consultée 1160 fois

L’histoire avait commencé un an plus tôt avec l’EP The Crestfallen, et c’est bien ce disque qui ancra dans les esprits l’idée qu’une troisième formation s’était risquée à exploiter un filon déjà partagé entre MY DYING BRIDGE et PARADISE LOST : le Doom Metal. Les anglais d’ANATHEMA, partis après le coup d’envoi, complétèrent alors le « trio » du Doom et furent vite baptisé « grand » du genre. Mécaniquement. Tout comme ANTHRAX qui acheva de former un peu malgré lui le Big Four du Thrash Metal, mais resta finalement toujours plus ou moins dans l’ombre de ses trois frères. Mais comme pour ANATHEMA, tout est histoire de contexte, de chronologie. Le revirement qu’opèreront ces derniers dans le futur tiendra bien sûr à un choix stratégique, ou même passionné mais pourra avoir des allures d’aveu de faiblesse. ANATHEMA, grand ou pas, ne sortira pas de chef-d’œuvre dans ce style, et sa pierre à l’édifice du Doom restera modeste. Et si vous me parlez de The Silent Enigma, je dirai que je trouve l’opus déjà nettement éloigné du genre…

The Crestfallen était un bloc. Un bloc noir, dense, extrêmement compact. Il était difficile d’y détecter quelque chose de précis, hormis bien sûr la pause fraiche d’« Everwake », fortement bienvenue. Pour le reste, c’est le brouillard : rythmiques atrocement épaisses, pataudes mais manquant de fond, mélodies entre absentes et peu marquantes, et surtout ce chant… Darren White restera probablement le pire du ANATHEMA des débuts. Son growl paresseux et peu impliqué laisse largement dubitatif : impossible de recevoir une quelconque émotion de son phrasé monocorde, ce qui est relativement embêtant pour un groupe qui essaie de remuer les boyaux de son auditeur avec sa peine, ses amours perdus, ses tragédies ou réflexions pessimistes et j’en passe. Pas de doute sur un point : Serenades est proche de son prédécesseur. Il reste cependant (et heureusement) mieux pensé, et légèrement plus aéré.

Le pachydermique « Sleep In Sanity » illustre cette volonté d’ANATHEMA de se distinguer dans un genre qui ne sera jamais le sien : les notes durent, trainent, paressent sur des couches de rythmiques monolithiques encore trop pesantes pour nous faire quitter le sol. Trop de lourdeur tue la lourdeur dira-t-on. Un constat valable pour la majorité des titres de l’album. « Under A Veil », aux riffs hâchés surprenants, est de ceux-là, et son break acoustique très réussi pèsera bien peu dans la balance face à l’étirement excessif dont il fait l’objet. Le pourtant très bon « Lovelorn Rhapsody » pâtira dans un premier temps des mêmes défauts, mais rompra de façon salutaire sa linéarité de par une utilisation parcimonieuse des claviers au cours d’un refrain véritablement prenant, et surtout via une accélération très bien sentie en deuxième partie. J’ai en effet parlé de claviers ! Ceux-ci restent très discrets il faut le dire (leur heure de gloire sera pour 1996) mais parcourent l’album, laissant ici et là quelques traces intelligentes (le nouveau et magnifique final collé à la reprise de « They Die ») avant de se vautrer sur l’improbable et inepte « Dreaming : The Romance ». Cette pièce conclut l’album avec une longue (euphémisme en vue) nappe de claviers de 23 minutes. Ne perdez pas votre temps là-dessus, ça ne décollera jamais, et c’est tout juste si on arrive à déceler une minuscule variation de temps en temps. Un final totalement inapproprié, bêtement rajouté à la fin d’un opus déjà dense et pas facile d’accès.

Dans cet ensemble un peu trop uniforme, certains titres viennent rompre un peu la monotonie, avec plus ou moins de succès : « Sweet Tears » commence d’ailleurs comme un gros morceau de Hard Rock des 80’s (ça ferait presque sursauter), mais Darren White gâche bien vite le tableau. Les leads larmoyants mais majestueux de Danny Cavanagh feront la seule force de ce titre particulièrement bancal. Le break atmosphérique vers la fin arrive par exemple comme un cheveu sur la soupe. Je parlais d’aération plus haut, et elle prend la forme de deux interludes sympathiques (surtout « Where Shadows Dance » qui aurait pu être un bonne base pour un morceau entier) et de l’acoustique « J’ai Fait Une Promesse », frère d’ « Everwake » (The Crestfallen) et d’ « Alone » (The Silent Enigma). Pas de chance, le titre s’avère assez risible, peut-être à cause du fait qu’il soit chanté dans la langue de Molière (la traduction comme la diction laissent à désirer et c’est le moins qu’on puisse dire). « Alone » lui est infiniment supérieur en tout cas !

Véritable ovni dans ce Serenades, « Sleepless » forme une partie certaine de son intérêt. La basse sautille, les riffs sont Heavy, et Danny Cavanagh nous offre un solo magistral en guise de conclusion. Un morceau fort, qui laisse facilement deviner le futur Eternity. Lui et quelques autres éléments, comme le final du toujours très puissant et dramatique « They Die » dont j’ai déjà parlé, laissent augurer du meilleur pour un groupe qui peine encore un peu à convaincre avec cet album relativement fragile, et parfois ennuyeux. A mon humble avis, Serenades aurait pu être bien meilleur avec Vincent Cavanagh au chant. Pour l’heure, il reste presque plus intéressant pour sa maigre histoire que pour sa musique, malgré quelques moments de grande qualité.

2,5/5.

A retenir : « Lovelorn Rhapsody », « They (Will Always) Die », « Sleepless »
Circulez, il n’y a rien à voir : « Dreaming : The Romance »

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- Darren White (chant)
- Vincent Cavanagh (guitare)
- Daniel -danny- Cavanagh (guitare)
- Duncan Patterson (basse)
- John Douglas (batterie)


1. Lovelorn Rhpasody
2. Sweet Tears
3. J'ai Fait Une Promesse
4. They (will Always) Die
5. Sleepless
6. Sleep In Sanity
7. Scars Of The Old Stream
8. Under A Veil (of Black Lace)
9. Where Shadows Dance
10. Dreaming : The Romance



             



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