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HARD-ROCK/POWER-BALLADES  |  STUDIO

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AEROSMITH - Music From Another Dimension! (2012)
Par MASTCARD le 26 Janvier 2013          Consultée 2348 fois

Comme pour me venger de l’attente dont chaque être humain souffre avant de monter dans une attraction, j’ai décidé de vous écrire cette chronique afin que vous puissiez l’emporter avec vous la prochaine fois qu’il vous viendra l’envie de faire prendre l’air aux bambins. Elle devrait, je pense, vous occuper tout le long de la journée, en plus de vous faire adorer AEROSMITH. Bonne lecture et bon courage.


XX/XX/2012 à Walt Disney Studios :
Nous allons suivre un court instant la vie d’un homme (que nous appellerons « l’élu ») qui, à l’occasion de son anniversaire, se rend chez le petit frère de Disneyland Paris, bien entouré de ses plus proches amis. Fêter votre année supplémentaire entre copains dans un parc d’attractions vous donne droit à quelques honneurs, notamment celui de choisir l’itinéraire que prendra le groupe, d’ores-et-déjà rendu maboule par « It’s A Small World » qui retentit en grande pompe dans tout le domaine. Et l’élu a choisi, la journée commencera par un petit tour de Rock’n’Roller Coaster, histoire de se réveiller après un trajet des plus pénibles, surtout pour des élèves de facs, bien connus pour être d’incommensurables bosseurs, qui ne comptent pas leurs heures et se lèvent aux aurores pour bouffer de l’amphi et manger de la merde… En plus, l’élu, il aime bien AEROSMITH, surtout son album au pis de vache percé, qui lui a fait découvrir le hard-rock, le goût du groove et du gros son. Bon il lui a aussi fait découvrir les balades moisies et la notion de remplissage, mais, heureusement pour lui, plus tôt on le découvre plus vite on s’y habitue.

Le parc vient d’ouvrir en cette matinée pluvieuse, mais il y a déjà foule devant les portes de l’attraction. Quelques minutes plus tard, lorsque celles-ci s’ouvrent à leur tour, les visiteurs s’engouffrent dans la file d’attente thématisée, où sont exposés fièrement guitares de luxe, griffées de la signature de leurs anciens illustres propriétaires, des disques d’or, d’autres de platine, quelques posters géants, et des vitrines magnifiques en l’honneur de groupes qui ont fait leur temps et enchanté leur époque ; ce spectacle rend notre élu ému, et fier aussi, fier de voir parmi les groupes honorés dans cette caserne d’Ali Baba quelques-uns de ses préférés. Il s’en vanterait même, et n’hésiterait pas à réciter leurs discographies respectives pour prouver que pas un seul dans cette salle ne les connait mieux que lui. Tel un enfant devant un Père Noël de grandes surfaces, il les contemple avec l’admiration et la dévotion des plus grands fans : Queen, Led Zeppelin, Pink Floyd, AEROSMITH… !!!

Il s’arrête soudain sur ce dernier, perturbé par une petite pochette posée délicatement sur un trépied, devant le revêtement écarlate. Comme cette vision ne lui remémore aucun souvenir, il lance à ses camarades sans trop y croire : « AEROSMITH sort un nouvel album ?! ». L’un d’eux acquiesce d’un ton neutre : « Ouais, ils vont le sortir début novembre je crois… ». C’est alors qu’une lueur cristalline, sublimée par les éclairages des vitrines, perle dans les yeux de notre ami. Depuis des années, il s’était fait à l’idée que son groupe d’enfance, celui qui l’a fait chanter sous la douche, celui qui lui a montré qu’il y avait une vie après Henri Dès, celui grâce auquel il a appris les bases d’un anglais châtié et convivial, ne sortirait plus un seul album, et qu’il allait devoir se contenter des reprises d’Honkin On ‘Hobo comme dernière livraison. Des larmes naissaient sur son visage, des larmes bien visibles par ses camarades et les touristes présents dans la salle, mais à cet instant, peu importe : dans son inconscient, le fan s’est réveillé. Il se colle à la paroi glacée, afin de fixer de près cette pochette, tellement belle et tellement moche à la fois, voulant à tout prix mettre un nom sur cette découverte magique, qui lui fait oublier l’attente et le temps morose. Malgré le reflet, il parvient à distinguer le titre : Music From Another Dimension! Alors qu’une des larmes coule le long de sa joue et va se briser au sol, résonne soudain dans son inconscient le cri du fan euphorique...
Merci Mickey.



Bah oui, pour certains, l’arrivée dans les bacs d’un nouvel album d’AEROSMITH figurait parmi les plus grandes nouvelles de l’année 2012, après Obama réélu et Ibrahimovic au PSG. À cause des tournées du groupe et des problèmes médicaux de Tyler, onze ans d’attente auront été nécessaires pour donner à Just Push Play un successeur qui remette le groupe sur le devant de la scène, un album qui rendrait peut-être à AEROSMITH la place qui lui revient de droit, celui d’un des groupes de hard-rock les plus importants de l’histoire. Et ce qui fait plaisir, c’est qu’à l’écoute de ce Music From Another Dimension, on a enfin l’impression que le groupe se donne la peine d’essayer de récupérer sa place. Du moins en partie… Car si nos idoles, « botoxées » jusqu’à l’os, parviennent à nous balancer quelques gros pavés, elles n’évitent pas leur anciens travers en bourrant l’album de chansons anecdotiques, souvent des ballades, qui peuvent s’avérer sympa certes, mais qui n’ont pas la carrure d’un « Dream On », par exemple.
Non, Tyler parle lui-même de « power-ballad ». Les ingrédients sont les mêmes qu’un « Call Me Maybe » de qui vous savez, on ajoute juste une vraie batterie et une vraie production pour que ça cogne plus fort. Ralentissez le tempo et vous obtenez « What Could Have Been Love », un slow efficace au refrain accrocheur ; battez à nouveau avec le fouet en ajoutant une nana et vous obtenez le duo « Can’t Stop Loving You » (sérieux, combien de chansons s’appellent comme ça ?), plus puissant et au refrain toujours aussi emballant, conclu par une guitare au poil.

