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Sheryl CROW - Detours (2008)
Par MARCO STIVELL le 1er Juin 2013          Consultée 900 fois

CROW commence par un «C», comme courage. La période traversée par Sheryl entre 2005 et 2008 est indubitablement affreuse. Son succès déclinant n'est rien à côté de la fin de sa relation amoureuse, et surtout de son combat harassant avec un cancer du sein, dont elle sort grande gagnante. A l'issue de tout cela, la chanteuse pourrait tout claquer mais elle choisit de continuer la musique, et alors que l'inspiration était plutôt recentrée autour d'elle les derniers temps, elle choisit de s'ouvrir, dépasser ses propres démons pour tenir compte des "autres".

Sheryl considère Detours comme l'album le plus sincère qu'elle ait écrit. La chanson-titre est formelle ; si "Now That You're Gone" parle exclusivement de la rupture, dans "Detours", la première écrite de l'ensemble historiquement parlant, la chanteuse parle de tout ces combats et imagine Dieu comme une mère à qui elle se console, son malheur étant néanmoins contrebalancé par son espoir, en l'humain, en l'avenir ("apprenez-moi l'amour" dit-elle). Musicalement aussi le titre est optimiste avec ce ton folk-country léger, aux petit jeu de percussions, choeurs et sample de flûte fort sympathiques. C'est beaucoup pour un seul titre, et en même temps il n'y a pas que ça.

Comme Sheryl le dit elle-même, elle s'inspire fortement de Bob Dylan pour cet album, en cela qu'elle trouve important que notre personnalité soit éveillée à ce qui nous entoure, les divers problèmes et lueurs d'espoir que connait et nous offre ce bas-monde. A la fois politique, social et spirituel, Detours est soucieux mais tient à varier le ton, tant au niveau textuel que musical. Par exemple, il y a un monde entre le slow lourd de "Diamond Ring" où la chanteuse renoue avec des prouesses vocales, et la légère pop-folk de "Love Is Free", où il est question du courage des sinistrés de la Nouvelle-Orléans après le passage de Katrina. C'est d'ailleurs l'occasion de faire revenir un peu le saxophone, instrument qui avait su laisser son empreinte de façon plus ou moins marquée sur le deuxième et le troisième album.

Le lien est tout trouvé pour parler de l'essence sonoristique de cet album. En effet pour la première fois depuis 1996, Sheryl travaille avec le producteur Bill Bottrell, ce qui lui permet de renouer avec une réalisation moins calibrée pour le grand public, bien que le son soit ici un peu plus clair que celui du deuxième album, comme le veut l'ambiance. Une ambiance marquée par une certaine diversité, ce qui faisait quelque peu défaut aux albums de l'après-The Globe Sessions. Il n'y a qu'à voir, le disque commence avec "God Bless This Mess", où Sheryl est seule avec sa guitare et qui sonne comme un bon vieux classique du Zim. Avec "Shine Over Babylon", on se croit direct revenu au meilleur de ce qu'a pu proposer la chanteuse, avec ce folk-rock lent, ces choeurs soignés, ces belles nappes de claviers et toute une hargne difficilement contenue.

La chanteuse alterne différentes variétés de chant au cours du disque, hargneux, rappé, délirant, langoureux, ce qu'on ne peut qu'applaudir en dépit des progrès déjà réalisés sur Wildflower et qui s'expriment autrement ici. On a même le plaisir inédit de l'entendre chanter en arabe le temps d'un "Peace Be Upon Us" (sur l'absurdité des guerres de religion et du terrorisme) très pop-world, avec un "salaamu alykum alaykum assalaam" des plus sensuels. Et les titres divers s'enchaînent, entre un "Gasoline" très rhythm'n'blues chanté en choeur avec monsieur Ben Harper, un "Now That You're Gone" façon nu-soul, ou encore le trip dance-folk de "Out of Our Heads" où Sheryl rajoute une petite touche d'accordéon ! Sans oublier bien sûr le domaine où elle excelle le plus, ces petites chansons typiquement folk et intimistes, épiques et torturées comme le sobre "Drunk With the Thought of You" et surtout la magnifique "Lullaby for Wyatt" (dédiée à son fils adoptif) qui clôt l'ensemble sur un ton feutré, à fleur de peau.

S'il n'est guère reconnu par le grand public (700,000 pauvres copies se vendent de par le monde), Detours marque le retour artistique en force de Sheryl CROW. Si toutes les chansons ne sont peut-être pas au même niveau d'efficacité, cet album est la confirmation que la chanteuse gagne vraiment à varier son propos et on peut le considérer comme rien de moins qu'un très bon cru.

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   MARCO STIVELL

 
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- Sheryl Crow (chant, orgue, guitares, basse, piano, accordéon, c)
- Bill Bottrell (orgue, synthétiseurs, guitares, basses, percussion)
- Jeremy Stacey (piano, batterie, timbales, kalimba, choeurs)
- Jeff Trott (guitares, basse, choeurs)
- Mike Elizondo (synthétiseurs, guitares, basse, batterie, samples,)
- Ahmed Alhirmi (oud)
- Brian Macleod (percussions, batterie, samples, programmations)
- Mike Rowe (sample flûte)
- Marva Soogrim (choeurs)
- Greg D'augenlli (saxophones, cuivres)
- Matt Butler (violoncelle)
- Doyle Bramhall Ii (guitare électrique)
- Ben Harper (choeurs)
- Rosanna Arquette (choeurs)
- Wyatt Crow (bruitages)


1. God Bless This Mess
2. Shine Over Babylon
3. Love Is Free
4. Peace Be Upon Us
5. Gasoline
6. Out Of Our Heads
7. Detours
8. Now That You're Gone
9. Drunk With The Thought Of You
10. Diamond Ring
11. Motivation
12. Make It Go Away (radiation Song)
13. Love Is All There Is
14. Lullaby For Wyatt



             



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