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MEGADETH - Peace Sells... But Who's Buying ? (1986)
Par KID66 le 27 Février 2016          Consultée 1514 fois

En dépit de ses défauts et de la précipitation qui le caractérisait, Killing Is My Buiness… And Buisness Is Good ! s’est relativement bien vendu. L’effort reste cependant insuffisant pour que MEGADETH se taille la part du lion dans le marché Thrash, partagé entre METALLICA et SLAYER. Les éternels seconds couteaux du genre font également beaucoup parler d’eux, notamment EXODUS avec son premier disque ou ANTHRAX en sortant Spreading The Disease (comment ça c’est pas des seconds couteaux ?).

En 1986, Dave Mustaine est déjà un grand du genre. Sa personnalité remarquable et son apport à l’œuvre de METALLICA n’ont échappé à personne ; mais MEGADETH n’a pas encore pleinement répondu aux attentes de ce nouveau public, et la concurrence est rude… Le Big Four n’est pas encore constitué ! Mustaine reçoit également une grosse pression de la part de Combat Records, et la sortie de son second disque devra faire face en cette année 1986 aux pierres angulaires que sont le terrible Reign In Blood de SLAYER, qui repoussera déjà les limites du genre, et le phénoménal Master Of Puppets des frères ennemis.

Il y a un espoir : si les premiers incarnent la violence et la noirceur du genre, si les seconds se posent en maîtres invincibles de sa frange mélodique, Killing Is My Buiness s’est fait remarquer par sa rapidité d’exécution et la technique impressionnante de ses musiciens. Mustaine compte bien surpasser les Met’s, et décide de surfer sur la vague… Peace Sells sera grand. Non, immense.

La rage profonde du rouquin est toujours palpable à chaque minute de ce second disque, elle y est simplement plus maîtrisée et donc mieux utilisée. Il submerge l’auditeur d’idées, de surprises… Et de passion. Sa haine est un moteur, cela se sent surtout dans les lignes de chant, encore peu mélodiques (certaines étant quasiment copiées collées de Killing) mais dotées d’une emphase caractéristique. Dans les 80’s, sa voix est tout sauf agréable mais pourtant il est impossible de ne pas se prendre au jeu : quand il crache son venin, on en redemande. De par son évidente sincérité il sait aussi prendre aux tripes, instaurer un climat menaçant, ou prendre un ton sarcastique. D’ailleurs, comme le titre et la pochette l’indiquent : les textes sont ici plus recherchés et trouveront leur thème dans la critique de la guerre, du système, de la politique américaine. Une voix laide, mais finalement remarquablement exploitée.

Cette spontanéité vindicative n’accouche pas ici d’un album excessif ou brouillon, car l’urgence qui habite MEGADETH n’est plus l’essence même des morceaux, mais découpe ici leur structure. Peace Sells est plus lent que l’opus de 1985 : l’art cultivé ici est celui de la surprise, et chaque titre en contient. Au détour de chaque séquence doit se greffer un break inattendu, un riff détonnant, un solo survitaminé. Les enchainements sont parfois abrupts, mais aucunement brouillons.

Outre la volonté de Mustaine de faire mieux que tout le monde, un autre facteur a joué un rôle essentiel dans la classe et l’aspect « unique en son genre » de ce disque. Chris Poland, fan de jazz, guitariste de génie jouit ici de la liberté qu’il mérite. Le doute n’est pas permis : Dave Mustaine et son égo ont toujours voulu écraser METALLICA et c’est la base de l’existence même de MEGADETH, mais aussi hargneux et motivé soit-il, le monsieur n’a jamais été aussi bon que lorsqu’il y avait de l’émulation au sein même de son groupe. Peace Sells et Rust In Peace ne seraient pas ce qu’ils sont sans Chris Poland et Marty Friedman. Hélas Mustaine se lasse vite de ses collaborateurs… Et d’autres ne parviennent pas à imposer leurs idées et leur style, et sont phagocytés par la machine.

Toujours est-il qu’en 1986, tous les éléments ont été réunis pour faire de Peace Sells le chef d’œuvre de MEGADETH : haine contrôlée, idées structurées, Dave et Chris, thrash et jazz, puissance et classe… L’écoute de ce disque est systématiquement renversante, sa créativité est devenue légendaire.

L’ouragan « Wake Up Dead » nous scotche d’entrée et résume en trois minutes les tartines que je viens d’écrire. Honnêtement, c’est n’importe quoi ce morceau, qui oserait écrire un truc pareil de nos jours ? C’est tout bonnement impensable. Mais on a tout : Gar Samuelson massacre ses fûts, Dave et Chris sont touchés par la grâce et tricotent jusqu’à épuisement. Le plus renversant restant cette rupture rythmique vertigineuse rehaussée par un riff infernal. Si « génial » est un mot très galvaudé, il trouve ici une bonne illustration.

« The Conjuring » et « Devil’s Island » sont plus faciles à suivre, mais répondent au même objectif : personne ne doit en sortir indemne. Ils frappent par leurs riffs assassins, leurs violentes accélérations et la dextérité de leurs interprètes. Le premier peut se vanter de sortir à sa troisième minute l’un des breaks les plus anthologiques de l’histoire du genre. Le mot « anthologie » est lâché, me voilà obligé d’évoquer le gigantesque tube qu’est « Peace Sells ». La ligne de basse de Dave Junior est bien sûr inoubliable, mais c’est l’intégralité du morceau qui est culte ! Il est le mélange parfait entre les riffs presque Punk survoltés de Mustaine et le touché jazzy fin de Poland, dans un crescendo aliénant.

La frange « progressive » de Peace Sells ne saurait être plus à son avantage que sur le diptyque « Good Morning / Black Friday ». La première partie est à elle seule un voyage passionnant durant lequel on se laisse guider par les guitares et les multiples rebondissements. La seconde se fait moins subtile mais terriblement jouissive, c’est d’ailleurs probablement la séquence la plus brutale de MEGADETH. Moins monumentale que son aîné, « Bad Omen » possède cependant les mêmes qualités et notamment une accélération initiale dantesque. La reprise «  I Ain’t Superstitious » est souvent jugée comme inutile, j’y vois personnellement une bonne occasion pour Poland d’exprimer son grand talent de soliste. Mustaine brille à son tour sur l’extraordinaire « My Last Words » : ligne de chant ultra-fédératrice, solo démentiel, final surpuissant. Cet ultime titre est un hymne absolument grandiose.

De par son Thrash complexe, riche, passionné et technique, MEGADETH se fait avec Peace Sells une place définitive dans la cour des grands. Dans ce festival de riffs et de breaks, Mustaine n’a pas oublié de conserver son sens de la mélodie et c’est aussi pour cela que ce disque mérite une foule d’applaudissements. L’album rouge reste cependant pour beaucoup le 2e sur le podium de MEGADETH, le bleu de 1990 lui ayant volé la médaille d’or. Je les place personnellement à égalité, Peace Sells ayant pour lui des ambiances et une folie que Rust In Peace n’aura pas.

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- Dave Mustaine (chant, guitare)
- Dave Ellefson (basse)
- Chris Poland (guitare)
- Gar Samuelson (batterie)


1. Wake Up Dead
2. The Conjuring
3. Peace Sells
4. Devil's Island
5. Good Morning / Black Friday
6. Bad Omen
7. I Ain't Superstitious
8. My Last Words



             



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