Et on arrive à ce qui me faisait dire qu’AEROSMITH ne se foutait pas de la gueule de ses fans, malgré cette manie de vouloir toucher tous les publics. Le travail autour de la musique est gigantesque. Chaque partie de guitare semble avoir été mûrement réfléchie (« Closer » par exemple est « sauvée » par le feeling de Joe Perry), les riffs sont bons, le son mêle la puissance de Get A grip à la finesse du country-folk, pour donner un résultat qui ne souffre d’aucun défaut, et Tyler, avec ces dizaines de milliards de pistes de chant, est très présent et très en forme sur l’album. Non vraiment, Music From Another Dimension n’a pas été bâclé. Le retour d’AEROSMITH commence d’ailleurs de la plus belle des manières, avec une petite introduction à l’ambiance très Science-Fiction comme sur la pochette (remplie de clins d’œil au passé du groupe) durant laquelle une mystérieuse voix nous explique qu’elle nous possède, totalement, et qu’elle nous embarque dans un voyage duquel nous risquons de ne jamais revenir. S’ensuit alors l’un des breaks les plus efficaces de Joey Kramer, puis le départ, magique ! Un riff imbattable, une rythmique monstrueuse, un groove démentiel ! C’est dit, c’est signé : en huit mesures, AEROSMITH enterre le monde entier, après sept ans de silence studio. Et ça, ça fait zizir.

Dans sa globalité, le morceau joue son rôle en ouvrant le bal avec force et entrain. L’enchaînement « Oh Yeah » / « Beautiful » / « Tell Me » qui suit semble résumer à lui seul la carrière du groupe : « Oh Yeah » est la chanson blues-rock de l’album, festive et entraînante ; « Beautiful » est une tuerie au son énorme ; « Tell Me » est une de ces power-ballades qui, encore une fois, même si elles sont plaisantes, ne correspondent pas à ce que l’on est en droit d’attendre d’AEROSMITH. Pas dans une si grande proportion sur une seule galette en tout cas. Autre problème gênant de l’album, sa construction : le milieu de l’album alterne entre les power-ballads et des morceaux plus rock d’une durée rarement atteinte par le groupe (sept minutes environ). Mais ces morceaux plus rock (« Out Go The Lights » et « Street Jesus ») ne tiennent pas vraiment la distance, et deviennent un peu lourd au bout de cinq minutes. Défaut suivant, et pas des moindres : « We All Fall Down », écrite par la même personne responsable de « I Don’t Wanna Miss A Thing », tout est dit.
Mais que sont ces défauts à côté du tonitruant « LUV XXX », du génial « Freedom Fighter » au groove épatant, chanté par un Joe Perry qui n’a pas perdu sa voix de rocker, ou encore « Beautiful » ? Pas grand-chose. Non, ce qui empêche de profiter entièrement de Music From Another Dimension!, c’est son manque de cohésion, son manque d’identité. On ne peut pas alterner ballades et rock pendant neuf pistes (de la 4. à la 12.) en espérant donner quelque chose qui ne risque pas de perdre l’auditeur. Surtout si, en plein milieu, deux chansons traînent en longueur. Comme souvent avec AEROSMITH, il y avait matière à faire un très bon album de huit, neuf titres, mais bon…

L’album se termine enfin par « Another Last Goodbye » qui est (attention jeu-concours, 10.000 euros à gagner)… une ballade au piano, mais oui, pendant laquelle Tyler égorge un chaton à chaque refrain ; à part ça, ça va : le morceau est convenu mais se termine agréablement avec les pistes de chant de Tyler qui s’entremêlent jusqu’à sombrer dans le néant, avant que l’ambiance SF ne revienne à nous, accompagnée de la voix mystérieuse qui vient nous faire une annonce que l’on n’attendait PAS DU TOUT :

« We now return the perception of reality to you… until next time. »

Une prochaine fois ?
Pourquoi pas, elle était pas si mal cette autre dimension.

2,5/5

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- Steven Tyler (chant, batterie sur 14, harmonica, piano, guitare,)
- Joe Perry (lead guitar, chant sur 12 et 14, choeurs, ...)
- Brad Whitford (guitare, choeurs)
- Tom Hamilton (basse, guitare, choeurs)
- Joey Kramer (batterie, percussions, choeurs)
- +
- Plus D'une Vingtaine De Participations D


1. Luv Xxx
2. Oh Yeah
3. Beautiful
4. Tell Me
5. Out Go The Lights
6. Legendary Child
7. What Could Have Been Love
8. Street Jesus
9. Can't Stop Lovin' You (with Carrie Underwood)
10. Lover Alot
11. We All Fall Down
12. Freedom Fighter
13. Closer
14. Something
15. Another Last Goodbye



             



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